Les écoles sont-elles des foyers de contamination au covid? Les avis divergent

Les écoles sont-elles des foyers de contamination au covid? Les avis divergent
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Malgré le regain épidémique, en Flandre, le ministre de l’Enseignement a décidé que tout l’enseignement obligatoire resterait en code jaune après concertation avec le secteur. En Fédération Wallonie-Bruxelles, cette concertation est prévue ce jeudi. La ministre Caroline Désir, testée positive au covid, doit s’entretenir par visioconférence avec l’ensemble des acteurs scolaires pour faire le point de la situation. Pour rappel, selon le protocole en vigueur, le passage aux codes orange ou rouge implique le recours à l’enseignement à distance à mi-temps pour une partie du secondaire (à partir de la 3e année), tandis que tous les autres élèves continuent leur scolarité normalement.

Les chiffres

Il ressort du dernier relevé hebdomadaire de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE), publié vendredi dernier, que le nombre de cas secondaires – c’est-à-dire issus d’une transmission interne à l’école – était de 256 sur 1.600 cas positifs dénombrés au total dans les écoles la semaine du 28 septembre au 4 octobre.

Moins d’un cas sur cinq (16 %) est donc le résultat d’une propagation intrascolaire, un pourcentage relativement stable ces dernières semaines. Ces données semblent rassurantes, mais peu d’études scientifiques se sont jusqu’ici penchées sur les dynamiques de transmission du virus au sein des classes et des écoles.

L’étude de l’Aviq sur les clusters

Une étude réalisée par l’Agence pour une vie de qualité (Aviq) nous en dit en peu plus sur les clusters – ces lieux où les personnes sont susceptibles d’être contaminées- . L’Aviq a analysé les clusters de covid en Wallonie depuis le mois d’août et il apparaît que c’est dans le foyer familial que le virus se transmet principalement. « Concrètement, 2.597 clusters familiaux et 481 clusters collectivités ont été recensés », rapporte Matthieu Henroteaux, chargé des relations avec la presse au sein de l’Aviq. Et pour ce qui concerne les collectivités, les chiffres enregistrés par le suivi des contacts montrent que c’est à l’école que les contaminations sont les plus importantes. La répartition des clusters hors foyer familial se décline en effet de la façon suivante : 46 % des contaminations proviennent des écoles, 25 % appartiennent à la catégorie « autres » (dont l’horeca fait partie), 18 % viennent des écoles supérieures, 9 % des entreprises et 2 % sont issus des milieux d’accueil de la petite enfance.

L’avis des pédiatres

L’hypothèse avancée par les experts pédiatriques se veut plus nuancée : « Les enfants ne sont pas le moteur de l’épidémie et les cas détectés dans les écoles ne sont pas toujours liés à une contamination intra-scolaire », estiment-ils. Ils citent des études précédentes qu’ils souhaitent consolider encore davantage « afin de rassurer les parents et les enseignants », selon le professeur Dimitri Van der Linden, porte-parole de la task force pédiatrique.

Les pédiatres francophones estiment que « la place des enfants et des adolescents est à l’école ». « La grande question, c’est de cerner qui joue exactement quel rôle dans cette transmission : les contacts familiaux et sociaux ? L’université ? Les fêtes étudiantes ? L’école ? Les activités extra-scolaires, sociales ou sportives ? ».

L’avis d’un expert scientifique

Pour Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB, les clusters ne disent pas grand-chose du mode d’exposition au virus. « En effet, quand on détecte que, dans une école, cinq élèves sont touchés, cela ne dit pas comment ces élèves ont attrapé le covid, ni où. Cela a pu se passer à l’école mais aussi dans le cercle familial. Il faut remonter les foyers en effectuant une enquête pour savoir d’où vient avec précision la contamination. Toutefois, les indicateurs fournis par l’Aviq sont utiles pour déceler des tendances », décode-t-il.

 
 
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