Coronavirus: «Merci à tous les inconscients», «La vie, quelle vie?», «Arrêtons de subir» (revue de presse)

Manifestation du secteur de l’Horeca à Liège
Manifestation du secteur de l’Horeca à Liège - Photo News

Les nouvelles mesures imposées pas le fédéral sont dures mais nécessaires au regard des chiffres alarmants de la propagation du coronavirus. Au total, 10.369 nouvelles contaminations ont été enregistrées sur la seule journée du mardi 13 octobre dernier, ressort-il de la mise à jour samedi matin des chiffres provisoires communiqués par l’Institut de santé publique Sciensano. C’est la première fois que le cap des 10.000 cas positifs est franchi sur 24 heures en Belgique. La moyenne quotidienne des nouvelles infections ainsi que le nombre d’hospitalisations continuent par ailleurs de fortement augmenter.

Les bars et restaurants sont fermés, notre bulle est limitée à 4 contacts sociaux – en respectant les gestes barrière, un couvre-feu est instauré. Les éditorialistes ne le cachent pas, c’est la colère qui prédomine. La colère pour le secteur de l’Horeca à nouveau fortement touchée, mais aussi la colère envers toutes les personnes qui ne respectent pas les gestes barrières.

Lundi, on referme, Le Soir

« Le courage du désespoir » est le titre de l’édito du Soir. « Un couvre-feu. Une fermeture des bars et des restaurants. Et des contacts limités à une personne. Tout cela pour un mois. C’est clair, c’est précis, c’est cruel », explique Bernard Demonty.

« Mais c’est courageux. Le comité de concertation a osé vendredi faire des choix. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, il a décidé de sacrifier la table, la pompe à bière et les escapades nocturnes pour préserver un peu les acteurs, chanteurs, comédiens et leur public, qui gardent la « permission de minuit ». Pour sauver les profs, leurs élèves et ce contact entre eux qui, justement, les élèvent. Et les entreprises chargées de préserver le niveau de vie du plus grand nombre possible. (…) Mais il n’est pas question de leur dresser une statue. Parce que ce qui les anime, c’est aussi le courage du désespoir. Il faudrait vraiment avoir le masque sur les yeux pour ne pas voir que la situation est dramatique.

Et Bernard Demonty d’en appeler au courage, le nôtre. « Mais le courage, c’est aussi le nôtre. Car ce qui provoque ce presque confinement, c’est aussi une trop grande légèreté dans le respect des mesures auprès d’une partie de la population. (…) Le virus n’est pas revenu tout seul. (…) Car sans cette addition de courages, il n’y aura plus qu’une issue dans un mois. Le confinement, le vrai. Notre échec ».

Coup de massue les cafés et les restos, L’Avenir.

« Personne ne s’imposera de gaîté de cœur les restrictions nouvelles. Dans les secteurs économiques concernés, et particulièrement dans le secteur horeca, le ressentiment des professionnels est grand, de se voir ainsi placés au cœur des mesures de lutte contre la pandémie. (…) Les compensations, que les ministres ont pris le temps de peaufiner, pour bienvenues qu’elles soient, ne pourront effacer ce sentiment d’injustice », explique Philippe Leruth, dans son édito.

Toutefois, il insiste sur la responsabilité de chacun. « S’il reste des irréductibles pour s’opposer, par exemple, au port du masque, au nom de leur liberté de prendre ou non le risque d’être contaminés, il faut leur rappeler que leur responsabilité ne se limite pas à leur propre personne. Car une fois infectés, ils deviennent agents de contamination. La vie en société n’autorise pas pareille désinvolture. »

La Belgique choisit la manière forte, L’Echo

« Arrêtons de subir », titre dans son édito Paul Gérard. « Nous avons à la fois le droit d’être soigné et le devoir de respecter des règles sanitaires, certes pénibles mais somme toute assez simples à appliquer. De même, les autorités ont à la fois le droit d’exiger de nous des efforts et le devoir de faire le maximum pour qu’ils soient payants », explique l’éditorialiste. Et de poursuivre : « Jusqu’ici, on subit. Puisqu’il nous faut apprendre à vivre avec le virus, il nous faut aussi sortir de cette logique de réaction en urgence et passer à un plan de prévention digne de ce nom. Étape numéro un : mettre fin à l’amateurisme observé dans le testing, le tracing et la mise en quarantaine. C’est le minimum qu’on puisse attendre de la part d’un pays aussi prospère que le nôtre. »

L’horeca sacrifié, La Capitale

Dans son édito Solidarité, bon sens, compassion et colère, Didier Swysens s’interroge. « Nous sommes tous conscients que la situation est critique et qu’il faut absolument casser la courbe exponentielle des contaminations. Mais fallait-il fermer purement et simplement les restaurants ? (…). Le virus est certainement injuste, cette décision l’est tout autant. On ne peut avoir que de la compassion pour tous ces travailleurs acharnés dont on comprend la colère ».

L’éditorialiste enchaîne aussi insiste aussi sur la responsabilité de chacun. « De la colère, nous en avons également en nous. Depuis le début, nous avons prêché la solidarité. Quand une société subit les assauts d’un virus meurtrier, la solidarité est une question de bon sens, un réflexe naturel envers les plus vulnérables. Si l’on en est là aujourd’hui, on peut, certes, rendre les autorités responsables de tous les maux (et elles n’ont pas été exemptes de tout reproche), mais nous devons faire avant tout notre examen de conscience. Par paresse, égoïsme, insouciance ou pure bêtise, une partie d’entre nous a failli et les plus vulnérables paient, une fois encore, l’addition. Le plus écœurant serait que ça ne leur serve toujours pas de leçon. Il est plus que temps pour eux de se ressaisir. »

Un solide tour de vis, la Dernière Heure

« Merci à tous les inconscients et égoïstes », écrit Jean-Marc Ghéraille dans son « Humeur ». « « Merci ! Vraiment merci à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas respecté les mesures sanitaires pourtant simples à appliquer. Grâce à eux, ce sont tous les Belges, vous et moi, l’Horeca littéralement assassiné par un second lockdown, qui sont punis. »

« Espérons que tout le monde a bien saisi la gravité de la pandémie. Que cette solide piqûre de rappel, qui risque de faire encore plus de dégâts sur le plan humain et social, sera la dernière. »

À situation alarmante, décisions drastiques, La Libre

« La vie, quelle vie ? », s’interroge Francis Van de Woestyne. « La vie, c’est toucher, aimer, embrasser, serrer, échanger, discuter, batailler, confronter. (…). Nous allons donc devoir, à nouveau, limiter nos sorties, réduire nos contacts et nous tenir à bonne distance de ceux que nous aimons. N’est-ce pas la pire des sanctions, celle qui nous fait perdre, petit à petit, le goût des autres, le sel, le sens de la vie ? ». Et l’éditorialiste de faire appel à la solidarité. « L’heure est grave. Très grave. Pour éviter l’hécatombe du printemps, nous devons être solidaires. C’est parce que cette vie est fragile que nous y accorderons peut-être, demain, plus de prix encore qu’aujourd’hui. C’est parce que nous allons être privés des autres que demain, plus qu’hier, nous les aimerons davantage. Nous n’allons pas perdre la vie, mais au contraire, la chérir plus encore. »

 
 
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