Paddock: quand Jermaine Jackson animait les 24 Heures de Spa

D.R.
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Ainsi, on nous promet 56 voitures à l’assaut du Raidillon dès ce jeudi à l’occasion de la 72e édition des 24 Heures. Une prouesse par les temps qui courent. Surtout que les bolides en question sont sexy, gavés de chevaux et préparés par des équipes dont le professionnalisme est largement supérieur à celui des écuries de F1 des années ’70.

SRO, le promoteur du championnat d’endurance GT, a aussi mis en place un système de balance de performances (BOP) qui a le mérite d’équilibrer, sur papier en tout cas, les chronos entre les différentes marques engagées. Ce ne fut pas toujours le cas. À une époque, c’était la valeur de la voiture (au niveau des performances et de la fiabilité) et la témérité de son conducteur qui établissaient la hiérarchie sur la piste.

Avant le 3e millénaire, quand ces autos étaient issues de la réglementation ‘Tourisme’, il était beaucoup question d’opérations de marketing et de communication pour compenser, souvent, ce que les ‘taxis de course’ n’offraient pas en termes de prestations sur le toboggan ardennais.

Pascal Witmeur, un Bruxellois rompu à cet exercice, s’est souvent trituré les neurones pour mettre sur pied des coups qui, à défaut d’être toujours d’actualité à l’heure de l’apéro dominical, avaient le grand mérite d’attirer la lumière crue des projecteurs bien avant le départ.

Parmi les plus spectaculaires, la venue de Jermaine Jackson dans nos Ardennes en 1985. « J’étais autant impressionné par ses prestations scéniques à l’époque des Jackson Five que par le fait qu’il avait été le fiancé de Whitney Houston. Respect ! », raconte notre interlocuteur. « Sa présence chez nous s’est décidée au Mans où j’étais parvenu à le motiver pour une tombola caritative. Il voulait acheter tous les billets pour être certain de gagner. On a sympathisé. Je lui ai proposé de monter un équipage composé d’un Afro-Américain, d’un Asiatique et d’un Européen pour nos 24 Heures. Très sensible à la cause anti-raciste, il a cautionné cette idée. Malheureusement, son avocat a fait capoter le projet. J’estimais qu’il faudrait recueillir environ 10.000 euros pour mener à bien cette opération et il a demandé dix fois plus à Pepsi Cola, le sponsor de la famille Jackson. Jermaine semblait embêté de voir cette belle idée partir en vrille. Il a proposé de venir à nos 24 Heures en compensation. À l’époque, il était dans le tourbillon du succès de Victory Tour. Aux États-Unis, il remplissait des stades de 150.000 personnes à chaque concert. Chez nous, il a débarqué avec une petite armada : sa femme, leurs enfants, les gardes du corps et une belle brochette d’avocats me suivaient dans le paddock. Sans oublier, bien sûr, quelques-uns de nos valeureux gendarmes. Il a joué le jeu jusque dans les stands pour soutenir notre Toyota Supra qui portait son nom en grand. Il a aussi revêtu une veste au nom du cigarettier qui nous finançait. Une chose totalement impensable aujourd’hui. À la demande des organisateurs, il a même poussé la chansonnette pendant un mini-concert. En play-back, bien entendu. Comme il m’aimait bien, il m’a aussi invité chez lui à Los Angeles. Je me souviens avoir discuté avec Cassius Clay et son manager Don King et vu débarquer Steven Spielberg à un BBQ. »

En 28 participations à la classique ardennaise, Pascal Witmeur a tiré de son chapeau d’autres actions créatives. On l’a vu, notamment, sur une Opel Monza rose sponsorisée par son ami Plastic Bertrand. Ou encore au volant d’une Alfa Romeo soutenue par Claude Barzotti.

C’est encore grâce à Witmeur que Keke Rosberg, le papa de Nico, a découvert les 24 Heures ’89 en Ferrari Mondial. « Le fantasque Jean-Pierre Van Rossem l’avait invité. Celui qu’on considérait à ce moment comme un génie de la finance et qu’i s’est avéré être un escroc exceptionnel l’avait payé à coups de grosses liasses de dollars que le Finlandais avait planquées dans sa combinaison ignifugée », se souvient son équipier du week-end. « En soirée, la Ferrari est tombée en panne. Rosberg, persuadé qu’on abandonnait, est allé faire la fête dans le Carré à Liège. On l’a ramené de force pour qu’il poursuive la course. »

Au niveau du marketing proprement dit, c’est sans doute l’engagement d’une Peugeot 806 en 1995 qui a le plus marqué les esprits : « Chez les puristes de la course et auprès des autres constructeurs, l’idée passait pourtant mal. Certains m’ont même envoyé des huissiers pour tenter d’interdire ce ‘taxi’. Mais les spectateurs étaient ravis. À chaque passage du monospace dans le Raidillon, des gens se levaient et applaudissaient. Des années plus tard, de nombreux salons automobiles réclamaient cette drôle de voiture de course pour attirer la foule. Aujourd’hui encore, on me parle de cet engin qui avait le mérite d’être pilotée par un Wallon (Éric Bachelart, NDLR), un Flamand (Philip Verellen) et votre serviteur, Bruxellois pur jus. »

 
 
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