Attirer les femmes dans les métiers numériques, un défi pour Bruxelles

Développeur PHP, développeur d'applications, business intelligence, data analyst... Le public de Bruxelles Formation pour ces "nouveaux métiers" était composé à 35% de femmes en 2019, contre 30% en 2016. A ce rythme, le temps pour arriver à une répartition 50-50 d'hommes et de femmes sera encore long.

L'enjeu est pourtant grand: la quasi-totalité des travailleurs et des travailleuses bruxelloises va devoir mettre à jour ses compétences pour coller à un marché du travail de plus en plus digital. Se former aux métiers du numérique, c'est souvent un gage d'emploi.

"Nous allons mettre en place des actions particulières" pour attirer davantage de femmes, a déclaré Olivia P'tito lors de l'inauguration - virtuelle - de Digitalcity.

Le pôle peut déjà compter sur l'expertise d'Interface3, une ASBL qui propose des formations qualifiantes favorisant l'accès des femmes aux professions de l'informatique. "Collaborer avec de telles structures de sensibilisation est une première piste", selon Olivia P'tito.

Bruxelles Formation s'est par ailleurs rendue compte que les formations à distance attiraient davantage de femmes. Les formations en distanciel comptent 2/3 de stagiaires féminines, thématiques digitales comprises. Une tendance qui s'est accentuée depuis l'entrée en vigueur de mesures anti-coronavirus il y a sept mois.

"On remarque que les femmes ont la force de se former à distance. Ce n'est pas évident, il faut être d'autant plus motivé et rigoureux", estime Olivia P'tito. "Peut-être que la crise actuelle (et ses mesures de distanciation sociale, NDLR) permettra à des femmes d'oser se lancer dans la formation au numérique pour ensuite trouver un travail dans ce secteur", estime Olivia P'tito.

Les employeurs ont par ailleurs leur propre rôle à jouer pour augmenter la part des femmes dans le domaine digital. Certaines entreprises font déjà appel à Bruxelles Formation pour recruter spécifiquement des femmes pour des postes habituellement occupés par des hommes. C'est ainsi que l'organisation forme chaque année un groupe d'électriciennes industrielles pour une entreprise de gestion de l'eau.

Les formations à l'industrie technologique, où les femmes sont le moins représentées, comptent 20% de stagiaires femmes (11,9% en 2016). A l'autre bout du spectre, les domaines de la santé, de la bureautique ou encore le secrétariat médical attirent un tiers d'hommes.

 
 
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