Coronavirus: la crise a creusé un trou budgétaire d’1,5 milliard d’euros en Région bruxelloise

Coronavirus: la crise a creusé un trou budgétaire d’1,5 milliard d’euros en Région bruxelloise
Hatim Kaghat

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a engendré un déficit budgétaire d’1,5 milliard d’euros pour l’année en cours en Région bruxelloise. Pour 2021, le gouvernement régional table sur un solde négatif à peine meilleur, en grande partie imputable aux effets de celle-ci, a affirmé vendredi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, lisant sa déclaration de politique générale pour l’année à venir, devant le parlement régional.

« Jamais sans doute dans l’histoire de la Région, la Déclaration de Politique Générale n’a été prononcée en des temps si incertains. La pandémie de Covid-19 soumet nos sociétés à une épreuve violente autant qu’inédite », a dit d’emblée Rudi Vervoort.

« Nous allons clôturer l’année 2020 avec un déficit complémentaire d’un milliard d’euros. Mais cet énorme déficit consiste simplement en 500 millions d’euros de mesures de soutien à l’économie et au système social et 500 millions d’euros de pertes de recettes. Que quelqu’un vienne nous dire sur quelles dépenses nous aurions dû économiser, et quels moyens n’auraient pas dû être mobilisés », a-t-il justifié.

Selon Rudi Vervoort, ces montants s’ajoutent aux investissements déjà lourds qui avaient été décidés. Le solde budgétaire sera par conséquent négatif de plus de 1,5 milliard d’euros.

Des limites à ne pas dépasser

Le gouvernement bruxellois est bien conscient de l’importance de ce montant, mais il est convaincu de la nécessité de continuer à soutenir les secteurs socio-économiques, et l’investissement public, en profitant des taux d’intérêts faibles et du soutien de la Banque Centrale européenne à l’égard du financement des dettes d’état pour soutenir l’économie, a-t-il justifié.

Mais il y a des limites que l’exécutif bruxellois n’entend pas dépasser, celles qui affaibliraient l’institution bruxelloise sur le marché de la dette. C’est ce qui a guidé l’établissement d’un budget pluriannuel visant le retour à une situation budgétaire assainie à la fin de la législature. « Et ceci sans toucher au pouvoir d’achat des habitants de Bruxelles via une augmentation de la charge fiscale », a souligné le ministre-président durant la lecture d’une déclaration qui a pris une heure trente.

Dans le domaine social, et de santé, le gouvernement bruxellois a prévu de consacrer 150 millions d’euros pour faire face aux urgences. Un budget de 64 millions d’euros a été réservé, pour 2021, afin de continuer à gérer les besoins immédiats notamment en matière de tracing, testing et médecine préventive.

Les mesures de relance approuvées en juillet dernier continueront à être déployées : adaptations des infrastructures hospitalières durant le Covid et aide au maintien des activités essentielles des hôpitaux ; élaboration d’une politique de gestion des risques sanitaires en articulation avec les plans d’urgence sanitaires fédéraux ; maintien d’un numéro social pour répondre à la forte demande qui perdure au-delà du lockdown ; renforcement du personnel d’Iriscare ; renforcement de l’accueil à domicile, de l’offre de soin en Services de Santé Mentale (SSM) ; identification de solutions pour les personnes et familles sans abri accueillies provisoirement dans les dispositifs d’urgence Covid-19.

Sur le plan économique, au-delà des mesures d’urgence, la relance se fera avec les interlocuteurs sociaux, a promis Rudi Verboort. Un processus de révision des chantiers de la Stratégie GO4Brussels au regard du bouleversement économique et social a été entamé.

Un renforcement des investissements

Le ministre-président a par ailleurs annoncé que son gouvernement renforcerait significativement les investissements notamment dans les domaines de la mobilité, du logement et de la rénovation durable du bâti, à raison de 750 millions d’euros par an. Selon lui, le tour de table des actionnaires de Finance&Invest est bouclé en vue de la recapitalisation de cet opérateur de soutien à l’économie bruxelloise à hauteur de 160 millions d’euros.

Le prêt proxi accordé par le Fonds bruxellois de Garantie pour assurer des liquidités aux entreprises est effectif depuis mercredi. Les moyens destinés au développement de coopératives seront doublés (750.000 euros) l’an prochain.

2021 sera aussi l’année du feu vert à un nouveau plan régional d’innovation. Quelque 600.000 euros seront consacrés aux industries culturelles et créatives.

Face à l’évolution négative du marché de l’emploi – les scenarii les plus pessimistes de 30.000 chômeurs de plus « risquent d’être dépassés » –, le plan de relance du gouvernement bruxellois baptisé Phoenix prévoit un budget de 53 millions d’euros pour augmenter l’attractivité des chercheurs d’emploi.

Un Fonds Rebond est par ailleurs mis en place pour accompagner les travailleurs licenciés dans le cadre de faillites.

 
 
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