Donald Trump annonce la normalisation des relations entre Israël et le Soudan

Donald Trump annonce la normalisation des relations entre Israël et le Soudan
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C’est dans le Bureau ovale, entouré notamment de son ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo et de son gendre et conseiller Jared Kushner, que M. Trump a déclaré que les deux pays ennemis, Israël et le Soudan avaient fait «la paix».

Le président américain a aussi affirmé qu’«au moins cinq» autres pays arabes voulaient normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu, et dit s’attendre à ce que l’Arabie saoudite figure parmi eux.

M. Trump était au téléphone, sur haut-parleur, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue soudanais Abdallah Hamdok.

Ce dernier a remercié M. Trump d’avoir décidé de retirer son pays de la liste des Etats soutenant le terrorisme, affirmant que cette décision aurait un impact économique majeur.

«Formidable revirement»

«Nous oeuvrons à avoir des relations diplomatiques qui servent au mieux les intérêts de notre peuple», a-t-il par ailleurs tweeté. «Nous agrandissons le cercle de la paix si rapidement grâce à votre leadership», a dit de son côté Benjamin Netanyahu. Dans une déclaration séparée, M. Netanyahu a salué un «formidable revirement» de la part du Soudan.

Le président américain, à la traîne dans les sondages pour la présidentielle du 3 novembre, s’est réjoui sur Twitter d’une «ENORME victoire aujourd’hui pour les Etats-Unis et pour la paix dans le monde».

«Le Soudan a accepté un accord de paix et de normalisation avec Israël! Avec les Emirats arabes unis et le Bahreïn, cela fait TROIS pays arabes en seulement quelques semaines. D’autres vont suivre!», a-t-il écrit.

Jusqu’au mois dernier, les seuls Etats arabes à reconnaître Israël étaient l’Egypte et la Jordanie.

A Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas a aussitôt dénoncé «un péché politique qui nuit au peuple palestinien et à sa juste cause, nuit aussi à l’intérêt national du Soudan (...) et ne bénéficie qu’à Netanyahu».

Attentats de 1998

Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l’élection présidentielle du 3 novembre, en assurant qu’il n’y avait aucun lien entre la levée des sanctions américaines et une normalisation, mais de nombreux observateurs estimaient le contraire.

Juste avant l’annonce de l’agrément entre les deux pays, la Maison Blanche a annoncé que Donald Trump allait retirer le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

Donald Trump «a informé le Congrès de son intention d’annuler formellement la désignation du Soudan comme Etat parrain du terrorisme», a indiqué l’exécutif américain.

Cette annonce intervient après que le Soudan a «accepté de résoudre certaines demandes des victimes américaines du terrorisme et leurs familles. Hier, en application de cet accord, le gouvernement de transition du Soudan a transféré 335 millions de dollars sur un compte séquestre pour ces victimes et leurs familles», a précisé la Maison Blanche.

Il s’agit notamment des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, et qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d’Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

Liste noire

L’accord ouvre la voie à «un nouvel avenir de collaboration et de soutien à la transition historique en cours» au Soudan, selon la Maison Blanche. L’exécutif a enfin appelé le Congrès américain à adopter la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l’accord. Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d’entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l’ex-président démocrate Barack Obama, lorsque l’ex-président soudanais Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n’a fait qu’accélérer le mouvement.

Condamnation côté palestinien

La présidence palestinienne a de son côté condamné l’accord de normalisation prochaine des relations entre le Soudan et Israël.

«La présidence de l’Etat de Palestine exprime aujourd’hui sa condamnation et son rejet de l’accord destiné à normaliser les liens avec le pays d’occupation israélien qui usurpe la terre palestinienne», a-t-elle indiqué dans un communiqué. «Personne n’a le droit de parler au nom du peuple palestinien et de la cause palestinienne», a-t-elle poursuivi.

 
 
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