Bruxelles: un coup de massue pour la culture

On s’attendait à des mesures fortes mais pas à ce point. C’est la totalité du secteur culturel qui est à nouveau à l’arrêt jusqu’au 19 novembre. Dans les minutes qui suivaient, les réactions étaient pour le moins contrastées. « Je suis furieux, lâche d’emblée Peter de Caluwe, directeur du Théâtre royal de la Monnaie. Ce qui vient d’être décidé, c’est simplement scandaleux et totalement incompétent. De quel droit ce gouvernement prend-il des décisions, sans aucune concertation, pour des institutions qui ne dépendent nullement de ses compétences et dont il ne connaît rien ? C’est tout simplement une manière de surréagir car ils n’ont rien fait durant tous ces derniers mois. Ils ont été totalement amateurs et maintenant ils veulent compenser d’un seul coup. Nous, nous avons pris nos responsabilités : annulation, report, aménagement des salles, mesures de sécurité, réduction du nombre de spectateurs, protocoles mis en place avec les avis de toutes les autorités concernées. Et là, ils démolissent tout d’un seul coup. Pour moi, ça remet carrément en question le niveau de compétence de la Région bruxelloise et la manière dont elle a géré cela. »

Le mérite de la clarté

Au Théâtre National, Fabrice Murgia se veut plus mesuré : « Au moins c’est clair. Ce qui ne l’est pas, c’est si on peut répéter ou pas. Et ça, c’est important pour nous. Annuler ou reporter, c’est évidemment un problème. Mais si on ne peut même pas préparer la suite, cela devient beaucoup plus compliqué. »

Pour autant, le directeur du National ne veut blâmer personne. « C’est absolument dommageable pour nous mais comme pour tous les pans de la société qui sont touchés. On se retrouve dans la situation du mois de mars. À l’époque, je me suis énervé pour qu’on rouvre le théâtre parce que nous avions le sentiment que le secteur culturel était totalement oublié. Aujourd’hui, je pense qu’on sait que nous sommes là. Et je pense que ce n’est pas le moment de gueuler mais plutôt d’écraser. Parce que la situation est catastrophique. Cette fermeture d’un mois me semble une décision plus claire que les demi-mesures de 200 personnes. Et on espère qu’on va aplatir la courbe avec tout le reste de la société. »

 
 
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