Écoles, attestations de déplacement, masques dès six ans: les Français se reconfinent

Écoles, attestations de déplacement, masques dès six ans: les Français se reconfinent

Télétravail massif, masque obligatoire à l’école dès l’âge de 6 ans : au lendemain de l’annonce d’un nouveau confinement d’un mois au moins, Jean Castex a détaillé jeudi la mesure radicale décidée par Emmanuel Macron pour contrer une deuxième vague de Covid-19, « sans doute plus meurtrière » que la première.

« Il n’y a pas d’autre solution », a affirmé lors d’une conférence de presse le Premier ministre.

Car même s’il a assuré que « nous avions anticipé la deuxième vague », Jean Castex a prévu un pic d’hospitalisations en novembre « plus élevé qu’en avril ».

Le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a demandé à tous les hôpitaux d’activer leur plan blanc pour « libérer » des lits, avait précédemment estimé à « un million » le nombre de Français actuellement porteurs du coronavirus.

Consultés jeudi, les députés ont approuvé la stratégie du gouvernement par 399 voix contre 27. Mais le Sénat dominé par l’opposition de droite a ensuite refusé son soutien (par 178 voix contre, 130 voix pour et 27 abstentions).

À l’issue de son intervention devant les députés jeudi matin, Jean Castex a un temps quitté l’hémicycle en raison de l’attaque au couteau dans une église à Nice qui a fait trois morts.

Ce confinement, annoncé mercredi par le chef de l’État et qui doit durer « a minima » jusqu’au 1er décembre, se fera selon des modalités qui « ne seront pas celles de mars-avril, car nous avons appris de la première vague », a assuré M. Castex.

Comme en mars-avril, les dérogations seront possibles pour faire ses courses, aller chez le médecin… mais aussi prendre l’air pendant « une heure maximum » et dans « un rayon d’un kilomètre du domicile ». L’amende coûtera toujours 135 euros, mais pour faciliter les choses des « attestations permanentes » seront cette fois délivrées par les entreprises et les écoles.

Trois changements majeurs ont été mis en place par rapport au printemps : les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, le travail pourra continuer, les Ehpad et les maisons de retraite pourront être visités.

Première conséquence : le port du masque à l’école est étendu aux enfants de primaire dès l’âge de 6 ans alors qu’il était réservé jusque-là aux seuls élèves du collège, a annoncé le Premier ministre.

« Coup dur »

Les guichets des services publics ou les marchés alimentaires resteront donc ouverts (sauf si le préfet en décide autrement). Mais les commerces jugés non-essentiels (dont les bars et restaurants) resteront fermés – une « erreur » pour le chef du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, qui risque selon lui de coûter « entre 50 et 75 milliards d’euros de PIB ».

Ce reconfinement est « un coup dur » pour les entreprises, a reconnu le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, en annonçant que le fonds de solidarité pour les entreprises obligées de fermer allait être réactivé et élargi aux sociétés comptant jusqu’à 50 salariés (et non plus 10). Au total les mesures de soutien s’élèveront à 15 milliards d’euros par mois, a-t-il ajouté.

Autre aide : les propriétaires qui renonceront à « au moins un mois de loyer » entre octobre et décembre pour certaines entreprises bénéficieront d’un crédit d’impôt, a-t-il ajouté.

Pour le secteur de la culture il s’agit d’un « coup de tonnerre », a admis la ministre de la Culture Roselyne Bachelot en promettant des « mesures complémentaires » de soutien. Cinémas, théâtres mais aussi librairies resteront en effet fermés, ce qui a poussé le jury du Goncourt et de d’Interallié à reporter leurs prix qui devaient être remis les 10 et 18 novembre.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous