Mega World - La demande de réorganisation judiciaire de Mega World déclarée irrecevable (3)

Le tribunal a jugé que les documents fournis avec la demande ne suffisent pas à donner une image financière correcte de la société.

Les responsables de la chaîne avaient pourtant évoqué un plan de relance "sans impact sur le personnel", à en croire le CEO Rudy Claes. Le tribunal l'a jugé insuffisant et irréaliste: il partait du principe que le chiffre d'affaires serait doublé, ce qui aurait été utopique vu le contexte de crise sanitaire et de mesures de lutte contre le Covid-19.

Thierry Lammar et Kristin Van Hocht ont été nommés comme administrateurs provisoires. Ils géreront l'entreprise, vérifieront les comptes et examineront probablement si les conditions de la faillite sont remplies afin de déposer le bilan dans les prochaines semaines.

La possibilité que quelques magasins soient sauvés et qu'une nouvelle demande de réorganisation judiciaire soit introduite existe toujours, précise Anne-Marie Dierckx, secrétaire permanente du syndicat CNE. "Il reste un peu d'espoir", poursuit-elle.

"C'est un double drame pour les travailleurs", estime Vicky Hendrick, secrétaire permanente CGSLB, évoquant une décision "radicale". "En désignant deux administrateurs, on retire toute gestion au nouveau propriétaire. On ignore si l'intention est de sauver la chaîne. Nous gardons l'espoir qu'il y aura un autre acheteur intéressé de reprendre du personnel expérimenté, mais les chances de rebondir sont tellement faibles alors que nous voilà une seconde fois en chômage temporaire." "Peu importe le nom que porte l'entreprise", ajoute-t-elle, "les travailleurs continueront à faire leur travail."

Mega World a succédé à Blokker en Belgique. L'homme d'affaires néerlandais Dirk Bron a repris la chaîne et ses 670 employés et l'a convertie en une filiale à prix cassés. La société a cependant connu des difficultés financières durant la crise du coronavirus. Le syndicat chrétien ACV Puls a déposé plainte contre Dirk Bron, qui fait face aux Pays-Bas à une procédure pour fraude.

"Le risque est grand d'aller vers la perte de 670 emplois, avec un fonds de fermeture qui ne couvrira des préavis que jusqu'à hauteur de 25.000 euros par travailleur, alors que certaines personnes sont là depuis des années", déplore Anne-Marie Dierckx. "Les travailleurs risquent de devoir introduire un dossier auprès des services juridiques pour faire valoir leurs créances."

Mega World a introduit le 15 octobre une demande de réorganisation judiciaire. La chaîne cherchait à obtenir une protection contre ses créanciers, mais l'ampleur de ses dettes reste floue.

 
 
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