Paddock: «Sans public, le rallycross à Spa n’a aucun intérêt», explique François Duval

Le pilote belge n’a pas sa langue en poche.
Le pilote belge n’a pas sa langue en poche. - Rocher

Voici quelques mois, dans le sillage du rallye d’Ypres qui a tant fait rêver les fans de la discipline, l’homme nourrissait un projet fort séduisant. « Avec quelques-uns de mes plus fidèles partisans, on s’est mis en tête de louer une Toyota Yaris WRC chez Mäkinen. Le timing était parfait. Pour mes quarante ans que j’aurais fêtés la veille du départ (NDLR : le 18 novembre), je me serais bien vu au volant d’une de ces bombes japonaises qui jouent la victoire en mondial. Rouler une dernière fois en WRC sur la meilleure voiture actuelle, devant mon public et sur des routes que je connais : le pied total. Cela tombait au bon moment puisque le garage Duval vend des Toyota depuis… quarante ans. Bon, notre rêve a vite été rattrapé par la réalité. Mäkinen nous a signifiés qu’il n’avait aucune voiture de location à nous proposer et je n’avais pas trop envie de remuer ciel et terre pour dénicher des sponsors afin de louer une bagnole chez Malcolm Wilson. »

Le soufflé WRC n’était pas encore retombé que François Duval lorgnait déjà vers un autre projet à peine moins appétissant : la manche belge du championnat du monde de rallycross à Francorchamps le même week-end. « C’est une discipline ultra-spectaculaire que j’aime beaucoup. Les voitures sont terriblement performantes, les courses sont très intenses et le public vibre à chaque minute. C’est aussi un sport qui n’implique pas un investissement en temps important. À Spa, je débarque le vendredi matin et le dimanche à 16h00, je reprends la route vers la maison. Pas besoin d’essais privés, de reconnaissances fastidieuses. Pour cette édition, je prévoyais de louer une Skoda Fabia dans le même team (NDLR : ES Motorsport) que l’an dernier mais là, ma motivation est retombée à zéro depuis que j’ai appris que l’épreuve aurait lieu à huis clos. Franchement, le rallycross sans public, c’est nul. Cette discipline est intéressante, justement, grâce à la proximité avec les spectateurs. Moi, si je roule, c’est pour faire plaisir à ma compagne, à nos enfants, à mes potes et aux sponsors qui soutiennent ce projet. Le rallycross, c’est la fête populaire. Je n’ai pas envie de me retrouver tout seul dans le paddock avec un masque sur la bouche pendant trois jours. »

Jusqu’à ce mardi après-midi, François Duval n’avait aucune nouvelle de la part du circuit ardennais qui est aussi le promoteur de l’épreuve. « On est à pratiquement quinze jours de l’événement et il n’y a toujours pas eu de communication officielle annonçant l’annulation de la course. À voir la gravité de la situation sanitaire en Belgique, je ne peux pas imaginer que cette épreuve ait lieu. D’un autre côté, si l’événement devait se tenir, je dois aussi réserver la voiture et payer une première tranche de la location. Je n’ai pas envie de verser plusieurs milliers d’euros à une équipe lituanienne sans avoir la garantie de revoir mon argent dans plusieurs mois si la course est annulée. »

Une situation indécise que le garagiste prend avec philosophie. « Cette pandémie nous apprend à relativiser. Personnellement, j’espère goûter aux sensations d’une WRC sur les routes belges l’année prochaine. Ce n’est que partie remise. »

 
 
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