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Carte blanche: «Ne privez pas les enfants de la magie de Saint-Nicolas»

Lettre ouverte à David Clarinval de la part des professionnels du secteur du jouet, qui s’inquiètent de la fermeture de leurs commerces alors que se profilent le 6 décembre et les fêtes de fin d’année. « Les enfants doivent pouvoir continuer à rêver », disent-ils.

Carte blanche - Temps de lecture: 4 min

Monsieur le Ministre Clarinval, en votre titre de Ministre fédéral des Classes Moyennes, Indépendants et PME,

Nous, détaillants, spécialistes du jeu et du jouet pour enfants, avons pris connaissance ce dimanche de la liste des commerces « essentiels » qui pouvaient rester ouverts en cette période de crise sanitaire. Ce lundi, une quarantaine d’entre nous s’est concertée pour partager nos inquiétudes face à cette décision qui nous paraît incompréhensible. En effet, notre secteur est considéré comme « non essentiel » et doit donc fermer ses portes à la période de l’année où, aux yeux des enfants et de leurs familles, nous représentons l’espoir, la joie, et le rêve. Des sentiments pourtant essentiels en cette période sombre que tous les citoyens belges traversent.

De nombreuses familles nous ont contactés ces derniers jours pour exprimer leur désarroi face à l’approche des fêtes de Saint-Nicolas et Noël. Le cœur de notre métier, Monsieur le Ministre, consiste à aider les familles à s’assurer du bien-être de leurs enfants. Tout au long de l’année, nous mettons tout en œuvre pour proposer des activités ludiques et pédagogiques permettant aux enfants de développer leur créativité, leur logique, leur mémoire… Des compétences primordiales qui feront d’eux les adultes de demain.

L’expérience du premier confinement, subi de plein fouet à la veille de la fête de Pâques, nous a déjà démontré la détresse des familles, confrontées à l’absence de possibilités et de moyens d’organiser des activités intergénérationnelles, privées du conseil de leurs commerces de jeux et jouets. Or, au même titre que le livre, les activités de bricolage, de jeux de sociétés, d’éveil, de construction, de rôles, sont essentielles pour l’épanouissement de l’enfant, ainsi que pour l’harmonie et l’équilibre de la famille. Vous comprendrez pourquoi nous nous permettons de soulever cette question : le bien-être et le développement des enfants, déjà privés des contacts sociaux et des possibilités d’apprentissage en milieu scolaire, ne devraient-ils pas, eux aussi, être considérés comme essentiels ?

Nous sommes conscients que le secteur médical est en grande difficulté et que la situation sanitaire de notre pays est grave. Nous tenons à témoigner toute notre solidarité avec tous ceux qui, chaque jour, œuvrent pour garantir la sécurité et la santé de tous. Des décisions devaient être prises, c’est évident. Mais sont-elles justes et équitables ? Était-ce vraiment aux familles et aux enfants en particulier de payer le lourd tribut de cette crise sanitaire ? Nous avons tout mis en œuvre, et ce depuis le premier confinement, pour accueillir nos clients et les familles en toute sécurité. Nous sommes prêts à faire encore plus d’efforts en ce sens.

Nous sommes tous des acteurs locaux, évoluant à proximité de nos clients, et notre savoir-faire réside principalement dans le conseil que nous pouvons leur fournir dans le choix de leur cadeau. La plupart d’entre nous ne possèdent pas les outils pour déployer, de manière rapide et efficace, le « click and collect » pour satisfaire toutes les demandes. Par ailleurs, ce système ne rencontre pas les besoins et les attentes de nos clients, qui eux non plus ne sont pas tous équipés.

Monsieur le Ministre, notre préoccupation première est depuis toujours le développement et l’épanouissement de l’enfant. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une priorité essentielle de notre société et souhaiterions vivement en discuter avec vous. Vous devez également vous souvenir de l’atmosphère des fêtes de fins d’année et des cadeaux colorés sous votre sapin de Noël, de rires aux éclats lorsque l’on découvre, sur la table du salon, le jeu attendu depuis si longtemps.

Il n’est pas trop tard pour qu’à l’aube du 6 décembre, chaque enfant, chaque famille belge, ressente la magie de Saint-Nicolas en ces temps anxiogènes. Tendez-nous la main, ouvrons la discussion afin que l’enfant redevienne essentiel. Ensemble, nous pouvons trouver des solutions.

*Signataires : Chouchou (Bruxelles), Citrouille et myrtille (Vielsam), Coton-tige (Ath), Domino (Malmedy), Florilège (Mons), Fox & cie (Bruxelles – Woluwé Saint Lambert – Uccle – Ixelles – Anderlecht – Tournai – Mons – La Louvière – Mont sur Marchiennes – Charleroi – Auvelais – Erpent – Ciney – Liège – Messancy – Bertrix – Braine-l’Alleud – Genval), L’atelier de Gepetto by Oliwood (Woluwé), La boîte à malices (Marche-en-Famenne), La coccinelle (Namur), La maison du Cormoran (Louvain-la-Neuve), La Parenthèse (Liège), La petite souris (Herve), La poule aux jeux d’or (Rochefort), Le monde de Balda (Baufays), Le paradis des enfants (Virton), Le petit rêve (Uccle), Le pont des arts (Huy), Le zèbre à Pois(Waterloo – Louvain-La-Neuve – Nivelles), Les arsouilles (Theux), Les jeux de Nim (Enghien), Lolifant (Liège), Lolipop (Chimay), Ludiq’art (Ottignies), Oliwood Toys (Bruxelles – Stockel – La Hulpe – Waterloo), Pauporté (Paliseul), Que du bonheur (Dinant), Serneels (Bruxelles), Spirales (Nandrin), Styleco (Awans), Tanais (Verviers), The Grasshopper (Bruxelles – Leuven).

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3 Commentaires

  • Posté par Vigneron Anne, jeudi 5 novembre 2020, 11:35

    Je suis pour la réouverture de tous les petits commerces. Il est évident que tous nos petits indépendants ont le droit de vivre. Tous ces pantins de ministres avides d'un électorat (lobotomisé) sont prêt à tout pour garder leur super salaire. Les vieux n'ont qu'à rester chez eux avec leur masque et leur gel

  • Posté par De Villers Léopold, vendredi 6 novembre 2020, 14:16

    Autant je suis moi aussi pour la réouverture des petits commerces autant je ne peut pas vous suivre lorsque vous demandez aux vieux dont je suis (74 ans) de rester chez eux avec leur masque et leur gel . Je ne porte le masque que dans les commerces car c'est obligatoire pour le reste je sais que je doit appliquer certaines règles de prudence ce qui ne m'empêche pas de continuer à voir un cercle d'amis ou de famille en gardant une distance mais certainement pas le masque qui me fait horreur. Votre façon de parler des VIEUX est indécente je vous devine jeune ? mais moi aussi je l'ai été et cela ne m'empêche pas de dire depuis la fin de la première vague qu'il faut que les jeunes puissent vivre en toute liberté à moi de faire un minimum attention et si la mort s'approche un peu trop près de moi ce n'est pas trop grave c'est que mon heure d'aller vers le néant est arrivée et vous aussi y arriverai

  • Posté par Termam Alexis, vendredi 6 novembre 2020, 8:22

    Chère Madame Vigneron, on est vieux à partir de quel âge dites moi ? 35, 40 ans ? Je connais pas mal de gens de 40 à 50 ans qui sont sérieusement malades et certains sont dans le coma. Et puis qu'est-ce langage populiste ? Petits indépendants (pourquoi petits ?) et pantins de ministres ? Je me demande qui a été lobotomisé(e) entre vous et moi !

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