La Commission prévoit une contraction de 7,8% de l'économie de la zone euro cette année(3)

Le retour en force du coronavirus après la respiration de l'été, quand de nombreux pays avaient progressivement "déconfiné", a eu pour effet d'interrompre le rebond très marqué observé dans le troisième trimestre. "Nous nous attendons à ce que cette résurgence de la pandémie mette la relance sur 'pause' sur le court terme", commente le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni.

Par rapport à ses prévisions de l'été dernier, la Commission voit les choses plus positivement pour 2020 (prévision de -7,8% pour la zone euro plutôt que -8,7%). Mais l'exécutif européen a parallèlement revu à la baisse ses attentes pour 2021 (+4,2% plutôt que +6,1%).

La situation est très variable d'un État à l'autre, répète la Commission, qui ne s'attend pas à un retour à la "normale" avant plusieurs années. "Fin 2022, le PIB de l'UE sera proche du niveau de pré-pandémie. Mais malheureusement, cela ne sera pas le cas pour chaque État membre", a prévenu Paolo Gentiloni. Près de la moitié des 27 ne se rétablira pas avant 2023, précise-t-il. La Belgique devrait ainsi rester en 2022 sous son niveau de PIB de pré-pandémie (2019), selon la Commission. Cette dernière part du postulat qu'il n'y aura pas d'accord de libre-échange entre l'UE et le Royaume-Uni, ce qui joue dans les prévisions de Bruxelles.

Pour la Belgique, la Commission prévoit -8,4% de PIB réel en 2020, avant une croissance de 4,1% en 2021 et 3,5% en 2022. Le taux de chômage devrait passer de 5,9% en 2020 à 7% en 2021, avec la levée progressive des mesures d'aides visant le maintien à l'emploi. Mais il devrait ensuite retomber, à 6,2%, en 2022.

Comme d'autres pays, la Belgique a largement dépensé pour les soins de santé, le soutien aux secteurs et travailleurs touchés par le confinement et le ralentissement de l'activité, etc. Une stratégie encouragée par la Commission, qui avait suspendu dès le début de la pandémie sur le continent l'habituel carcan budgétaire européen. Conséquence logique, le déficit public et la dette vont gonfler. La Belgique fait partie d'une poignée d'États (avec la France, l'Italie, l'Espagne et la Roumanie) dont le déficit public va excéder les 10% de PIB en 2020, à -11,2% de PIB en 2020 (-7,1% en 2021, -6,3% en 2022).

La dette totale de la zone euro dépassera dès cette année les 100% du PIB (101,7% en 2020, 117,7% pour la Belgique).

L'Espagne subirait la récession la plus marquée de tous les États membres de l'UE, avec une contraction de son PIB de 12,4% en 2020. France, Italie, Croatie, Grèce et Portugal sont les autres pays où la récession devrait égaler ou excéder les 9% de PIB cette année.

 
 
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