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Le carnet de l’urgentiste: «En gérant mieux le déconfinement, on aurait pu éviter de nombreux décès»

Chaque jour, dans « Le Soir », un membre du corps médical revient sur sa journée de lutte contre le coronavirus. Alexandre Ghuysen, chef de service associé aux Urgences du CHU de Liège, raconte.

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Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Il y a quelque chose qui me choque. C’est d’entendre que 50 % des gens qui meurent du covid sont très âgés, et que les autres avaient une espérance de vie limitée. Donc que tout cela ne serait « pas grave », car ces morts n’auraient vécu qu’une année ou deux en plus sans le virus. D’abord, si on me propose de vivre deux ans de plus avec une bonne qualité de vie, je les prends. Puis introduire cette notion d’un mort moins grave qu’un autre parce qu’il est trop vieux, trop gros ou trop fragile, c’est extrêmement dangereux. Où est-ce qu’on s’arrête ?

En réfléchissant ces derniers jours, j’ai mis le doigt ce qui me choquait, dans ces propos. C’est qu’ils partent du principe que tous ces morts sont inévitables. Comme une fatalité. Or c’est totalement faux : les morts actuels étaient parfaitement évitables.

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6 Commentaires

  • Posté par Staquet Jean-marie, lundi 9 novembre 2020, 15:21

    On peut avoir une interview du chef de service de psychiatrie aussi? Car j'ai l'impression qu'il y a des choses à apprendre aussi... Désagréables, sans doute, mais... on devrait en parler aussi, non? Parce que j'ai quand même l'impression que tout le monde n'a pas la même valeur depuis quelques mois, justement. Si vous êtes mort d'autre chose que du Covid (ce qui reste l'énorme majorité), vous êtes apparemment moins mort car personne n'en parle et personne ne plaint vos proches... et si vous êtes malade d'autre chose, vous n'êtes clairement pas dans les priorités...

  • Posté par Esser Olivier, lundi 9 novembre 2020, 9:47

    Quand vous dites que vivre une ou deux années de plus avec une bonne qualité de vie en vaut la peine, trouvez-vous vraiment que vivre enfermé sans pouvoir ne voir personne de peur d'attraper le covid est une bonne qualité de vie? Moi, j'appelle plutôt cela de l'acharnement thérapeutique. Je ne crois pas que le modèle de Taiwan ou du Japon soit transposable ici (notamment dû aux frontières et des cas réimportés de l'étranger). Ceci dit, les cas remontent aussi au Japon (bien qu'ils soient toujours très bas). Quant à l'Allemagne, les cas remontent très fortement là aussi et ils ont aussi réimposé un confinement light, un peu comme nous. Cela n'a pas l'air de vraiment marcher non plus. Peut-être aussi que les mesures sont plus acceptées, car plus acceptables. Pas d'obligation de mettre un masque partout tout le temps. Pas d'intrusion excessive dans la vie privée avec cette histoire de "bulle sociale". Bien sûr que c'est impossible de retracer 95% d'un cluster dans un night-club quand ils sont fermés! Quand on traite les gens de criminel, car ils ont vu une personne de trop, cela donne moins envie de coopérer. En Allemagne aussi, il y a de fortes contestations et des manifestations anti-covid (car en Allemagne on a encore le droit de manifester).

  • Posté par Staquet Jean-marie, lundi 9 novembre 2020, 15:32

    Maintenant, c'est en Hongrie que ça tourne mal. Tous les "bons élèves" basculent les uns après les autres (sans jamais approcher les records belges, cependant). Pourtant Orban avait fermé la frontière le 2 septembre! Donc, fermer les frontières ne sert à rien, confiner comme en Argentine ne sert à rien, fermer ceci, fermer cela, etc. tout le monde a tout essayé, rien n'y fait: une fois que le virus est présent quelque part, il fait ce qu'il veut, on ne contrôle pour ainsi dire rien du tout. Il reste donc, en effet, la technique de médecine de troupeau qui consiste à dépister massivement, isoler et traiter. Mais même avec le consentement des gens, avec un tel nombre d'infectés, est-ce encore praticable? Il reste le vaccin qu'on nous annonce... mais pour quand? Et l'amélioration des traitements. La réalité est qu'on paie le sous-dimensionnement du système hospitalier, résultat d'années de restrictions et là, beaucoup vont avoir à regarder leurs souliers, car il y en a de ceux qui se plaignent de ne pas être assez maintenant qui ne s'opposaient pas du tout aux numerus clausus générateurs de pénurie et de hausses de revenus personnels en d'autres temps...

  • Posté par Coppens Jean-pierre , lundi 9 novembre 2020, 9:00

    Bien d’accord avec ces propos. Actuellement, on voit les chiffres des contaminations et hospitalisations diminuer. A terme, il y aura donc un 2e déconfinement à gérer. Or, on a l’impression que le traçage-isolement des cas n’a jamais fonctionné en Belgique. Même l’application sur smartphone semble avoir été un grand bluff. En Belgique, le virus a toujours eu une longueur d’avance sur les mesures des autorités, incapables de casser les chaînes de transmission. Et quand le nombre de contaminations s’envole, il devient impossible de faire du traçage. On a d’ailleurs abandonné les tests sur les asymptomatiques. Dans le futur, il faudra réorganiser ce traçage-isolement avec des contrôles si on veut rouvrir les lieux de rassemblement des gens (Horeca, musées, concerts...). Sinon des vagues successives se profileront jusqu’au vaccin ou à l’immunisation naturelle de groupe.

  • Posté par Raspe Eric, dimanche 8 novembre 2020, 23:26

    Une bonne leçon d'humanité.

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