Batibouw 2021 sera virtuel: à quoi ressemblera le salon?

Les palais de Brussels Expo resteront désespérément vides en février-mars prochains. Pour la première fois en plus de 60 ans d’existence, Batibouw n’aura pas lieu. © Photo News.
Les palais de Brussels Expo resteront désespérément vides en février-mars prochains. Pour la première fois en plus de 60 ans d’existence, Batibouw n’aura pas lieu. © Photo News.

C’est une décision difficile mais elle était devenue inéluctable et ce, même si toutes les mesures de sécurité étaient en passe d’être prises : le salon Batibouw n’aura pas lieu pour les particuliers comme c’était prévu du 27 février au 7 mars prochains. L’organisateur Fisa a été contraint d’adopter cette mesure extrême à la suite d’un nombre toujours plus élevé de défections enregistrées parmi les exposants désireux de ne prendre aucun risque pour leur personnel dans la crise sanitaire actuelle.

En lieu et place de ce qui devait être, comme chaque année, le grand rendez-vous de la construction et de la rénovation, Fisa a décidé de mettre sur pied un salon entièrement virtuel. Il aura lieu durant tout le mois de mars. « Comme pour le salon physique, les particuliers désireux de nous rejoindre pour une visite guidée du salon devront s’inscrire », précise à ce sujet Frédéric François, le directeur des salons auprès de Fisa. « Notre but ne sera pas de proposer des copies de stands mais bien de mettre sur pied une plateforme qui soit la plus interactive possible. Nous allons prendre le client par la main et le guider pour répondre au mieux aux questions qu’il se pose en matière de construction, de rénovation ou d’aménagement intérieur. Nous chercherons ensemble des solutions à leurs problèmes. »

Pour l’heure, Frédéric François l’assure : près de 150 exposants lui ont donné le feu vert pour l’accompagner dans cette version inédite d’une manifestation qui n’a jamais connu d’annulation ou de déplacement de dates depuis sa création il y a plus de 60 ans. « L’annulation du salon physique est en effet une grande première et j’espère aussi… une grande unique », sourit malgré tout Frédéric François. « Après l’annulation de Cocoon, du salon de l’Alimentation et du salon des Vacances, l’année 2020-2021 sera une année de pertes conséquentes pour Fisa. Et même si les exposants devront payer pour nous rejoindre virtuellement, cela ne comblera que de manière très anecdotique le manque à gagner financier. »

Pour les professionnels, Fisa a toutefois décidé de maintenir les trois mini-salons qui étaient prévus : Install Pro (installateurs), Pro Build (gros œuvre) et Project (architectes et prescripteurs). Ils seront toutefois déplacés au début du mois de juin, les dates précises, la durée et l’organisation devant encore être arrêtées.

Une (petite) consolation qui n’enlève rien à l’énorme sentiment d’impuissance que ressentent aujourd’hui les organisateurs d’une machine de guerre comme Batibouw. « Malgré toutes les mesures que nous avons mises en place pour lutter contre la propagation du virus et rendre notre salon le plus sûr possible, nous avons constaté que le marché ne nous suivait pas, surtout depuis l’annonce du re-confinement décidé il y a peu par le gouvernement. Et même si les salons ne sont interdits aux dernières nouvelles que jusqu’au 13 décembre, tout porte à penser qu’il n’y aura pas de mesures d’assouplissement par la suite. C’est évidemment une douche froide mais nous n’avions pas d’autre choix que de suivre le souhait de nos exposants. »

Cette année, Batibouw a accueilli 187.000 visiteurs, un chiffre nettement en deçà des prévisions mais les organisateurs n’avaient pas fait la fine bouche : l’événement avait été terminé juste avant le lockdown décrété en mars. Le dernier week-end, traditionnellement fort chargé en matière d’affluence, s’était révélé un échec, beaucoup de gens avaient préféré rester chez eux histoire d’éviter tout contact avec autrui et donc tout risque d’infection.

Pour l’heure, Fisa déclare qu’il aura recours au chômage temporaire pour les 25 employés qui s’occupent de l’organisation des salons. « Mais nous ne recourrons à cette mesure que pendant peu de temps car nous allons devoir très vite nous remettre en branle pour organiser les salons BtoB de juin. Nous avons aussi des salons prévus en octobre et novembre 2021, sans oublier, bien sûr, Batibouw 2022 », conclut Frédéric François.

Par les temps qui courent, voir loin ne peut pas faire de mal…

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. A mesure que nos modes de vie se sont individualisés, les occasions de se retrouver, de retisser des liens, de recréer une microcommunauté, familiale ou affinitaire ont acquis de l’importance.

    Noël: pourquoi les fêtes ont autant d'importance cette année

  2. 127146682_397493008268837_2400195705580288697_n

  3. Le parc est devenu seul lieu d’échange «acceptable» pour les rencontres «amoureuses».

    Célibs et covid: «C’est comme si l’Etat s’était invité dans mon lit»

La chronique
  • Coronavirus – «La vie en pause, saison 2, jour 24»: Ginette

    Il y a quelques semaines, il s’est passé un truc incroyable.

    C’est Marie qui décide d’appeler sa copine Ginette dont elle n’a plus de nouvelles depuis le début de la crise. Ce ne sont pas des amies de toujours mais elles se sont beaucoup fréquentées à un moment de leurs vies. A l’époque, Marie travaillait dans un bureau situé dans une grande maison de plusieurs étages et Ginette vivait au premier. Elles se voyaient pas mal.

    Donc un matin, Marie compose le numéro de son amie, qui décroche et lui dit : « Oh mais c’est gentil, ça, de me téléphoner ! » Là, ça devient tragique, sorry, mais accrochez-vous juste un petit peu, c’est plus léger après. « Comme ça », poursuit Ginette, » on va pouvoir se dire adieu parce que demain, je vais me faire euthanasier. » Franco.

    Marie est déboussolée quand même parce que : un, elle l’aime beaucoup, cette fille. Deux, elle, ça fait des mois qu’elle a...

    Lire la suite

  • Le temps n’est pas aux disputes de chiffonniers ou communautaires

    Relâcher la bride ou pas ? Ce vendredi, le Comité de concertation va devoir prendre des décisions délicates. Le grand défi pour le Premier ministre, les ministres-présidents et ministres concernés sera de le faire avant tout avec le sentiment qu’ils partagent les mêmes préoccupations fondamentales et la même compréhension de la difficulté. De mener une discussion d’adultes et pas de chiffonniers. De ne pas venir à la table avec chacun ses « clients » – moi les commerçants, toi les médecins, moi les pédicures, toi les...

    Lire la suite