Allemagne: la défense prend l’eau, Joachim Löw ne change pas de cap

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«  Pour l’instant, je ne vois aucune raison de les convoquer », a-t-il répété mardi, en réponse à une question qui incluait aussi le cas de l’attaquant Thomas Müller, redevenu une star au Bayern Munich, et lui aussi exclu de l’équipe nationale.

Mercredi, pour le match amical contre la République tchèque, le coach de 60 ans, en fonction depuis 2006, alignera pourtant de nouveau une équipe B, orpheline d’une dizaine des cadres habituels.

Ceux qui ne sont pas touchés par le Covid (Havertz, Can, Süle), ou blessés (Kimmich, Kehrer, Draxler, Klostermann) sont laissés au repos jusqu’aux deux matches de Ligue des nations samedi et mardi prochain contre l’Ukraine et l’Espagne.

Sa philosophie, Löw l’a exprimée à de très nombreuses reprises après la désastreuse Ligue des nations 2018, consécutive au naufrage du Mondial-2018 en Russie (élimination au premier tour) : il faut laisser de la place et du temps à une nouvelle génération, qui doit s’aguerrir et forger des automatismes. Maintenir une ossature de trentenaires, fussent-ils champions du monde 2014, ne ferait que retarder ce processus.

« Il manque un chef »

La situation, pourtant, est tendue. La Mannschaft reste depuis septembre sur quatre nuls pour une seule victoire, et s’est laissée remonter trois fois dans les dernières minutes après avoir mené (Espagne 1-1, Suisse, 1-1, Turquie 3-3).

« Nous avons renouvelé l’équipe en toute connaissance de cause », a plaidé Löw, « je sais que c’est un chemin difficile, nous ferons des erreurs, nous devrons surmonter des vents contraires, mais c’est un plaisir de travailler avec cette jeune équipe ».

Les arrières centraux les plus souvent titularisés cette année ont été Niklas Süle (Bayern Munich), Antonio Rüdiger (Chelsea) et Matthias Ginter (Mönchengladbach), qui n’ont pas le vécu international de leurs prédécesseurs, ni en sélection ni en Ligue des champions.

« Il manque en défense de la qualité et de la classe », assène Kicker, le magazine du football allemand : « Dans ce secteur, le sélectionneur n’a pas l’embarras du choix. En l’absence de Süle (Bayern), il manque un chef pour donner des ordres, pour convaincre par sa présence et, en cas de besoin, pour colmater les brèches lorsque ses coéquipiers sont battus ».

Pour ces matches de novembre, l’absence de Joshua Kimmich, blessé, risque de peser très lourd : le Munichois est irremplaçable dans ses rôles de leader et de chien de garde devant la défense pour boucher les espaces.

« Nuages noirs »

En octobre, la presse, mais aussi d’anciennes gloires du foot allemand devenus consultants, comme Lothar Matthäus (« en équipe nationale, on veut voir jouer les meilleurs ») ou Bastian Schweinsteiger (« on ne peut plus s’identifier à 100 % à cette équipe nationale »), ont vivement attaqué le sélectionneur.

Lundi, le directeur de la Fédération allemande Oliver Bierhoff a eu un coup de colère en conférence de presse, pour demander aux journalistes de respecter sa « Mannschaft ».

« Ça me fait très mal, a-t-il lâché, de voir comment sont traités les jeunes joueurs. Je remarque que des nuages noirs s’amoncellent au dessus de la Mannschaft (…) et dans le vestiaire, je sens la tension et la frustration »

« C’est un fait que nous ne sommes plus en ce moment l’enfant chéri de l’Allemagne », a-t-il ajouté. « Vous pouvez critiquer +Jogi+ (Löw) et moi tant que vous voulez, mais les jeunes joueurs méritent notre confiance, et ils vont la justifier. »

Mardi, Löw a adopté un ton plus apaisé, mais pour dire la même chose. Son « objectif minimal » est toujours d’atteindre en juillet les demi-finales de l’Euro. Il lui reste sept mois pour réussir à hisser sa « jeune équipe » au plus haut niveau international.

 
 
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