Mort d’Elisa Pilarski: «Curtis est innocent», selon le compagnon de la jeune femme

Mort d’Elisa Pilarski: «Curtis est innocent», selon le compagnon de la jeune femme

Curtis est innocent. Il n’aurait jamais tué Elisa » : le compagnon d’Elisa Pilarski a pris mardi la défense de son chien, pourtant désigné par des tests ADN comme étant responsable de la mort de la jeune femme enceinte en 2019.

Lors d’une conférence de presse d’une heure et demie, Christophe Ullul et son avocat Me Alexandre Novion ont défendu le chien Curtis « au nom de la vérité », critiquant les rapports d’expertises le déisignant comme coupable de la mort d’Elisa Pilarski dans une forêt de l’Aisne à proximité d’une chasse à courre.

Me Alexandre Novion demande à la justice un « complément d’expertise, voire une contre-expertise » sur l’ADN. Quant au rapport sur les traces de morsures, l’avocat, qui pointe une différence de méthodes entre les relevés faits sur les chiens de chasse et ceux réalisés sur Curtis, demande une contre-expertise. « Il ne faut pas nous demander une telle allégeance à un rapport d’expertise », a-t-il dit, « malgré ces experts, le mystère reste entier ».

« Aujourd’hui, on n’a qu’un coupable, c’est mon chien », a déploré Christophe Ullul, « pour moi c’est impossible ». « Curtis n’a jamais été méchant, il aimait Elisa, il n’était pas agressif », a-t-il insisté, assurant même que la jeune femme « avait une fusion avec lui parce qu’elle était tombée amoureuse ».

La semaine dernière, le parquet avait affirmé que les expertises tendaient « à démontrer l’implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort » de la jeune femme.

Selon le parquet, l’animal, un « American Pitbull Terrier, provenant d’un élevage des Pays-Bas et introduit illégalement en France par son acquéreur », a « fait l’objet d’un dressage au mordant, forme d’apprentissage interdite en France et pouvant relever d’actes de maltraitance animale », et « de nature à abolir toute capacité de contrôle ou de discernement » chez l’animal.

Mais pour Christophe Ellul, « Curtis n’a jamais fait de mordant ». « Curtis est en règle en France ». « Il est entré avec un passeport européen, avec ses vaccins et avec une puce électronique », a-t-il insisté, pointant de nouveau la responsabilité de la meute de chiens de chasse qu’il assure avoir vu sur place.

«En danger d’égarement »

Le jour des faits, le 16 novembre 2019, Christophe Ullul dit avoir reçu un appel de sa compagne alors qu’il travaillait. « Elle me dit qu’elle est mordue au bras et à la jambe par des chiens », a-t-il raconté.

« C’est quand j’ai trouvé le corps d’Elisa, que j’ai vu ce qui s’était passé. Quand je me suis aperçu après avoir vu ces chiens de chasse et après avoir récupéré Curtis, que j’ai vu le corps d’Elisa, c’est là que j’ai essayé d’appeler les secours mais ça ne passait pas ». Il s’est alors rendu dans une maison du voisinage pour prévenir les secours.

« Ce jour-là, Curtis a été pris en charge tout de suite par la gendarmerie (…) on a regardé entre ses dents et Curtis n’avait rien du tout », assure son maître, alors que les chiens de chasse qu’il avait vu à proximité du corps d’Elisa, selon lui ont été examinés plus tard au risque d’effacer des traces. Il assure aussi que tous les chiens n’ont pas été examinés.

Selon le communiqué du parquet d’Amiens « aucune trace d’ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n’a été retrouvée » alors que « l’ADN de la victime est présente à partir de traces de sang prélevées en différents points de la gueule et de la tête du chien Curtis ».

« Ce ne serait pas la première fois que la justice pourrait être en danger d’égarement par des rapport d’expertise », a plaidé Me Novion contestant une expertise d’ADN « low cost ». Il pointe également l’expertise des vétérinaires qui, selon lui, « pèche par beaucoup de points ».

Élisa Pilarski, 29 ans, partie se promener en forêt de Retz avec Curtis, avait été découverte morte, victime d’après l’autopsie d’une « hémorragie consécutive à plusieurs morsures ».

Une information judiciaire contre X est en cours pour « homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence (…) résultant de l’agression commise par des chiens ».

 
 
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