Ce qu’il faut savoir sur la «grève sanitaire» dans les écoles en France

Jeudi, Jean-Michel Blanquer a fini par autoriser les lycées à fonctionner par demi-groupes dans la limite de 50 % maximum d’heures de cours en distanciel, rapporte la Voix du Nord.

Ainsi dans la moitié des lycées généraux et technologiques publics de l’académie, les élèves viennent désormais en cours la moitié du temps : une semaine sur deux ; durant la moitié de la semaine ; ou par demi-journées. Les lycées professionnels se sont moins portés candidats.

L’intersyndicale appelle à ce que ce fonctionnement se généralise à tous les lycées publics. Mais aussi qu’il s’étende aux collèges et aux écoles primaires.

Enfin, les organisations réclament du personnel. «  Pour l’instant, on nous parle de services civiques pour la surveillance, c’est tout », déplore Catherine Piecuch.

Quant «  au peu de règles  », elles sont «  rarement applicables  » : «  Par exemple, il manque de lavabos et de sanitaires. Nous avons d’ailleurs écrit un courrier à la rectrice pour qu’elle demande au préfet de faire pression sur les communes dans ce sens  ».

Dans les collèges, «  certes, il y a souvent moins d’élèves par classe que dans les lycées, mais les classes à 30 sont très fréquentes  », insiste Catherine Piecuch. Et l’inquiétude majeure porte sur les transports et surtout la cantine.

« Une colère » «  C’est la première fois depuis dix ans que je vais faire grève. Et c’est la première fois que mon école ferme !  » Florence (1) enseignante en maternelle évoque un «  gros gros ras-le-bol  ».

«  J e suis en permanence face à des enfants sans masque, qui me crachent dessus toute la journée, m’embrassent. Et c’est normal. Je ne veux pas non plus qu’on ferme. Mais on n’a pas de moyens supplémentaires, j’ai une classe de 26 élèves. » Et puis «  il y a la communication. J’en ai assez d’apprendre la veille par BFMTV comment je vais travailler.  »

Rachid (1) ne fera pas grève. Mais ce prof de collège l’assure : «  C’est vraiment vraiment tendu. Avec les absences, on manque d’adultes.  »

Une grève suivie ?

Les professeurs du premier degré sont obligés de se déclarer mais le rectorat se refuse à communiquer en amont. La seule indication dont on dispose est celle du SNUIpp-FSU 59 : «  On nous remonte un taux de grévistes de 48 % sur les 80 écoles sondées, dont 20 écoles qui seront fermées. Mais ce sont des écoles dans lesquelles nous avons un relais  », concède Maxime Talleu. «  On pourrait être autour de 30 %  », pronostique-t-il très prudemment. Le rectorat donne traditionnellement des chiffres bien en-deçà du syndicat majoritaire.

Qu’en sera-t-il dans les collèges ? «  Ç a se crispe un peu  », reconnait-on du côté des autorités. Des établissements devraient être peu ou pas mobilisés. Et d’autres massivement, comme le collège Maxime-Deyts à Bailleul.

Les personnels de ce grand collège de près de 1 000 élèves dont 800 demi-pensionnaires ne comprennent pas pourquoi la demande formulée par la cheffe d’établissement de passer à du 50 % distanciel comme les lycées alentours, parfois plus petits, est pour l’heure refusée. Faute de manifestation régionale, les rassemblements et actions seront locales.

À ce stade, le ministre refuse donc que le système de demi-groupes autorisé dans les lycées le soit aussi dans les collèges. Et il exclut davantage encore que ce soit appliqué dans le premier degré.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

 
 
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