Pour Revolht, il ne sert à rien de boucler la Boucle du Hainaut

Pour Revolht, il ne sert à rien de boucler la Boucle du Hainaut
BELGA.

La Boucle du Hainaut, c’est non ! » Pour le collectif Revolht, qui fédère les groupements de citoyens issus des quatorze communes wallonnes traversées par la future nouvelle ligne à haute tension d’Elia, le « niet » au projet est clair. Au début du mois de septembre, le gestionnaire du réseau de transport électrique a présenté le trajet de la « Boucle » qui doit relier les postes d’Avelgem et Courcelles, soit près de 90 kilomètres de ligne aérienne à 380.000 volts, destinée à transporter jusqu’à 6 GW de courant électrique en provenance de l’ouest (parcs éoliens en mer du Nord, interconnexions avec la Grande-Bretagne et la France) vers l’est du pays et au-delà, l’Allemagne et les Pays-Bas. Un projet d’un demi-milliard d’euros, présenté par Elia comme le « chaînon manquant » du réseau haute tension belge, destiné à éviter la congestion des lignes existantes et un éventuel « crash » électrique.

Le gestionnaire a donc « préréservé » un couloir d’une largeur de 200 mètres destiné à accueillir la nouvelle ligne et entamé la procédure qui doit aboutir dans un premier temps à la révision, par le gouvernement wallon, du plan de secteur, puis à l’obtention du permis d’urbanisme – comptez cinq années, plus trois pour les travaux. Mais d’ores et déjà, les riverains ont donc commencé à manifester leur ferme opposition à la Boucle du Hainaut, projet qu’ils estiment disproportionné. « Dans les faits, ce sont 27.000 habitations et 265.000 personnes qui se trouvent à moins de deux kilomètres du corridor », précise Marie Reman, une habitante d’Arbre, représentante de Revolht. « Et il y a 253 familles et 25 fermes dans le périmètre de réservation. » Autant d’habitants – sans parler des animaux d‘élevage – pour la santé desquels le collectif citoyen s’inquiète, notamment en raison des champs électromagnétiques. « En matière de santé, c’est le principe de précaution qui doit prévaloir », insiste Marie Reman.

« Une autoroute électrique »

Revolht, qui déplore un manque de transparence de la part d’Elia – qui avait suspendu ses sessions de présentation après un incident à Ecaussines – exprime aussi ses doutes quant à l’utilité réelle de la Boucle, notamment pour la province traversée, ce qui est un des arguments avancés par le gestionnaire auprès des habitants (le projet doit aider à assurer la compétitivité des entreprises et éviter un « black-out » dans le Hainaut). « La Boucle n’a rien de hennuyère si ce n’est dans ses impacts », explique le collectif. « C’est un projet de pur business, une autoroute électrique qui va permettre à Elia de transférer de l’électricité produite dans des pays limitrophes vers d’autres pays limitrophes. Elia ne voit pas la Belgique autrement que comme le rond-point électrique de l’Europe. »

Au terme de la première phase de consultation, les quatorze communes concernées ont déjà rendu un avis négatif. Ce mercredi 18 novembre, une motion déposée par l’opposition (CDH), demandant au gouvernement de ne pas octroyer la révision du plan de secteur, sera soumise au vote au parlement wallon. Motion soutenue par Revolht, qui espère que les députés de la majorité feront également barrage au projet.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous