Région bruxelloise: la dette prend une «ampleur inédite»

Pour la cheffe de groupe MR Alexia Bertrand, «La mauvaise gestion financière de Bruxelles pourrait impacter tout le pays».
Pour la cheffe de groupe MR Alexia Bertrand, «La mauvaise gestion financière de Bruxelles pourrait impacter tout le pays». - Pierre-Yves Thienpont

La Région de Bruxelles-Capitale aurait vu sa dette augmenter de 60,8 % en l’espace de deux exercices, selon la Cour des Comptes. La commission des Finances du parlement bruxellois a entamé lundi les travaux d’examen de l’ajustement du budget de l’année en cours et du projet de budget du gouvernement Vervoort pour 2021, en entendant les représentants de la Cour des Comptes.

Lors de la déclaration de politique générale, le ministre-président Rudi Vervoort (PS) avait annoncé le mois dernier un déficit budgétaire d’1,5 milliard d’euros pour l’année en cours, dont un milliard lié à la crise sanitaire. Bien conscient de l’importance de ce montant, le gouvernement bruxellois s’est dit convaincu de la nécessité de continuer à soutenir les secteurs socio-économiques et l’investissement public. Et vise un retour à l’équilibre pour 2024.

Pour l’opposition, la dette prend une ampleur inédite. Selon le député humaniste Christophe de Beukelaer, le chiffre présenté par le gouvernement est largement sous-estimé car il se base sur le projet initial 2020. Or, le déficit sera nettement plus élevé que prévu et viendra donc alourdir la dette. « La dette réelle sera de plus de 10 milliards d’euros en 2021, le double du chiffre de 2018 », a-t-il jugé.

« La tête dans le sable »

Cheffe de groupe MR, Alexia Bertrand parle d’une « explosion de la dette, reflet de cette incurie où le gouvernement offre pour seule justification la crise sanitaire ». Le gouvernement bruxellois persiste à mettre la tête dans le sable en réalisant des budgets à la petite semaine, a estimé lundi la députée libérale. Et continue à faire preuve de déni par rapport à la situation.

Ainsi, l’an dernier, le gouvernement régional parlait d’« une croissance modérée », alors que l’exposé général du projet de budget 2020 détaillait une croissance bruxelloise nettement inférieure à la croissance du PIB national et plus faible que dans les deux autres Régions, mais également un recul de la croissance des investissements bruxellois, une augmentation du nombre de faillites et une augmentation de l’emploi plus faible que la moyenne nationale. A présent, le gouvernement bruxellois dit que la crise sanitaire « met subitement fin à la progression relativement dynamique de l’activité économique bruxelloise », en faisant comme s’il découvrait, avec la Covid, ce qui était en fait, la chronique d’une catastrophe annoncée », a jugé la cheffe de groupe.

Car la crise du coronavirus n’explique pas tout, selon elle. Et elle en veut pour preuve la corrélation établie par la Cour des comptes entre l’augmentation de la dette directe et les déficits budgétaires accumulés. La Cour des Comptes pointe par ailleurs aussi une hausse de 25 % des crédits de charges d’intérêts par rapport à 2019, une surestimation de nombreuses recettes, une sous-estimation de certaines dépenses, en ignorant la deuxième vague de la crise sanitaire et une neutralisation répétée d’un montant de 800 millions d’euros sans l’aval des autorités européennes.

« La mauvaise gestion financière de Bruxelles pourrait donc impacter tout le pays », a poursuivi Alexia Bertrand. « Si le gouvernement bruxellois persiste à mettre la tête dans le sable en réalisant des budgets à la petite semaine, ce sont in fine les Bruxellois qui seront les grands perdants… Comme à son habitude le gouvernement bruxellois ouvre tous les robinets sans penser à des mesures pour relancer l’économie et l’emploi. »

 
 
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