Vaccin contre le coronavirus: l’Union européenne répond aux pressions du patron de Moderna

Vaccin contre le coronavirus: l’Union européenne répond aux pressions du patron de Moderna
AFP

L’Union Européenne (UE) a expliqué mardi que ses négociations pour précommander le vaccin anti-Covid de Moderna dépendaient de multiples facteurs et pas « d’une annonce spécifique » de la biotech américaine, qui met en garde de son côté les Européens contre de possibles retards de livraison.

Des « discussions avancées » avaient été annoncées le 24 août entre Moderna et la Commission européenne pour l’achat de 80 millions de doses du vaccin, mais aucun engagement ferme n’a été signé depuis. Entre-temps, la biotech américaine a signé avec le Canada, le Japon, Israël, le Royaume-Uni… Sans compter les 100 millions de doses promises début août aux États-Unis.

Moderna a annoncé lundi que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94,5 %.

Avec l’UE, « il y a plein de choses administratives, les dossiers, des alignements entre les pays (…) C’est clair que d’avoir pris du retard, ça ne va pas limiter la quantité totale, ça va ralentir la livraison », a prévenu le patron de Moderna Stéphane Bancel dans un entretien à l’AFP.

La Commission européenne s’est attachée à défendre sa gestion des pourparlers. « Nous avons commencé les discussions avec les développeurs de vaccins extrêmement tôt, avant l’été ! Nos discussions se poursuivent parallèlement au développement des vaccins », s’est agacé mardi le porte-parole de l’exécutif bruxellois Eric Mamer.

« Mais nous ne conditionnons pas la signature d’un contrat à aucune annonce spécifique. Le fait est que, dans plusieurs cas, les discussions préliminaires ont été conclues bien avant une quelconque annonce » de succès, a-t-il observé.

« Est-ce qu’on signe des contrats simplement parce que tout à coup, il y a des informations positives dans la presse ? Ce n’est clairement pas le cas », a abondé Stefan de Keersmaecker, autre porte-parole.

Traduire les discussions exploratoires en accord d’achat ferme est « une négociation complexe, très technique, cela prend du temps (…) et doit s’appuyer sur des preuves scientifiques », a-t-il insisté.

Selon lui, de multiples critères sont pris en compte : « les capacités de production de la société concernée, les coûts d’investissement nécessaires, les technologies utilisées… cela fait partie d’un package de négociations qui mène à un certain nombre de doses (commandées) et à un certain prix ».

« Pour la commission, le vaccin ne doit pas seulement être effectif et sûr, mais aussi abordable, c’est un principe important pour notre stratégie », a-t-il expliqué.

La Commission a jusqu’ici signé cinq contrats pour précommander d’éventuels vaccins : avec le suédo-britannique AstraZenaca, l’américain Johnson & Johnson, le duo franco-britannique Sanofi-GSK, le duo américano-allemand Pfizer/BioNTech et l’allemand CureVac.

 
 
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