Quand Denis Ducarme s’emporte contre un chef de cabinet PS

Quand Denis Ducarme s’emporte contre un chef de cabinet PS

On connaît les circonstances dans lesquelles Denis Ducarme a perdu son poste de ministre. Redevenu député, le libéral a retrouvé une liberté de parole, singulièrement sur ses anciennes matières (Indépendants, Classes moyennes) ou ses autres sujets de prédilection (comme la sécurité). Avec la verve qu’on lui connaît, sans doute teintée désormais d’amertume (ce qu’il nie toutefois). Quand quelque chose ne lui plaît pas, il le dit, et pas toujours avec des fleurs. Jouant parfois avec les limites. Ce qui ne lui vaut pas que des amis ou des louanges au MR. Et ailleurs.

C’est un tel incident que rapporte ce vendredi la « DH ». Après un débat sur la présence des militaires en rue en commission de la Chambre mercredi, Denis Ducarme entame une discussion avec la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS). Sachant qu’il plaide pour le maintien des militaires dans les rues au vu du contexte de menace terroriste, ce qui n’est pas tout à fait la position du gouvernement. Arrive alors le chef de cabinet de la ministre, Jamil Araoud, qui se mêle à la conversation et pointe ce qu’il considère comme des erreurs dans les arguments de Ducarme. Qui lui rétorque : « Tu es qui pour me parler comme ça ? » Selon la version socialiste, « Ducarme s’est emporté et a insulté le chef de cabinet, avec des propos menaçants ». Un courrier dénonçant l’incident a été envoyé dans la foulée à la présidente de la Chambre et au Premier ministre. Et contact a été pris avec le MR.

Denis Ducarme, lui, réfute toute « menace ou insulte » envers le chef de cabinet : « je l’ai juste prié de se taire », nous confie-t-il. Et il dit «assumer complètement ses propos et ne pas retirer un mot », reconnaissant « être courtois et policé dans les débats, mais cash en dehors ». Dans la « DH », il détaille : « Quand un cabinettard du PS, sans daigner même se présenter ou me saluer, commence bille en tête à me faire la leçon, je mords. Si on me crache sur les chaussures, il ne faut pas s’étonner de prendre mes pieds aux fesses. Je n’ai pas de leçons à recevoir de cabinettards de partis adverses. Si un de nos collaborateurs commençait à faire la leçon dans les couloirs à un élu du peuple, je lui remonterais les bretelles moi-même ».

Voilà qui n’a pas fait que des heureux chez les libéraux, dont certains s’agacent de ce genre de tonalité ou vocabulaire « au moment où le parti parle d’empathie et joue l’apaisement ». Contacté, le MR considère « qu’on ne doit jamais manquer de respect, quelle que soit la fonction de celui à qui on s’adresse » et que, « si des propos n’ont pas respecté ce principe et celui de bienveillance au sein de la majorité, ils n’engagent pas le parti et on les désapprouve ».

« Il faudra avoir une bonne discussion avec Denis Ducarme », résume un bleu. « Il faut que cela se calme ».

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