Coronavirus: comment fêter Noël? L’avis de plusieurs experts

Coronavirus: comment fêter Noël? L’avis de plusieurs experts
Jonathan Borba

Faut-il fêter Noël? «Oui, la question est comment», ont répondu (presque) en cœur une dizaine d’experts rassemblés virtuellement par l’université catholique de Louvain, jeudi. A distance, en extérieur, en cercle restreint, il va falloir faire preuve d’imagination pour pouvoir célébrer tout en restant raisonnable, a notamment souligné Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

«Si on le fait de façon classique, avec 15-20 personnes qui boivent, qui mangent, qui rigolent, en mélangeant les bulles et les âges pendant plusieurs heures dans un lieu fermé, là clairement il y a un risque sanitaire», a posé l’experte.

Mais plus de huit mois après le début de la crise du coronavirus et deux confinements plus tard, la population a besoin d’espoir et de soutien affectif, a plaidé Olivier Luminet, psychologue de la santé.

Les Belges veulent élargir leur cercle

Une étude du groupe d’expert «psychologie et coronavirus» auprès de 6.000 personnes a montré que le scénario préféré des Belges est d’élargir le cercle autorisé à deux voire quatre personnes pour les fêtes de Noël. Cela prouve que la population est consciente des risques et a gagné en maturité, selon lui.

«Le plus important est de protéger les personnes à risque, surtout celles qui pourraient développer les formes les plus sévères de la maladie», a estimé Xavier Wittebolle, réanimateur aux soins intensifs des Cliniques universitaires Saint-Luc.

L’infectiologue Niko Speybroek est sceptique quant à une détente même partielle pour les fêtes. «Même si le nombre de nouvelles hospitalisations est ramené à 60 par jour (contre 270 aujourd’hui), relâcher tout pendant un ou deux jours pourrait faire tripler le nombre d’hospitalisations dans la foulée, et cela pendant plusieurs semaines», a-t-il mis en garde. Autoriser un ou deux contacts supplémentaires n’aurait pas un effet aussi grave, mais il craint là que la population ne puisse se contrôler.

Pour Andréa Penaloza, cheffe des urgences des Cliniques universitaires Saint-Luc, une 3e vague du virus doit impérativement être évitée afin d’échapper à une saturation du réseau hospitalier. En tant qu’urgentiste, «ce qui nous touche, c’est l’inaccessibilité des soins de santé pour une partie de la population », a-t-elle signalé.

«Noël va être fêté d’une manière ou d’une autre», considère le sociologue de la famille Bernard Fusulier. Pour réussir à convaincre les Belges de respecter les gestes de prudence, la sociologue Jacinthe Mazzocchetti appelle les dirigeants à employer une communication claire et non infantilisante ; et à partager un discours de solidarité collective. Regagner la confiance des citoyens est un enjeu clé.

 
 
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