A l’ULB, une nouvelle cellule pour lutter contre le harcèlement

A l’ULB, une nouvelle cellule pour lutter contre le harcèlement
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L’Université libre de Bruxelles intensifie sa lutte contre les situations de harcèlement. Une cellule « harcèlement » vient en effet de voir le jour. « Cash-e » se veut un tout nouveau lieu d’écoute, d’information et de prise en charge destiné à tous les étudiants. Qu’ils soient victimes de harcèlement moral ou sexuel, d’intimidation ou de pressions psychologiques. « Ce qui fait la particularité de cette cellule », souligne Alain Levêque, vice-recteur aux affaires étudiantes, « c’est d’être totalement indépendante vis-à-vis des autorités académiques. »

Fin 2017, les autorités académiques de l’ULB avaient déjà mis en place un réseau de personnes relais dont la mission était de recueillir les témoignages et d’accompagner les membres du personnel ainsi que les étudiants. Mais à la suite du scandale qui a ébranlé la faculté de dentisterie en juin 2019, le bureau des étudiants en médecine a décidé de pousser plus loin et de mener une enquête pour évaluer l’ampleur du problème.

A l’époque, 60 % des étudiants interrogés déclaraient avoir été victimes de harcèlement. L’enquête avait également permis de mettre en évidence la difficulté pour les étudiants de dénoncer les faits dont ils sont victimes, préférant le silence à la prise de risque. Le manque de confiance en l’indépendance des dispositifs de signalement vis-à-vis de l’institution représentait un obstacle majeur.

Garantir l’anonymat des victimes

Sur la base de ces constats, « Cash-e » aura pour mission de remplir deux objectifs : garantir l’anonymat des étudiants et être indépendante vis-à-vis des autorités de l’ULB. Afin d’y répondre au mieux, la gestion du projet sera assurée par une psychologue spécialisée dans la question du harcèlement. « Etant entièrement couverte par le secret professionnel, je n’aurai de comptes à rendre à personne », assure Sylvie Boet. « Par ailleurs, je n’ai pas fait mon cursus à l’ULB et je n’y ai jamais travaillé auparavant. »

Dans un premier temps, l’étudiant en situation de malaise par rapport à l’une de ses relations sera invité à compléter un questionnaire en ligne lui permettant de signaler les comportements inadéquats dont il fait l’objet, et ce, de manière tout à fait anonyme. « Je n’ai pas voulu cibler uniquement la question du harcèlement, parce que souvent la victime n’en a pas conscience », précise Sylvie Boet.

L’étudiant qui le désire pourra ensuite prendre rendez-vous afin d’être écouté et accompagné. « Les personnes harcelées ont avant tout besoin d’un espace sécure pour déposer leur vécu sans crainte des représailles. Uniquement si elles le désirent, je les informerai quant aux démarches qu’il est possible d’entreprendre. Mais rien ne sera entrepris sans leur consentement. » En fonction des demandes, la cellule pourra s’agrandir par la suite. « Si un étudiant a besoin d’un soutien psychologique plus approfondi, il pourra de toute façon être redirigé vers une structure adéquate telle que Psycampus. »

Parallèlement à la création de cette nouvelle cellule, le règlement disciplinaire sera revu prochainement par les différentes instances. « Notre volonté est d’élargir le champ des sanctions à l’égard des étudiants et des membres du personnel académique responsables de harcèlement et de raccourcir la durée de la procédure pour le bien-être des victimes », conclut le vice-recteur.

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