Romain Grosjean raconte son terrible crash en Formule 1: «J’ai vu la mort arriver» (vidéo)

Romain Grosjean raconte son terrible crash en Formule 1: «J’ai vu la mort arriver» (vidéo)

«  Ce n’était pas mon heure… » Romain Grosjean porte forcément haut le sourire, celui d’un miraculé alors qu’il revient pour la toute première fois sur son effroyable accident, ce dimanche, sur la piste de Bahreïn. Un enfer de feu duquel il s’est extirpé, animé par le souffle de la survie, ce réflexe qui oblige le corps quand la tête n’y arrive plus. « Ça va très bien vu l’accident et les circonstances . J’ai des mains de Mickey et une grosse entorse mais sinon ça va. Ce n’est pas plaisant mais ce n’est pas douloureux », explique-t-il au micro de TF1, les mains enturbannées puisqu’il souffre de brûlures. Soit, au final, trois fois rien au vu de son crash, de sa monoplace lancée à plus de 200km/h qui se transforme, instantanément, en brasier quand elle explose la glissière de sécurité. S’en suivent vingt-huit secondes au cœur du foyer, vingt-huit secondes incandescentes qui lui ont semblé une véritable éternité. « Je ne sais pas si les miracles existent mais en tout cas ce n’était pas mon heure », reprend le survivant. « Ça m’a paru bien plus long que vingt-huit secondes. Je vois ma visière qui devient toute orange. Je vois les flammes sur le côté gauche de la voiture. J’ai pensé à beaucoup de choses. Notamment à Niky Lauda (NDLR : le champion autrichien a été brûlé au visage et défiguré après un accident, sa Ferrari ayant pris feu au Grand Prix d’Allemagne le 1er août 1976). Je me suis dit ce n’est pas possible je ne peux pas finir comme ça, pas maintenant. Je ne peux pas finir mon histoire en Formule 1 comme ça. Il faut que je sorte », poursuit-il, précisant qu’il n’a jamais perdu connaissance, se souvenant de tout, « du début à la fin ».

Dans ces instants, critiques, le pilote franco-suisse a pensé à ses trois enfants. Telle une obligation de ne pas se résigner. « Pour mes enfants je me suis dit il faut que je sorte. J’ai pu retirer ma ceinture, le volant n’était plus là, probablement envolé lors du choc. J’ai tenté trois fois de m’extraire du baquet. J’ai mis les mains dans le feu et j’ai clairement senti qu’elles étaient en train de brûler sur le châssis. Et puis j’ai senti quelqu’un qui tirait sur ma combinaison et j’ai compris que j’étais dehors… Mon fils de 5 ans, Simon, est sûr que j’ai des pouvoirs magiques. Il a dit que j’avais un bouclier d’amour magique. Il a dit que c’est ça qui m’a protégé et que grâce à ça j’avais pu voler en dehors de la voiture… Ce sont des mots très forts des enfants. Mon grand Sacha de 7 ans est plus dans le rationnel. Il essaie de comprendre. Et ma petite dernière m’a fait un dessin pour les bobos de Papa sur les mains… J’ai eu plus peur pour mes proches, mes enfants, que pour moi finalement… »

S’il est forcément forfait pour la deuxième séance persique à Bahreïn ce week-end où il sera remplacé par Pietro Fittipaldi, le pilote de trente-quatre ans escompte bien disputer la dernière manche de cette saison perturbée, le dimanche suivant, à Abou Dabi. Soit ce qui serait le dernier grand prix d’une carrière lancée en Formule 1 avec Renault, en 2009. Pour être de la partie, il faudrait, en particulier, que ses mains brûlées au deuxième degré soient rétablies, même si l’intéressé estime que « c’est superficiel, j’ai la mobilité dans tous les doigts… mais je pense que j’aurai un gros travail psychologique à faire parce que j’ai vraiment vu la mort arriver. Et, après en voyant les images, je me dis que même à Hollywood on n’est pas capable de faire ça. C’est le plus gros crash que j’ai jamais vu de ma vie. La voiture qui prend feu qui explose et la batterie aussi a pris feu donc ça a rajouté énormément d’énergie dans l’impact… »

S’il ne connaît pas encore les circonstances précises à l’origine de l’accident, le natif de Genève insiste sur l’importance du halo, l’arceau qui protège désormais la tête des pilotes, prévu pour supporter les chocs les plus extrêmes « Sans le halo, je ne serais plus là… »

Il devra, forcément, attendre l’avis favorable des médecins mais l’envie, elle, est bien présente malgré le traumatisme. « Même si c’est compliqué pour mes proches, j’ai déjà le besoin de remonter dans une Formule 1, si possible à Abou Dabi. Pour terminer mon histoire avec la Formule 1 autrement. C’était presque comme une seconde naissance. Et puis sortir des flammes ce jour-là c’était quelque chose qui va marquer ma vie à jamais… Le Romain Grosjean d’avant n’aurait jamais dit ça mais, si je fais Abou Dabi, je serai heureux même si je termine 20e (NDLR : soit dernier) », conclut dans un large sourire Romain Grosjean, qui espère sortir de l’hôpital ce mercredi.

 
 
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