Pour Thierry Neuville, Elfyn Evans sera sacré cette année: «Le titre n’a pas la même valeur»

Le Belge va tout donner pour la dernière épreuve de l’année. @News
Le Belge va tout donner pour la dernière épreuve de l’année. @News

D’habitude, Monza nous offre ses couleurs chatoyantes de fin d’été. Les arbres pourpres du parc rivalisent avec les tifosi, vêtus de pied en cap, des produits dérivés de la Scuderia. Mais pour la venue de la dernière manche du championnat du monde des rallyes, le temple de la vitesse se prend pour une cité laborieuse du pays de Galles quand le WRC se clôturait là-bas. Même couleur blafarde, même température et, surtout, une neige sale, humide à rendre dépressif un vainqueur d’EuroMillions.

De quoi rendre la tâche des rallymen particulièrement compliquée. « C’est vrai que les reconnaissances n’ont pas été simples », admet Thierry Neuville. « Sur les spéciales qu’on empruntera samedi lors de la 2e étape, on a été confronté à une belle couche blanche dès que la route prenait de la hauteur. On n’avait guère d’adhérence et fort peu de visibilité. Pour couronner le tout, il y avait pas mal de circulation. Il va falloir regarder assidûment les caméras embarquées proposées par l’organisateur pour peaufiner nos notes si la météo se montre plus clémente. Plus que jamais, le travail de Bruno Thiry, notre ouvreur, s’avérera primordial. Il devra certainement corriger, ajouter, préciser beaucoup de choses quand il passera par l’itinéraire quelques heures avant nous. Quant aux pneus, Michelin a débarqué avec un camion rempli de gommes tendres adaptées à ces conditions. Mais pas question de chausser des pneus à clous comme au Monte-Carlo ou en Suède. »

Le dernier round de la saison dont les secteurs chronométrés de jeudi, vendredi et dimanche se dérouleront aux abords et sur le circuit s’annonce décidément atypique. « Franchement, j’aime bien ces étapes spéciales assez techniques », poursuit le pilote Hyundai. « Mais il y a pas mal de pièges. On est régulièrement confronté à des chicanes délimitées par des balles de paille ou des blocs de béton. Il ne sera pas recommandé de les pousser. Ces secteurs sont courts. Ce qui signifie que les écarts seront infimes parmi les candidats à la victoire. Le challenge consistera à réaliser la spéciale parfaite à chaque fois. »

Le Belge, 3e au classement provisoire du championnat avant d’attaquer l’épreuve lombarde, est conscient que ses chances de décrocher la couronne sont minces. « Si Evans termine dans le Top 5, il coiffera les lauriers. Pour y parvenir, il devra résister à la guerre psychologique que Sébastien Ogier, son équipier, lui mènera. On sait à quel point le Français est fort pour tenter de déstabiliser ses rivaux. De mon côté, je vais jeter toutes mes forces dans la bataille, comme d’habitude. Finir la saison par une victoire, ce serait bien. Permettre à Hyundai de décrocher la palme chez les constructeurs pour la 2e fois constitue également un objectif. Quant au titre mondial, j’estime qu’il n’a pas la même valeur que d’habitude. J’en parlais récemment avec mon manager : s’il y a bien une année où il ne faut pas être champion, c’est bien celle-ci. La saison a été largement tronquée par le coronavirus. Seulement sept courses. La moitié de ce qui était prévu. En plus, l’annulation du rallye d’Ypres, quinze jours avant son déroulement, ne nous a pas aidés. Donc, que je termine 2e, 3e ou 4e du championnat 2020 n’aura pas la moindre importance. »

Ce qui en a, en revanche, c’est le résultat final face à son équipier et rival Ott Tänak. « C’est vrai que ça m’embêterait qu’il finisse devant moi. Mais cela n’arrivera pas », conclut Neuville.

 
 
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