Enseignement supérieur: l’Ares rejette la candidature d’Hervé Hasquin à la présidence

Hervé Hasquin.
Hervé Hasquin. - Belga.

Fameux revers pour le président du MR Georges-Louis Bouchez et la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny : le conseil d’administration de l’Ares a, mardi matin, recalé la désignation d’Hervé Hasquin à la présidence de l’institution. A la surprise générale, en novembre dernier, le cabinet avait fait savoir au président Jean-Pierre Hansen qu’il ne serait pas reconduit dans ses fonctions à l’échéance de son mandat prévue fin décembre. Le MR cherchait à remplacer l’ex-patron d’Electrabel, étiqueté CDH, par une personnalité plus proche de ses convictions. Plutôt marri, Jean-Pierre Hansen avait démissionné dans la foulée.

Le parti libéral avait donc proposé au gouvernement de retenir la figure libérale Hervé Hasquin, ancien ministre-président de la Communauté française, ancien recteur de l’ULB, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie et toujours proche des milieux académiques. On ne sait si c’est la carte « ULBiste » ou la carte « libérale » qui a conduit le conseil d’administration de l’Ares (la fédération de l’enseignement supérieur où siègent universités, hautes écoles, syndicats…) à désavouer nettement le gouvernement dans sa proposition : Hervé Hasquin a recueilli 10 voix pour, contre 16 non et une abstention.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui avait œuvré à la désignation d’Hervé Hasquin à la tête de l’Ares, goûte assez peu le camouflet. « Aujourd’hui », déclare-t-il, « l’Ares a montré qu’elle ne fonctionnait plus en rationalité et est davantage une arène politicienne qu’un organe qui travaille dans l’intérêt de l’enseignement supérieur. Comment refuser une des personnalités du monde francophone qui a le plus beau CV, quelqu’un qui fait partie du top trois au niveau académique ? » Et maintenant ? « On va décanter tout ça », répond Bouchez, « on doit réfléchir et consulter, mais on ne peut faire comme si de rien n’était ».

Vidéo clivante

Le président libéral réfute par ailleurs des arguments qui auraient pu influencer le rejet de la candidature d’Hervé Hasquin. Trop « ULBiste » ? « Il n’y a pas de raison d’avoir cette crainte ou de le soupçonner de petits jeux, et on ne va tout de même pas lui reprocher d’avoir été recteur de l’ULB ! D’ailleurs à l’Académie, il a travaillé autant avec des ULbistes qu’avec des louvanistes. » En coulisse, on apprend cependant que la diffusion d’une capsule vidéo pendant la réunion en visioconférence, où Hervé Hasquin rappelle ses convictions libérales fortes, son appartenance à la franc-maçonnerie, son engagement pour la laïcité… a peut-être joué en sa défaveur dans ce cénacle pluraliste.

N’empêche, un tel vote est lourd pour la suite. Il l’est d’autant plus que le MR ne s’y attendait pas… « Nous avions préparé le terrain, tous les indicateurs étaient au vert, même si nous imaginions bien que tous les étudiants et tous les syndicats n’allaient pas naturellement voter pour Hervé Hasquin », confie Georges-Louis Bouchez.

« L’institution fonctionne très bien »

Faut-il y voir un manque de loyauté politique ? « Je le pense ; il nous a sans doute manqué une voix ou deux dans le monde confessionnel. Pourtant, ils savent que s’il y a bien un parti favorable à la fusion UCLouvain/Saint-Louis, c’est nous. »

Au PS alors ? « Certainement. Vous savez, le simple fait que ce soit les libéraux qui proposent peut irriter certains, mais je ne peux pas croire que ce soit un mot d’ordre du président lui-même. »

A la CGSP, Olivier Bouillon ne partage pas l’analyse : « Nous avions le mandat de soutenir la candidature d’Hervé Hasquin. Jeter le discrédit sur l’Ares parce qu’il n’a pas obtenu ce qu’il voulait, ce n’est pas correct de la part du président du MR. L’institution fonctionne très bien, elle traite de nombreux dossiers avec sérieux. »

Le MR va-t-il devoir revoir sa copie ? Pas sûr, il se dit que ce sont les statuts de l’Ares que le MR pourrait demander à réviser. Sauf que le chemin serait semé d’embûches : l’institution est protégée par une majorité spéciale de deux tiers au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 
 
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