Les bâtiments ont, eux aussi, leur contrôle technique

«On vient de réaliser notre 300e audit technique. »
«On vient de réaliser notre 300e audit technique. » - DR

Créer des start-up fait partie de votre ADN ?

Je suis ingénieur civil des constructions. Pendant trois ans, j’ai travaillé dans la coordination de chantiers d’hôpitaux puis j’ai démissionné et lancé une première start-up active dans le domaine de l’application mobile digitale, Keybate, que j’ai revendue. Quelque temps après, un de mes accompagnateurs du réseau Entreprendre m’a fait savoir qu’il comptait lancer un nouveau concept dans l’immobilier : le contrôle technique de bâtiments. J’ai tout de suite été séduit. C’est autour d’une pizza qu’est née, en octobre 2018, ImmoPass.

En quoi consiste exactement ce contrôle technique immobilier ?

Au départ, notre objectif était de convaincre les agents immobiliers d’effectuer une inspection avant la vente d’une maison pour pouvoir montrer noir sur blanc via un organisme indépendant qu’elle possédait de bonnes qualités techniques. Cela ressemblait un peu au contrôle technique d’un véhicule que l’on doit réaliser pour prouver qu’il est en bon état avant de le vendre.

Le marché a-t-il été réceptif à votre produit ?

Il a été difficile de faire comprendre la valeur de notre produit. Pour les vendeurs, leur maison est la plus belle. Si elle a quelques petits problèmes, ils n’ont pas envie de les mettre en avant. Finalement, on s’est retourné vers les acquéreurs, un marché qui n’est pas non plus évident à aborder car on n’achète généralement qu’une ou deux fois dans sa vie. D’où l’idée de proposer un produit qui s’adresse aux syndics d’immeubles de copropriétés. Un immeuble d’appartements est analysé sur 80 points de contrôle par un architecte qui identifie les problèmes et les travaux à prévoir. On leur donne une priorité et aussi une fourchette budgétaire pour les réaliser. Ce rapport complet d’audit technique qui permet d’analyser les communs d’un immeuble est un outil extrêmement intéressant pour objectiver les prises de décisions en assemblée générale qui sont parfois un peu musclées ! Nous travaillons aujourd’hui avec plus de 65 syndics. On vient de réaliser notre 300e audit technique.

Vous vous êtes d’abord intéressés aux marchés wallon et bruxellois, aujourd’hui c’est au tour de la Flandre ?

Cela fait un an et demi que nous avons commencé à peaufiner notre produit destiné aux copropriétés en Wallonie et à Bruxelles. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une demande identique en Flandre. Une loi est entrée en vigueur au 1er janvier 2019 qui impose à chaque assemblée générale de faire le point sur les travaux extraordinaires qui doivent avoir lieu dans un immeuble afin que les copropriétaires soient conscientisés et prévoient un fonds de réserve. La particularité du marché flamand est qu’il est plus important que celui de la Région wallonne et de Bruxelles. Il est tout aussi vieillissant particulièrement à la côte belge. Il y a moins de syndics mais ils ont des portefeuilles d’immeubles plus importants. Nous avons fait nos premiers essais d’audits techniques et commencé à former et certifier les premiers architectes sur le terrain. Nous avons comme objectif d’effectuer 1.000 audits dont la moitié serait réalisée en Région wallonne et Bruxelles et l’autre en Flandre.

Cet audit technique permet-il d’intégrer le certificat énergétique ?

C’est une particularité du marché flamand. La Flandre a imposé pour fin 2022 que tous les communs des immeubles en copropriété aient un certificat énergétique. Lorsqu’un architecte de notre réseau réalise un audit technique il peut aussi réaliser une certification énergétique.

Avez-vous ressenti les effets de la pandémie ?

On ne va pas cacher que l’on n’a pas été impacté par le Covid. Beaucoup de visites lors d’achats immobiliers ont été suspendues. Et au niveau des copropriétés, les assemblées générales ont été plus difficiles à tenir puis interdites. La décision de faire appel à ImmoPass pour l’audit technique d’un immeuble a été (souvent) reportée alors que septembre et octobre étaient les meilleurs mois de notre existence.

 
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