Tadej Pogacar, Wout van Aert, Remco Evenepoel...: l’année 2020 du cyclisme en chiffres

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2 : Primoz Roglic et Tadej Pogacar

C’est la place au classement par nations de la Slovénie derrière la France et devant la Belgique, deux pays traditionnels du cyclisme. L’exploit est d’autant plus retentissant qu’à titre individuel, Primoz Roglic et Tadej Pogacar occupent les deux premières places de la hiérarchie individuelle officialisée par l’Union cycliste internationale à l’issue du Tour d’Espagne.

Les Slovènes sont seulement 17 dans les rangs professionnels, et 9 d’entre eux évoluent au plus haut niveau : Roglic, Pogacar, Mezgec, Brajkovic, Bole, Polanc, Kump et Tratnik. Roglic, numéro un mondial dans toutes les catégories, lauréat du « Vélo d’Or » est deuxième au classement des victoires individuelles avec 12 bouquets : le classement final et 4 étapes de la Vuelta, Liège-Bastogne-Liège, une étape du Tour, une du Dauphiné, le classement final et deux étapes du Tour de l’Ain, le championnat de Slovénie. Tadej Pogacar, troisième de ce classement dominé par le Français Démare (14 victoires) compte neuf succès, dont le Tour et trois étapes.

4 : Remco Evenepoel

Le nombre de courses par étapes disputées par Remco Evenepoel. Deux avant l’arrêt de la compétition décrété le 15 mars (Tour de San Juan et Tour d’Algarve), deux à la reprise (Tour de Burgos, Tour de Pologne). Particularité : le Brabançon flamand s’est imposé au classement final de ces quatre courses, ce qui constitue un record inégalé en 2020.

4, c’est aussi sa place au classement final des victoires individuelles, avec 9 succès, ce qui en fait le plus jeune classé dans l’histoire du cyclisme contemporain. Il est aussi le plus jeune vainqueur d’une épreuve par étapes du WorldTour (Tour de Pologne), un an après sa première victoire en WT, à la Clasica de San Sebastian où il avait déjà forcément établi, à 19 ans, un premier record. Qu’aurait été la suite de la saison du Belge sans cette effroyable chute dans la descente du Mur de Sormano au Tour de Lombardie ? Le savoir en vie et apte à reprendre la course en 2021 efface très certainement les regrets, même si la Belgique et le monde entier auraient aimé connaître les dispositions du phénomène au Tour d’Italie remporté par un autre « jeune », Tao Geoghegan Hart.

21 : Wout van Aert

Le nombre d’années qu’attendait la Belgique pour fêter la victoire d’un de ses coureurs sur la ligne mythique de la via Roma à Sanremo. Originaire de Moldavie mais ayant choisi la nationalité belge (il faillit être champion du monde pour la Belgique, en 2000, à Plouay), Andreï Tchmil (lauréat en 1999) a salué le succès de Wout van Aert, un pur « Flahute », capable comme son aîné de remporter les trois monuments les plus appréciés, Milan-Sanremo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

Une performance à laquelle s’attaquera encore Philippe Gilbert en 2021 lors de sa 19ème saison puisqu’il ne manque que la « Primavera » à son palmarès astronomique (dont les deux autres monuments, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie). Pour Wout van Aert, le déplacement des classiques italiennes au mois d’août fut une bénédiction puisqu’il s’appropria le prestigieux doublé Strade Bianche- Milan-Sanremo, imitant ainsi des prédécesseurs de renom, Cancellara, Kwiatkowski et Alaphilippe.

33 : Julian Alaphilippe

Comme 33 ans. Un autre vide comblé pour le cyclisme international, français en particulier puisque la France attendait un titre arc-en-ciel depuis 1997 ! Un abysse colossal qui permet aussi de relever l’insuffisance (le désintérêt) du cyclisme français sur les courses d’un jour. Julian Alaphilippe, éduqué au plus haut niveau dans l’équipe Quick Step a saisi à pleins mollets l’occasion qui lui était offerte de polir son diamant au contact des classiques.

Toutes lui sont promises, à condition de ne plus dévier de sa ligne comme à Liège-Bastogne-Liège ou de heurter le porte-bagages d’un motard au Tour des Flandres ou de se faire piéger par van der Poel revenu de nulle part à l’Amstel Gold Race (2019). Strade, Milan-Sanremo, San Sebastian, Flèche wallonne et un titre mondial sont dans son escarcelle. 2021 lui permettra, avec ce beau maillot, d’élargir son palmarès, presque insuffisant par rapport à ses qualités et son équipe. Il doit une revanche, en particulier à Liège, son objectif majeur, qu’il devra cependant partager avec Evenepoel, lors d’une des rares courses où le tandem fort de Deceuninck sera réuni.

L’image la plus télégénique et la plus répercutée sur les réseaux sociaux de la saison 2020 lui appartient en tout cas : son solo vers la ligne d’arrivée d’Imola filmé en travelling alors qu’il fonce sur l’arête d’une colline. Alaphilippe fait enfin des émules, dans son pays, on pense en particulier à Benoît Cosnefroy qui trouvera, chez AG2R, un guide de classe en la personne de Greg Van Avermaet.

0 : Tao Geoghegan Hart

Si Tadej Pogacar a savouré une seule journée son étonnant maillot jaune du Tour lors du défilé sur les Champs Elysées, Tao Geoghegan Hart n’a pas eu ce privilège puisqu’il n’a jamais porté le maillot rose du Giro en course, le conquérant lors de l’ultime journée à l’issue du contre-la-montre fatal à une autre révélation de la saison 2020, l’Australien Jai Hindley (Sunweb). Avec son look de gentleman-farmer, « TGH » a rejoint le cercle des initiales en capitales, très prisées lors de cette saison comprimée : TGH, MVDP, WVA ont ainsi rejoint GVA, traduisez Greg Van Avermaet qui partage avec TGH le chiffre zéro mais dans un sens moins réjouissant puisque le Waeslandien n’a remporté aucune victoire en 2020, s’associant ainsi à son infortuné « meilleur ennemi », Philippe Gilbert, pour la première fois de sa carrière privé de succès au terme d’une saison il est vrai très courte pour lui.

GVA ne pouvait rejoindre dans ces conditions que… AG2R, l’équipe du WorldTour la plus active en termes de recrutement avec Israël-Cycling, qui a très certainement opéré le transfert le plus retentissant de l’hiver en offrant un beau contrat et une dernière chance à Christopher Froome, l’Anglais qui avait inauguré le palmarès britannique du Giro deux ans avant Tao Geoghegan Hart. Dix ans séparent le Londonien (dont on attend avec impatience la confirmation et la gestion d’une association avec Thomas et Bernal) et le « Kenyan blanc » pour qui il n’y avait plus de place chez Ineos. C’est sans doute pour cette raison que son transfert a marqué les esprits, tant Froome a marqué l’histoire de son équipe. Ineos aussi revendique le jeunisme et pas seulement avec Tao Geoghegan Hart. 2021 pourrait en effet être l’année d’une autre révélation, Tom Pidcok, une sorte de van der Poel à la sauce anglaise, capable de grimper (vainqueur du Baby Giro) et d’écraser les pavés et la boue malgré son poids-plume (58 kilos pour 1m57), témoin sa victoire à Paris-Roubaix espoirs en 2019.

7 : Filippo Ganna

C’est le nombre de victoires, chacune dans un chrono, du nouveau champion du monde du contre-la-montre, Filippo Ganna. L’Italien a rendu de jolies couleurs à un cyclisme transalpin vieillissant, à l’image du pâle Nibali. Champion d’Italie, vainqueur de la dernière étape traditionnellement dessinée sur le littoral de San Benedetto Del Tronto à Tirreno-Adriatico, champion du monde, Ganna a triomphé dans les trois grands chronos du Giro. Il n’a été dominé qu’à une seule reprise, cette année, dans sa spécialité : au Tour de San Juan par Remco Evenepoel. Dont on se demande à jamais quelle aurait été son attitude au Giro où son jeune équipier, le Portugais Almeida, en a profité pour afficher un indéniable talent.

Ganna, encore un produit d’Ineos qui n’est pas seulement un rouleur. Capable de partir dans une échappée, de mettre des bouts droits en tête de peloton, le colosse transalpin sera d’une grande utilité au collectif anglais, largement dominé par Jumbo-Visma au Tour. Ineos, qui a recruté un revenant, l’Australien Richie Porte, très à l’aise lui aussi dans les chronos et, surtout, auteur d’un Tour 2020 éblouissant, à 35 ans, avec en guise de récompense une troisième place à Paris derrière les Slovènes. Son ex-employeur Trek n’a pas réussi à le retenir, ce qui donne une indication sur l’offre émise par Ineos pour le rapatrier.

Idem pour Mitchelton qui laissé partir un des jumeaux Yates, Adam, 9ème du Tour. La riposte des « Grenadiers » face aux Jumbo risque d’être incandescente, d’autant que les Anglais ont « chipé » notre compatriote Laurens De Plus aux Néerlandais emmenés par Roglic et Dumoulin…

 
 
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