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«Les Graines des légumes»: le patrimoine vital des semences en danger

Dans le polar « Les Graines des légumes », l’artiste de la Webtoon Factory, Clément C. Fabre et Kapik, attirent l’attention du public sur la nécessité de défendre le patrimoine vital des semences paysannes. Pour Iles de Paix, c’est un élément clé du devenir de nos systèmes alimentaires et de la planète.

Chef du service Culture Temps de lecture: 2 min

Iles de Paix et ses partenaires ont organisé une foire d’information autour des semences, la « Seed and Food Fair  », dans le cadre du programme Kilimo Endelevu, à Karatu, en Tanzanie. L’initiative a réuni plus de 700 participants. De nombreux agriculteurs locaux sont venus y proposer leurs semences, dont certaines étaient extrêmement rares. Un représentant officiel du ministère de l’Agriculture tanzanien a participé à l’événement. Le gouvernement semble désormais conscient de l’intérêt de mieux défendre les semences locales et les agriculteurs qui les utilisent. Dans le webtoon Les Graines des légumes , les auteurs de bande dessinée digitale, Clément C. Fabre et Kapik, attirent l’attention sur l’importance des semences dans le devenir de nos systèmes alimentaires et de la planète.

L’hégémonie des semences industrielles menace directement la biodiversité et l’autonomie paysanne. Ce système oblige les agriculteurs à racheter, chaque année, leurs semences, au lieu de pouvoir les reproduire, les échanger ou les vendre eux-mêmes. Iles de Paix et d’autres ONG n’ont de cesse de rappeler que les semences sont un patrimoine commun de l’humanité. A la différence de leurs rivales industrielles, les semences paysannes ont de grandes capacités d’adaptation aux variations climatiques ou à la nature des sols…

Environ 75 % des variétés cultivées ont déjà disparu depuis le début du XXe siècle, au profit de semences modernes standardisées. En Thaïlande, par exemple, il n’existait pas moins de 16.000 variétés de riz. Il en reste à peine 37 aujourd’hui, dont les deux plus « rentables » focalisent la quasi-totalité de la production. C’est la raison pour laquelle Iles de paix encourage l’autonomie semencière. L’ONG belge privilégie une approche agroécologique, afin de nourrir l’espoir que l’humanité ne voie pas disparaître le dernier plant de tomates comme dans le thriller des Graines des légumes

Clément C. Fabre: «Se plonger dans le monde futuriste absurde qui pourrait se présenter à nous»

Clément C. Fabre et Kapik sont les auteurs des « Graines des légumes ».

Entretien - Chef du service Culture Temps de lecture: 5 min

Clément C. Fabre, l’auteur des Graines des légumes avec le scénariste Kapik, est né à Marseille et vit à Bordeaux depuis deux ans. Enfant discret et réservé, il lisait Astérix, Tintin, Lucky Luke… avant de découvrir tardivement le Spirou de Franquin, puis ceux de Tome & Janry. Il n’a pas fait d’école d’art mais des études de cinéma. Il a bossé un bon moment dans le 7e Art mais ce n’était pas la vie dont il rêvait. Son goût pour le découpage, le jeu des comédiens et la lumière l’a finalement précipité dans les cases de bande dessinée.

Qu’est-ce qui vous a motivé à participer au projet Iles de Paix ?

Je ne suis pas engagé de manière militante dans l’agriculture durable, ce qui ne m’empêche pas de m’être fortement renseigné sur le sujet et d’avoir un avis clair. J’étais donc particulièrement content de pouvoir en parler. J’ai essayé de ne pas me placer en donneur de leçon, et d’évoquer mes convictions sur le sujet de manière détournée.

Comment avez-vous intégré la thématique de l’agriculture durable dans votre monde de webtoons ?

J’ai pensé que pour ce sujet, il serait intéressant de travailler avec mon frère. Même si on n’est pas toujours d’accord sur les solutions, on est totalement d’accord sur les problèmes. Et j’apprécie particulièrement le ton qu’il a su employer. Plutôt que de traiter le sujet de manière frontale, il a choisi de se plonger dans le monde futuriste absurde qui pourrait se présenter à nous. Nous avons opté pour un ton parodique et on espère que ça sera apprécié par les lecteurs !

En Corée, en Chine, au Japon, il existe des formations universitaires aux webtoons, pas en Europe, comment avez-vous appris le métier ?

En France, actuellement, personne ne sait de quoi on parle, quand on prononce le mot webtoon ! Pour ma part je suis tombé dedans avec ma dernière BD, BFF (sur un scénario de Thomas Cadène et Joseph Safieddine). J’ai appris sur le tas et j’ai découvert assez vite qu’il y avait un vrai gouffre entre la narration d’un webtoon et celle d’un roman graphique. Je ne connaissais pas ce format avant de faire le mien, mais j’ai épluché et apprécié tout ce que proposait la Webtoon Factory avant de me lancer.

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans la réalisation d’un webtoon ?

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est dur, parce que c’est une contrainte qui me plaît, mais le rapport à la temporalité n’est pas le même que dans la BD papier. Le fait de ne pas avoir une planche entière sous les yeux a pour conséquence qu’on ne guide pas le regard de la même manière. Tout cela implique une nouvelle approche pour la décomposition de l’action et du mouvement.

Au final, est-ce un art plus proche de la BD, du jeu vidéo, de l’animation, de la série télé, du cinéma ?

J’ai le sentiment que les cases de largeur fixe du webtoon, avec des hauteurs variables, où l’œil n’englobe que peu de dessins à la fois, font qu’on se rapproche de la lecture d’un manga. Ce n’est pas un hasard si la Corée, la Chine et le Japon ont un temps d’avance sur le sujet…

Quel plaisir trouvez-vous dans l’univers des webtoons ?

Il y a un côté « désacralisation » du dessin qui est assez appréciable. On se rapproche d’une forme de pop culture.

Est-il facile de transposer un webtoon en album papier et cela a-t-il du sens pour vous ?

J’espère bien, pour ma part, voir transposer des webtoons sur papier. Malgré le fait que j’apprécie le format webtoon, il est difficile de passer outre l’envie d’un livre et d’une trace plus durable. Mais ça nécessite un gros travail de redécoupage et de maquettage. Certains dessins, voir des séquences entières n’auront plus leur place. Et inversement, il n’est pas impossible qu’il faille redessiner des éléments ou étirer des séquences pour caser un webtoon dans un album classique.

Combien de séries avez-vous à votre actif et quels sont vos univers, vos héros ?

J’ai publié un livre jeunesse et cinq bandes dessinées de type roman graphique. Mon dernier gros projet, Le Chantier , raconte l’histoire de Flora, une jeune architecte en charge de son premier chantier, et confrontée à des clients plutôt exigeants.

Un jeune auteur peut-il vivre aujourd’hui de la création de webtoons ?

Je ne me permettrais pas de parler pour tout le monde car nous avons peu de recul sur ce format en France. Pour ma part, sur un temps de travail similaire, j’ai été payé d’une manière relativement équivalente à un projet papier. La vraie question est plus largement, peut-on vivre de la bande dessinée. Et ça, ce n’est pas évident. Malgré tous les mouvements sociaux et toutes les tentatives de négociations par les syndicats et associations de défense des auteurs, plus d’un tiers des créateurs vivent sous le seuil de pauvreté. C’est un milieu artistique qui est très peu aidé par les pouvoirs publics.

Quels sont les débouchés, en dehors de la Webtoon Factory ?

Je sais qu’il existe au moins une plateforme concurrente, mais j’imagine qu’il y en aura de plus en plus. Et je pense surtout qu’on ne devrait pas trop cloisonner les supports. Les webtoons sont un nouveau mode de diffusion pour les auteurs de BD et on va, peu à peu, se l’approprier. Faire un webtoon n’empêche pas de faire une BD papier, et inversement.

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