Accueil Iles de paix

Teo et Guy: «Pablo est employé dans une multinationale de junk food»

Teo et Guy sont les auteurs de « Urban Farming ».

Entretien - Chef du service Culture Temps de lecture: 3 min

Teo est italien mais sa maman est belge et il habite à Bruxelles. Guy vit en Israël. Ils ont signé ensemble Urban Farming . Teo est un fidèle du Chat de Philippe Geluck, que sa mère lui a fait découvrir après les aventures d’Oncle Picsou ou de Donald Duck. Guy était plutôt Peanuts et Charlie Brown, ou Far Side. Tous les deux avaient en commun un amour immodéré pour l’humour existentiel de Calvin & Hobbes. Teo a appris le dessin en solo. Guy est sorti de l’option animation de la prestigieuse Bezalel Academy of the Arts de Jerusalem.

Quels sont les principaux défis à relever pour créer un bon webtoon ?

Guy : Il faut maintenir un rythme serré de narration. Les webtoons sur smartphone sont en compétition avec Youtube, Netflix… On ne peut pas s’attendre à trop de patience de la part des lecteurs. Vous pouvez déjà voir une énorme diversité de thèmes et styles sur Webtoon Factory. Il y a des séries strictement biographiques, un peu « travelogue », comme La Vie en Grey, de la satire surréaliste à la Simpsons, comme Boomer Le Dino. Avec les changements de format nécessaires on peut employer les mêmes styles que la BD traditionnelle et bien plus !

Teo : Il y a le plaisir du contact direct avec le public. Pouvoir publier un épisode et voir tout de suite leur réaction, voir si les lecteurs les plus fidèles ont capté les détails les plus cachés… cette interaction immédiate n’est pas possible avec la BD traditionnelle. Ensemble, nous avons réalisé deux séries pour Webtoon Factory : Noah vs Nature, l’histoire fantastique d’un groupe d’enfants, coincés dans une forêt mystérieuse sans issue et sans fin, et Imaginary Dave, avec un enfant qui doit découvrir d’où il est venu et pourquoi. Aux Etats-Unis, pour la société Webtoon, on réalise My Dictator Boyfriend, les amours prohibées entre un dictateur et son bodyguard…

Aviez-vous lu des webtoons, avant d’en créer vous-mêmes ?

Teo  : J’étais déjà fan, et je le reste, des comics Américains connus sur internet, comme Bluechair, Deathbulge, Extra Fabulous Comics, Saturday Morning Breakfast Cereal.

Guy  : On a les mêmes goûts ! J’ajoute War and Peas, Doodle for Food, Safely Endangered, Mr Lovenstein…

Créateur de webtoons, ce peut être un vrai métier à plein-temps ?

Guy et Teo : Pour le moment on y arrive mais sans beaucoup de stabilité. Il faut avoir plusieurs projets en même temps pour être sûr de pouvoir en vivre. Il est difficile de savoir si l’on pourra faire carrière dans le webtoon en Europe. Dans le monde anglophone, il y a plus de débouchés avec les plateformes Webtoon et Tapas, par exemple. Nous faisons partie d’une communauté de créateurs de webtoons online avec des confrères anglophones. Le webtoon est encore une jungle un peu sauvage, où l’on s’entraide beaucoup, en échangeant des conseils, des opportunités professionnelles, ses joies et ses frustrations…

Pourquoi vous êtes-vous engagés dans le projet de webtoons des Iles de paix ?

Teo  : Le sujet nous a tout de suite plu avec cette possibilité de donner un message positif d’initiative communautaire, à la fin d’une année pas très encourageante. Et j’avais hâte d’être publié dans Le Soir, un journal que ma mère lit souvent !

Le déclic du scénario de « Urban Farmer » est venu facilement ?

Guy et Teo : Après avoir choisi le sujet, l’horticulture urbaine, on s’est demandé quel personnage aurait la motivation de se plonger dans cette aventure ? La réponse était que ce serait quelqu’un qui chercherait à mettre fin à l’aliénation de la machine capitaliste. On a pensé à Pablo. Il est employé dans une multinationale de junk food. On lui a adjoint un mentor pour l’accompagner vers son nouveau monde, Rosa. Le reste s’est mis en place naturellement.

Teo et Guy: «Pablo est employé dans une multinationale de junk food»

Teo et Guy sont les auteurs de « Urban Farming ».

Entretien - Chef du service Culture Temps de lecture: 3 min

Teo est italien mais sa maman est belge et il habite à Bruxelles. Guy vit en Israël. Ils ont signé ensemble Urban Farming . Teo est un fidèle du Chat de Philippe Geluck, que sa mère lui a fait découvrir après les aventures d’Oncle Picsou ou de Donald Duck. Guy était plutôt Peanuts et Charlie Brown, ou Far Side. Tous les deux avaient en commun un amour immodéré pour l’humour existentiel de Calvin & Hobbes. Teo a appris le dessin en solo. Guy est sorti de l’option animation de la prestigieuse Bezalel Academy of the Arts de Jerusalem.

Quels sont les principaux défis à relever pour créer un bon webtoon ?

Guy : Il faut maintenir un rythme serré de narration. Les webtoons sur smartphone sont en compétition avec Youtube, Netflix… On ne peut pas s’attendre à trop de patience de la part des lecteurs. Vous pouvez déjà voir une énorme diversité de thèmes et styles sur Webtoon Factory. Il y a des séries strictement biographiques, un peu « travelogue », comme La Vie en Grey, de la satire surréaliste à la Simpsons, comme Boomer Le Dino. Avec les changements de format nécessaires on peut employer les mêmes styles que la BD traditionnelle et bien plus !

Teo : Il y a le plaisir du contact direct avec le public. Pouvoir publier un épisode et voir tout de suite leur réaction, voir si les lecteurs les plus fidèles ont capté les détails les plus cachés… cette interaction immédiate n’est pas possible avec la BD traditionnelle. Ensemble, nous avons réalisé deux séries pour Webtoon Factory : Noah vs Nature, l’histoire fantastique d’un groupe d’enfants, coincés dans une forêt mystérieuse sans issue et sans fin, et Imaginary Dave, avec un enfant qui doit découvrir d’où il est venu et pourquoi. Aux Etats-Unis, pour la société Webtoon, on réalise My Dictator Boyfriend, les amours prohibées entre un dictateur et son bodyguard…

Aviez-vous lu des webtoons, avant d’en créer vous-mêmes ?

Teo  : J’étais déjà fan, et je le reste, des comics Américains connus sur internet, comme Bluechair, Deathbulge, Extra Fabulous Comics, Saturday Morning Breakfast Cereal.

Guy  : On a les mêmes goûts ! J’ajoute War and Peas, Doodle for Food, Safely Endangered, Mr Lovenstein…

Créateur de webtoons, ce peut être un vrai métier à plein-temps ?

Guy et Teo : Pour le moment on y arrive mais sans beaucoup de stabilité. Il faut avoir plusieurs projets en même temps pour être sûr de pouvoir en vivre. Il est difficile de savoir si l’on pourra faire carrière dans le webtoon en Europe. Dans le monde anglophone, il y a plus de débouchés avec les plateformes Webtoon et Tapas, par exemple. Nous faisons partie d’une communauté de créateurs de webtoons online avec des confrères anglophones. Le webtoon est encore une jungle un peu sauvage, où l’on s’entraide beaucoup, en échangeant des conseils, des opportunités professionnelles, ses joies et ses frustrations…

Pourquoi vous êtes-vous engagés dans le projet de webtoons des Iles de paix ?

Teo  : Le sujet nous a tout de suite plu avec cette possibilité de donner un message positif d’initiative communautaire, à la fin d’une année pas très encourageante. Et j’avais hâte d’être publié dans Le Soir, un journal que ma mère lit souvent !

Le déclic du scénario de « Urban Farmer » est venu facilement ?

Guy et Teo : Après avoir choisi le sujet, l’horticulture urbaine, on s’est demandé quel personnage aurait la motivation de se plonger dans cette aventure ? La réponse était que ce serait quelqu’un qui chercherait à mettre fin à l’aliénation de la machine capitaliste. On a pensé à Pablo. Il est employé dans une multinationale de junk food. On lui a adjoint un mentor pour l’accompagner vers son nouveau monde, Rosa. Le reste s’est mis en place naturellement.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Iles de paix

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs