La féministe saoudienne Loujain al-Hathloul condamnée à 5 ans et 8 mois de prison

Loujain al-Hathloul.
Loujain al-Hathloul. - FB/AFP.

Emprisonnée depuis le 15 mai 2018, la militante féministe saoudienne Loujain al-Hathloul, 31 ans, a été condamnée lundi à cinq ans et huit mois de prison, a-t-on appris ce matin. Elle a été condamnée par une cour spécialisée dans les affaires anti-terroristes. La justice saoudienne lui reprochait « le partage d’informations sur les droits des femmes en Arabie Saoudite avec des journalistes basés en Arabie Saoudite, des militants saoudiens à l’étranger, des diplomates, des organismes internationaux et des organisations de défense des droits de l’homme ».

Sur les 68 mois de condamnation, la moitié a été assortie d’un sursis, ce qui situe sa libération dans deux mois. Elle sera ensuite interdite de voyage à l’étranger pendant cinq années. Loujain est également tenue de purger trois ans de probation au cours desquels elle pourrait être arrêtée pour toute activité illégale. Elle peut faire appel de sa condamnation et le procureur dispose de la même possibilité. Ces précisions sont données par sa sœur Lina sur ses comptes Facebook et Twitter.

Parmi la dizaine de militantes saoudiennes poursuivies par les autorités de leur pays ces dernières années, Loujain al-Hathloul était devenue la plus emblématique. Ses combats pour les droits des femmes – pour les droits humains en général également – ont commencé il y a bien longtemps puisqu’elle fut déjà arrêtée une première fois en 2014 pour avoir conduit une automobile, ce qui était alors interdit en Arabie saoudite. Ironiquement, c’est quelques semaines après sa dernière arrestation, en 2018, que les Saoudiennes ont obtenu le droit de conduire…

Son incarcération, depuis lors, s’est très mal passée, puisqu’elle a subi des tortures, sexuelles et à l’électricité. Parmi les contacts « avec l’étranger » qu’on lui reproche figurent probablement des interviews – comme celle qu’elle nous accorda à Bruxelles le 26 juin 2017 – et ses accointances avec l’ONG Amnesty International, qu’elle ne dissimulait pas.

L’Arabie saoudite fait partie des pays au monde où les droits de l’homme sont bafoués avec une constance jamais prise en défaut. L’arrivée de facto au pouvoir de Mohamed Ben Salmane, le prince héritier, en 2015, avait suscité de grands espoirs de progrès puisque « MBS » annonçait des réformes en profondeur. Les droits humains, visiblement, n’en faisaient pas partie.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous