Elu pilote de l’année, Stoffel Vandoorne n’attend plus rien de la F1: «Je suis devenu fataliste»

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Point de remise des prix somptueuse, cette année. La fête qui réunit d’habitude des centaines d’acteurs du sport automobile, qu’ils soient pilotes ou organisateurs, dans un des palais du Heysel n’a pas eu lieu pour les raisons que vous imaginez. Dommage. On ne saura pas si l’un des habituels animateurs de la soirée maîtrise enfin la différence entre Vandoise et Vanthoor.

La cérémonie en version digitale, programmée ce mardi soir, a consacré l’une des références belges et, sans doute pour un très long moment, notre meilleur représentant en monoplace. Ainsi, le jury des journalistes belges du sport automobile a voté pour Stoffel Vandoorne pour la 4e fois. Thierry Neuville, qui a remporté le Monte-Carlo en janvier et terminé 4e du championnat WRC, finit sur la 2e marche du podium loin devant Laurens Vanthoor, l’un des héros des 24 Heures de Francorchamps.

« C’est une récompense qui fait plaisir », nous confiait Vandoorne. « Nous venons d’en finir avec une saison particulièrement difficile. Le sport auto a beaucoup souffert de cette crise sanitaire. Comme toutes les disciplines, le calendrier en Formula E a dû se réinventer. Je suis très fier d’avoir remporté la dernière course à Berlin ; ce qui m’a permis de terminer ce championnat au 2e rang. Cette victoire, je l’ai longuement savourée. La dernière fois que je m’étais imposé, c’était en octobre 2016, lors d’une course de Super Formula au Japon. J’en avais perdu le goût du champagne. »

Stoffel Vandoorne fut aussi le héros malheureux de la fin de saison en Formule 1. Toute la Belgique du sport automobile croyait dur comme fer que notre compatriote allait remplacer Lewis Hamilton, déclaré positif au coronavirus juste avant le GP de Sakhir. C’est pourtant George Russel, un pilote Mercedes mais sur une poussive Williams, qui est monté dans la meilleure F1 du paddock.

« C’est vrai que j’étais un peu frustré de ne pas saisir cette opportunité », admettait le Belge. « J’ai passé tant d’heures dans le simulateur Mercedes, consacré beaucoup de mon temps à m’entraîner pour être prêt le jour où on me solliciterait. D’un autre côté, je n’ai jamais espéré qu’un pilote Mercedes tombe malade pour le remplacer. Mais les responsables de l’équipe ont été clairs avec moi. Quand ils m’ont prévenu que Lewis ne disputerait pas ce Grand Prix, ils ne m’ont pas dit que je roulerais dans sa F1. Avant de monter dans l’avion pour Bahreïn, je savais que je ne participerais pas au Grand Prix. »

Le Courtraisien, qui a toujours eu les pieds sur terre, en retire les leçons qui s’imposent : « Je suis devenu fataliste. Pas question d’être obsédé par un éventuel retour en Formule 1. S’il n’arrive pas, cela ne changera pas ma vie. »

Pense-t-il en être frustré pour autant ? « Pas question ! Ce serait le pire scénario. La frustration ne permet pas d’avancer dans la vie. Ma force, au contraire, c’est de pouvoir tourner la page. Je sais que je ne peux rien changer à la situation actuelle. J’ai le sentiment d’avoir tenté de mettre toutes les chances de mon côté pour faire une carrière en F1. Il se fait que le timing n’était pas le meilleur quand j’ai débarqué chez McLaren. C’est la vie. »

Voilà donc l’homme bien décidé à se focaliser sur ce championnat de voitures qui ne font pas de bruit… « Franchement, c’est une des disciplines les plus compétitives que j’aie rencontrées », insiste notre interlocuteur. « Pour parvenir à un bon résultat, il faut réunir une multitude de détails. Le format des événements avec un meeting ramassé en une seule journée a compliqué la donne. Par contre, cette saison particulière nous a également aidés. Lors de la longue interruption provoquée par le confinement, notre équipe a pu prendre le temps d’analyser toutes les données rassemblées jusque-là. Ce qui n’aurait pas été possible en temps normal. Ainsi, nous avons pu aborder les derniers meetings avec des réglages plus efficaces. Ce qui s’est traduit par la pole et la victoire lors de la dernière course. »

De bon augure pour la prochaine saison déjà retardée puisque le meeting de Santiago (Chili) n’aura pas lieu fin janvier comme c’était prévu ? « C’est difficile à dire », avance prudemment le ‘Driver of the Year 2020’. « La constance sera un élément déterminant. Il faudra saison toutes les opportunités. Ce qui nous a manqué cette année. Pour cette prochaine saison, notre monoplace sera une évolution de la version 2020 plutôt qu’une nouvelle voiture. Nous n’allons pas effectuer des modifications révolutionnaires. Mais, pour l’instant, je ne sais quand la saison commencera. Le meeting chilien est reporté, pas annulé. » C’est déjà ça.

 
 
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