Brexit: les passagers de l’Eurostar confrontés aux premiers changements

Brexit: les passagers de l’Eurostar confrontés aux premiers changements

Une drôle de surprise attendait les passagers de l’Eurostar en provenance de Londres vendredi à leur arrivée sur les quais de la gare du Nord: les premiers contrôles douaniers sur les marchandises, une des conséquences du Brexit devenu définitif depuis minuit.

«Dans les premières journées du Brexit, il y aura énormément de pédagogie, d’explications. On va progressivement accoutumer les voyageurs à ces services et ces contrôles», explique à l’AFP le directeur interrégional des douanes Ile-de-France, Jean-Roald L’Hermitte.

Des contrôles supplémentaires

Si l’accord commercial conclu in extremis entre Londres et Bruxelles ne prévoit ni quota ni droits de douane et évite un «no deal» dévastateur, le bouleversement est réel. La libre circulation permettant aux marchandises et aux personnes de passer sans entrave la frontière est révolue — sauf entre l’Espagne et l’enclave britannique de Gibraltar, ainsi qu’entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Ainsi, depuis le 1er janvier, les voyageurs arrivant du Royaume-Uni pourront être soumis à des contrôles en quantité sur l’alcool et le tabac et en valeur pour les autres marchandises. «Mais ces contrôles ne provoqueront pas de ralentissement majeur des flux», assure M. L’Hermitte en précisant qu’ils ne viseront pas chaque voyageur.

Les résidents britanniques au départ de Paris pourront quant à eux bénéficier de la détaxe des marchandises achetées dans l’Union européenne (UE), avec le remboursement de la TVA sur leurs achats excédant le seuil de 100 euros.

Des nouvelles règles

Quinze minutes avant l’entrée en gare du Nord du premier Eurostar post-Brexit, à 12h47 à Paris, une dizaine d’entre eux s’affairent: un peu d’impatience, des sourires et la mise en place de tables pour contrôler les bagages des voyageurs.

Les premiers passagers descendent du TGV d’un pas pressé, certains doivent s’arrêter au stand des douaniers, qui leur expliquent les nouvelles règles.

«En arrivant, ils m’ont demandé si j’avais de la marchandise, de la nourriture à hauteur de 300 euros. Si c’était le cas, je devais payer des taxes», raconte Stéphanie Bapes, une Française de 35 ans qui vit à Londres.

«Comme tous les Français, je ramène de la viande, du fromage ou du vin quand je rentre à Londres. Maintenant, la viande sera interdite dans les bagages et il va falloir faire attention à ce qu’on ramène et vérifier sur le site du gouvernement. Pour le retour, je ne ramènerai rien du coup, c’est foutu», soupire-t-elle.

Outre la viande, le lait et les produits laitiers seront également proscrits, à quelques exceptions près. Les fleurs, fruits, légumes et plantes seront eux soumis à un contrôle phytosanitaire à leur entrée dans l’UE.

«Je rentre une fois par an, je n’étais pas censée rentrer pour les fêtes. J’ai eu une urgence. J’ai pris mon billet à la dernière minute, avec un test (de dépistage du Covid) à 200 livres (environ 225 euros), plus le billet qui coûte une blinde et les douanes...», résume Stéphanie Bapes. «Là, on commence à sentir le Brexit».

A Londres, les passagers du premier train en provenance de Paris, arrivé à 14h39, quittaient tranquillement une gare St Pancras aux magasins fermés.

«Ce qui a changé, c’est de savoir ce qu’on doit faire», résume Mathilde Allemand, 35 ans, infirmière puéricultrice à Londres où elle vit depuis sept ans. Avant le départ, «j’ai mis une heure à tout vérifier, parce qu’il y a la pandémie et le Brexit».

 
 
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