«Pire que le Watergate», «abus de pouvoir»: les États-Unis choqués par la tentative de Trump de changer les résultats des élections

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Donald Trump a urgé samedi, au cours d’une exceptionnellement longue conversation téléphonique, le secrétaire d’Etat de Géorgie, Brad Raffensperger, à revoir les résultats des élections présidentielles dans sa zone, rapporte le Washington Post.

Un enregistrement qui a évidemment choqué de l’autre côté de l’Atlantique. Pour Carl Bernstein, le journaliste qui a révélé le Watergate et conduit à la démission de Nixon, cet enregistrement est « du jamais vu », quelque chose « de bien pire que le Watergate ».

La Vice-présidente élue Kamala Harris a également fait référence à l’enregistrement dans un meeting démocrate en évoquant « la voix du désespoir » en ajoutant qu’il « s’agissait d’un abus de pouvoir audacieux, dégarni et sans vergogne de la part du président des États-Unis ».

Le sénateur démocrate Richard J. Durbin a qualifié le président de « déséquilibré et dangereux » ajoutant que les alliés du républicain « mettent en danger la transition ordonnée et pacifique du pouvoir dans notre nation ».

Le républicain Paul D. Ryan, ancien président de la Chambre, a jugé cette action « d’acte antidémocratique et anticonservateur », le plus antidémocratique qu’il puisse imaginer.

Un peu plus tard dans la soirée de ce dimanche, dix anciens chefs du Pentagone ont plaidé pour une transition pacifique du pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden.

Rappel des faits

En des termes peu équivoques, Trump a urgé le membre de son parti « à lui trouver suffisamment de voix » et à « recalculer » le résultat. Selon le Washington Post, l’actuel président a tour à tour tenté l’humour, la supplication mais aussi la menace, affirmant que Raffensperger prenait un « grand risque » s’il ne répondait pas à sa demande.

« Je veux juste ceci. Je veux juste trouver 11.780 votes, ce qui est une de plus que ce (dont nous avons besoin), parce que nous avons remporté l’Etat. (…) Il n’y a aucune chance que j’aie perdu la Géorgie. Nous avons gagné avec plusieurs centaines de milliers de voix », a-t-il répété.

Pendant la conversation, Raffensperger a tenté de dire au président qu’il s’appuyait sur des théories du complot et de fausses informations, et que l’élection de Joe Biden était avérée. « Nous pensons que les résultats sont corrects. »

 
 
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