L’arbitrage au féminin: après Stéphanie Frappart, Edina Alves écrit l’histoire (vidéos)

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«  C’est un rêve de participer à un tel événement », déclare-t-elle au lendemain de sa convocation pour la compétition où elle pourrait avoir à arbitrer les stars du Bayern Munich, vainqueurs de la dernière Ligue des champions.

C’est un nouveau pas franchi pour l’arbitrage féminin, deux mois après la désignation inédite de la Française Stéphanie Frappart pour arbitrer la rencontre de Ligue des champions Juventus Turin-Dynamo Kiev (3-0) le 2 décembre.

Et c’est une consécration pour Edina Alves (40 ans) qui a passé une partie de sa jeunesse à remplir dès l’aube des sacs de terre dans une pépinière pour payer ses études d’Education physique.

« J’ai travaillé très dur. Ça fait vingt ans que je suis arbitre et je me suis toujours préparée au mieux pour le jour où une telle opportunité allait se présenter », poursuit-elle.

Avec ses assistantes Neuza Back et Mariana de Almeida, elle pourra écrire une nouvelle page d’histoire dans un sport encore jugé comme très machiste.

La Suisse Esther Staubli et l’Uruguayenne Claudia Umpiérrez avaient déjà arbitré des tournois masculins de la Fifa, mais dans les catégories de jeunes (Mondial des moins de 17 ans).

Au Qatar, Edina Alves sera la seule femme parmi les sept arbitres principaux convoqués pour le Mondial des clubs, compétition qui oppose sept champions continentaux dans une épreuve à élimination directe.

Vocation

« Il y a encore beaucoup de boulot à accomplir, nous avons plein d’entraînements et d’examens physiques prévus », raconte cette jeune femme qui garde le sourire même quand elle donne des cartons jaunes dans des matches de première division masculine.

Née à Goioerê, dans une zone rurale de l’Etat du Parana (sud), près de la frontière avec le Paraguay, Edina Alves a débuté sa carrière d’arbitre professionnelle en 2000, après avoir joué au futsal pendant plusieurs années.

Chez elle, peu de filles jouaient au foot. Comme il était compliqué de trouver onze joueuses pour des tournois sur grand terrain, Edina s’est naturellement tournée vers le futsal, qui se joue à cinq.

« Je jouais dans l’équipe de la ville mais il n’y avait pas de foot féminin professionnel dans la région », déplore-t-elle.

En 1999, alors que la jeune femme travaille la journée et suit des cours du soir, une invitation va changer sa vie : appelée en renfort pour être assistante lors d’un match amateur, elle a son premier contact avec l’arbitrage. Une vocation est née.

Après avoir alterné pendant 14 ans les fonctions d’arbitre principale et assistante, Edina Alves s’est définitivement établie au centre du terrain en 2014.

En mai 2019, elle est devenue la première femme à arbitrer un match de l’élite masculine au Brésil depuis 2005, lors de la rencontre du Brasileirao entre CSA et Goias.

Lignée de pionnières

Depuis, cette arbitre chevronnée compte 13 chocs de première division à son actif.

Et lors du Mondial féminin de 2019, en France, Edina Alves a officié durant quatre rencontres, dont la demi-finale entre l’Angleterre et les Etats-Unis (victoire 2-1 des Américaines).

« La Fifa ne prend pas en compte le genre, seulement les capacités. C’est le foot au plus haut niveau et toutes les femmes sont prêtes à répondre présent », lance l’arbitre, qui s’inscrit dans une lignée de pionnières au sifflet.

Outre Stéphanie Frappart, qui avait aussi arbitré la Supercoupe d’Europe masculine 2019 entre Liverpool et Chelsea (2-2 a.p., 5-4 t.a.b.), la Suissesse Nicole Petignat avait déjà officié dans une rencontre de Coupe de l’UEFA (ancêtre de la Ligue Europa) en 2003.

Et l’Allemande Bibiana Steinhaus avait été la première à arbitrer dans un grand championnat masculin en Europe, la Bundesliga, en 2017.

Mais Edina Alves ne veut pas s’arrêter là et rêve déjà des Jeux olympiques de Tokyo cet été, où sont prévus des tournois masculin et féminin en football.

« Tout le monde veut y aller et je travaille dur pour ça », confie-t-elle.

 
 
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