Le Portugal ne lâche pas l'ambition de débloquer l'accord UE-Mercosur

"C'est notre devoir", a expliqué jeudi le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Silva. "Nous avons dit à nos amis du Brésil, d'Argentine, du Paraguay et d'Uruguay qu'après deux décennies de négociations, nous étions prêts à conclure un accord".

Depuis que les deux parties ont annoncé avoir un accord politique, la concrétisation de l'accord coince. Il devait être finalisé et traduit dans toutes les langues officielles avant de passer à la ratification. Mais après environ 20 ans de négociations, le texte est décrié de toutes parts, par exemple par les organisations de défense de l'environnement et des droits de l'homme. On s'inquiète de la déforestation de l'Amazonie, ou encore de la favorisation d'une agriculture intensive. En Belgique aussi, il y a des réticences, entre autres du côté des agriculteurs qui redoutent un afflux de viande bovine bon marché.

Le parlement wallon a déjà adopté l'an dernier une motion exprimant le désaccord du sud du pays avec le texte en l'état. Le parlement européen a lui aussi déjà rejeté la perspective d'une ratification.

Après l'Allemagne, qui présidait le Conseil de l'UE jusque fin décembre, c'est désormais le Portugal qui a repris ce dossier dans ses priorités.

Selon le ministre Augusto Silva, l'accord respecte les "exigences de base" en termes de droits des travailleurs, protection environnementale et concurrence. Lisbonne tentera donc de rassembler les 27 en faveur du texte durant ses six mois de présidence qui viennent de débuter.

Le Premier ministre Antonio Costa a indiqué à la presse, jeudi également, qu'il s'agissait pour lui d'un des accords les plus importants que l'UE négocie pour le moment. "Nous devons rester ouverts sur le monde", a-t-il assuré. "Ne confondons pas autonomie stratégique et protectionnisme".

L'accord supprimerait une grande part des droits de douane sur les exportations européennes vers le Mercosur, et des droits d'importation des produits brésiliens, argentins et autres dans l'UE.

 
 
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