Matthias Casse au Masters de Doha: «Je sais que je peux battre n’importe qui»

Photonews
Photonews

À travers l’écran d’un ordinateur permettant un contact Zoom avec une presse belge de plus en plus empressée, son visage souriant trahit une forme d’impatience. Deux mois après son podium européen, à Budapest (le bronze au bout d’une finale haletante contre un autre Belge, Sami Chouchi), Matthias Casse retrouvera la compétition dans quelques heures, à Doha. Sur les tatamis qataris, il remettra en jeu le titre du Masters 2019 (Quingdao) et surtout, ouvrira de manière concrète un programme 2021 qui doit le mener au sommet de son art en juillet prochain, à Tokyo. Car les JO sont l’objectif prioritaire du judoka d’Hemiksem, leader mondial de sa catégorie (-81 kilos), vice-champion du Monde (Tokyo) et lauréat du Grand Chelem de Paris la saison dernière.

« Combattre au Japon, où l’esprit du judo est si vivant, et briguer une médaille olympique plus de quarante ans après Robert Van de Walle, tout cela me donne déjà le frisson. Les Jeux, c’est évidemment mon but ultime », celui qui donne un sens aux efforts de damné consentis à l’entraînement ces derniers mois, dans des circonstances sanitaires qui limitent forcément les possibilités et la liberté d’action. « J’ai récemment pu participer à un petit stage en Autriche, où j’ai partagé les séances d’adversaires suédois, croates, suisses, slovaques… Pas forcément la concurrence la plus rude mais qu’importe, j’étais avant tout heureux de briser la routine de sept mois précédents, où j’avais été limité aux quatre mêmes compagnons d’entraînement, dans cette fameuse bulle de cinq. Mentalement, cette séquence à l’étranger m’a fait beaucoup de bien. »

Un grand rendez-vous par mois jusqu’aux JO

Arrivé dans le golfe Persique dans la nuit de vendredi à samedi, il arbore toujours un bracelet rouge au poignet, qui lui interdit de quitter l’hôtel dans l’attente des résultats du test subi quelques heures plus tôt. « J’espère qu’il va vite devenir vert, pour que je puisse me focaliser sur le tournoi ». Ce Masters où la concurrence sera forcément très relevée puisqu’il regroupe les 36 meilleurs judokas de chaque catégorie. « J’ai désormais acquis la conviction que je suis capable de battre n’importe qui dans ma catégorie » assure l’Anversois. « Je veux surtout sentir et soutenir le rythme du haut niveau, ce sera d’ailleurs mon ambition lors de chaque rendez-vous fixé jusqu’à l’été prochain. Je suis jeune (23 ans), je peux faire face aux exigences d’un grand tournoi par mois. » Après Doha, il devrait ainsi s’aligner aux Grands Chelems de Tel Aviv (18-20/02), Tachkent (5-7/03) et Paris (8-9/05), sans omettre évidemment l’Euro de Lisbonne (16-18/04) et les Mondiaux de Budapest (6-13/06), six semaines avant les JO de Tokyo.

Un semestre qui, sans doute, sera également marqué par le vaccin. Comment se positionne-t-il dans le débat récemment ouvert par le CIO, qui met la pression sur chaque comité national pour une campagne de vaccination rapide ? « La décision ne m’appartient pas mais à titre personnel, si je le peux, je me ferai vacciner, le plus tôt possible. Je suis étudiant en chimie, attentif aux arguments de la communauté scientifique, j’ai confiance en ce dispositif de protection. »

Du lundi 11 au mercredi 13 janvier, cinq Belges seront en lice à Doha : Matthias Casse donc mais aussi Sami Chouchi et Jorre Vertsraeten pour les messieurs ; Charline Van Snick et Gabriella Willems côté féminin. « Nous avons tous les cinq de réelles chances d’accession au podium » estime Matthias Casse, accompagné à Doha du coach de la Ligue flamande Mark van der Ham.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous