La RTBF pleinement tournée vers le digital après une année sous le signe du coronavirus

L’administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot devant le Collège d'autorisation et de contrôle du CSA, le 14 janvier 2020.
L’administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot devant le Collège d'autorisation et de contrôle du CSA, le 14 janvier 2020. - Photo News

Après une année marquée par l’empreinte du coronavirus, la RTBF s’est prévalue mardi de la créativité mise à profit en 2020, soulignant s’être tournée encore davantage, avec succès, vers le digital.

Ainsi, en 2020, 51,8 % de la population (âgée de plus de 12 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles) a été en contact avec les médias digitaux de la chaîne publique (Auvio, applications, réseaux sociaux et web). Cela représente un total de 2,2 millions d’internautes par mois, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2019. « Une tendance pérenne, pas juste due au confinement », a assuré Xavier Huberland, directeur général du pôle Médias du service public.

Plan #Restart

La RTBF a également mis en avant son plan #Restart, lancé en mai 2020, qui a permis l’émergence de plus de 100 initiatives permettant d’apporter du soutien au secteur culturel et artistique, aux artisans locaux et aux acteurs du tourisme (« Tarmac », « Tout l’Bazart » ou encore « 1 semaine sur 2 »).

« Treize millions investis lors d’une année où les médias ont généralement fait des économies. Nous avons suivi la politique attendue par un média public, à savoir contre-cyclique : au moment où l’espace économique et culturel se rétrécit, nous investissons et nous amplifions l’espace culturel au travers de nos plates-formes », a souligné l’administrateur général Jean-Paul Philippot.

Suivis par 3,9 millions de téléspectateurs, ces projets seront complétés par une cinquantaine d’autres en 2021 « pour continuer à mettre en valeur notre patrimoine local et culturel », souligne-t-on à Reyers.

« Accélération de toutes les mutations numériques »

À ce propos, M. Philippot a d’ailleurs exhorté les politiques à agir alors que le « paysage local est réduit comme jamais » et que l’on assiste à « une accélération de toutes les mutations numériques », évoquant « un moment charnière dans l’évolution du cadre régulatoire du paysage médias au sens large ». « Il va falloir de la volonté politique et de l’intelligence collective pour arrêter de détruire de la valeur culturelle et économique locale et européenne », regrette-t-il. Selon les chiffres de 2018-2019, toute la croissance de l’investissement publicitaire de 39 annonceurs « s’est faite au bénéfice d’acteurs internationaux non-belges. C’est ce que j’appelle détruire de la valeur économique sur le plan local et européen. Et ces acteurs n’ont pas investi dans le paiement de droits d’auteurs ou dans de la création de production médiatique locale, c’est de l’appauvrissement culturel », a-t-il encore déploré appelant à un cadre « adapté » sans pour autant tomber dans le vice du protectionnisme.

Télé et radios à la hausse

En télévision, les chiffres sont également en hausse. Après avoir enregistré une moyenne de part d’audience de 24,9 % en 2019, celle-ci monte à 26,9 % l’an dernier, en hausse sur les quatre chaines (La Une, Tipik, La Trois et Ouftivi). Tipik plus spécifiquement, la nouvelle marque TV radio et web lancée en septembre pour toucher la génération des millénials, en remplacement de La Deux et Pure, affiche 5,2 % de part d’audience pour la chaîne télé. Si cela met « un peu de temps pour installer la nouvelle offre de Tipik, les premiers signes sont encourageants », a concédé M. Huberland.

Dans la même lignée, les radios de la chaîne publique (La Première, Vivacité, Musique3, Classic21 et Pure) sont aussi en augmentation, affichant une part d’audience totale de 39,6 % (+5,2 points de pourcentage).

Pour 2021, l’antenne mise notamment sur l’investiture de Joe Biden, le Concours Reine Elisabeth, les Decibels Music awards (sans remise de prix, uniquement pour mettre les artistes belges en avant) ou encore le retour des grands événements sportifs (Euro 2021, JO et Tour de France entre autres).

Par ailleurs, « Questions en Prime » et « À votre avis » fusionneront fin février sous le nom de « QR » pour « questions-réponses » mais aussi en référence au code QR qui permettra au public d’entrer en contact direct avec l’émission présentée par Sacha Daout. Il y abordera toujours des sujets de société qui font débat pour faire du « journalisme constructif », précise le producteur délégué du format Sébastien Nollevaux.

« 2020 a été une année exceptionnelle car elle a touché le monde entier et affecté les relations aux plans personnel, local, national, continental et mondial. 2021, c’est une année d’espoir mais aussi d’inquiétude et de clivages » a déclaré Monsieur Philippot faisant référence au premier événement majeur de ce mois de janvier avec l’invasion du Capitole par des manifestants pro-Trump, ébranlant les bases de la « fragile démocratie ».

« Ni auto-satisfaction ni triomphalisme »

Analyse qui n’a pas échappé aux syndicats de la RTBF (CGSP, CSC-Transcom et SLFP) qui ont rappelé, par communiqué, leur « principale revendication » de reprendre les nominations des membres du personnel. « Rejeter cette première norme sociale est donc un déni des valeurs démocratiques que l’administrateur général prétend promouvoir à l’occasion de ses vœux au personnel », ont-ils souligné.

Les bons chiffres de l’année dernière « attestent un rapport renforcé et jamais atteint par le passé entre la RTBF et le public belge francophone. Il n’y a derrière ce propos ni auto-satisfaction ni triomphalisme ; il y a tout d’abord l’expression d’une très grande gratitude vis-à-vis de celles et ceux – 2.000 personnes – qui ont fait ces antennes et ce projet tout au long de l’année. Et la conscience d’une responsabilité encore plus grande au démarrage de 2021 », a conclu l’administrateur général.

 
 
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