Affaire des visas humanitaires: «Une lourde peine est appropriée», selon Théo Francken

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Belga

Theo Francken, député N-VA et ancien secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, estime qu’il est juste que Melikan Kucam soit sévèrement puni pour avoir trafiqué les visas humanitaires. « Les passeurs d’êtres humains doivent être combattus avec acharnement. Il n’y a aucun moyen de justifier cela . »

Le tribunal correctionnel d’Anvers a condamné mardi l’ancien conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA), 46 ans, à huit ans de prison, à une amende de 696.000 euros, ainsi qu’à une privation de ses droits politiques et civils pendant dix ans. L’homme était poursuivi pour trafic d’êtres humains, corruption passive et association de malfaiteurs. Neuf coaccusés, dont sa femme et son fils, ont été condamnés à quatre ans de prison et de lourdes amendes. Un montant de 522.500 euros, le produit minimal de la fraude pour la famille Kucam, a été confisqué.

Melikan Kucam, qui était toujours au conseil municipal de Malines à l’époque, avait été désigné par le cabinet de l’ancien secrétaire d’État à l’Asile et à la migration Theo Francken (N-VA) pour dresser des listes de candidats à une opération humanitaire de sauvetage des chrétiens assyriens depuis les zones de guerre en Syrie et en Irak. Kucam jouissait d’une grande confiance du cabinet, il scannait les familles et déterminait qui pouvait figurer sur les listes.

Théo Francken souligne dans une brève réaction que ni lui ni son cabinet n’ont jamais été accusés ou condamnés dans cette affaire, et que « dès le premier jour, il a coopéré de manière constructive à l’enquête judiciaire », relève Belga. L’ancien secrétaire d’Etat précise toujours qu’il soutient sa politique, « dans laquelle nous avons pu sauver de nombreux chrétiens syriens des griffes de l’Etat islamiqu » e. Selon lui, Melikan Kucam était « l’un des nombreux contacts pour le pont aérien humanitaire, désigné par la communauté religieuse assyrienne de Malines ». « Selon le verdict, il a abusé de cette fonction, et cela sur le dos des plus vulnérables. Une lourde peine est donc appropriée ».

Abus de position

Le tribunal a estimé qu’il était prouvé qu’il avait abusé de cette position privilégiée pour se faire généreusement payer par ceux qui désiraient obtenir pour une place sur ces listes. Le prévenu savait également trop bien, selon le tribunal, qu’un certain nombre de ces candidats n’avaient jamais l’intention de demander l’asile en Belgique, ce qui était contraire aux conditions d’obtention d’un visa. Pour lui, c’était une raison de facturer des montants encore plus élevés.

Melikan Kucam a nié avoir reçu de l’argent, mais a déclaré qu’il « imposait des amendes » ou « exigeait des cautions » pour s’assurer que tout le monde suivait les règles. Le tribunal a trouvé son explication complètement incroyable.

Son fils Emanuël (23 ans) et sa femme Birsen Y. (41 ans) étaient également activement impliqués dans les pratiques. Les sept autres accusés leur avaient présenté des candidats au visa. Le ministère public avait exigé l’arrestation immédiate du prévenu mais le tribunal n’a pas obtempéré.

 
 
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