Rallye : la rupture entre Neuville et Gilsoul était à craindre, mais pas maintenant !

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Le Mondial des rallyes 2021 n’a pas encore commencé – ce sera la semaine prochaine, au Monte-Carlo – que Thierry Neuville y a déjà fait retentir la première bombe en annonçant son divorce d’avec Nicolas Gilsoul ! Une bombe à retardement, en fait, tant on sait que la bonne relation entre les deux hommes était avant tout de façade. Depuis de nombreuses années déjà, on avait compris que le duo fonctionnait comme deux collègues de travail, certes assis de manière rapprochée dans le même bureau, mais sans pour autant y partager leur passion avec intensité. Pas de méprise : leur relation était bonne. Mais ne recelait pas la moindre chaleur, la moindre connivence, en dépit de la bonne image que l’un et l’autre tentaient tant bien que mal de lui donner.

Comme Ogier et Ingrassia, mais…

Ils ne sont pas les seuls : Sébastien Ogier et Julien Ingrassia, par exemple, ne sont pas différents. Ou au contraire, ils sont tellement différents l’un de l’autre que leur approche de la vie n’est tout simplement pas compatible. Le seul terrain d’entente sur lequel ils se sont trouvés est celui du rallye. Avec un qui joue le rôle de pilote et l’autre celui de copilote. Point barre. La chose peut sembler bizarre, mais pourtant elle fonctionne : 7 titres de champions du monde décrochés en commun !

Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul n’en sont pas là. Ou plutôt, Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul n’en sont toujours pas là ! Et on sait que la quête de ce (premier) titre mondial les obsède depuis des années ! Cette obsession est le terrain sur lequel doit, ou désormais devait, se développer leur relation. Avec tout ce que cela suggère comme frustration et non-dit face à ce qui est fatalement devenu une répétition d’échecs.

Mais il n’y avait pas que ça. A commencer par la perception que chacun avait du rôle joué par l’autre, et de l’importance qu’il était prêt à lui accorder, ou pas. Et au cœur du couple, bien sûr, l’argent – beaucoup d’argent – supposé être là pour récompenser les mérites de chacun, si ce n’est que seul Thierry Neuville (le pilote est payé par son team, et rémunère son copilote ensuite) était là pour en juger !

Fameux baptême pour Wydhaeghe

Dix ans pourtant que cette relation au demeurant bancale fonctionnait. Ou semblait fonctionner. Avec à la clef, 13 victoires en Mondial, cinq « titres » de vice-champions du monde, et surtout une image d’équipage pleinement reconnu au sommet du rallye mondial. Mais une fois les lumières du bureau éteintes, subsistaient ces questions existentielles qui ne manquaient pas de reprendre le dessus…

Dix fois, quinze fois, vingt fois ou peut-être plus encore, le couple aurait pu – aurait dû ! – y succomber. A l'occasion d’une sortie de route, d’une erreur de notes, d’une occasion manquée, d’une négociation houleuse, d’une divergence de vues. Et pourtant, le couple résista au point d’attaquer sa onzième saison en commun, la semaine prochaine au Monte-Carlo.

Il n’en sera rien, donc. Et alors qu’on s’interroge désormais sur ce qui a pu provoquer une telle brutalité dans cette décision, on ne peut que s’étonner du timing de celle-ci. A priori, il n’y avait pas pire moment pour la prendre ! Lundi, les reconnaissances du Monte-Carlo vont débuter, et Martijn Wydaeghe (28 ans) – qui a déjà copiloté Guillaume De Mévius, Craig Breen ou Kevin Abbring – va donc se retrouver aux côtés d’un des trois meilleurs pilotes de rallye au monde pour y découvrir un système de notes, bien prendre celles-ci, et s’accorder – en français, avec cette petite pointe de néerlandais qui est sa langue natale – sur la manière de les « chanter » à Thierry Neuville ! Et ce au départ du rallye le plus délicat de la saison en la matière ! Fameux baptême !

Des années de travail !

De tous temps, mais plus encore depuis ces dernières années, avec l’émergence des nouvelles WRC hyper-rapides notamment, les notes ont toujours été au cœur de la symbiose qui pouvait exister entre un pilote et son copilote. Pendant des années – des années ! -, Neuville et Gilsoul, comme leurs pairs, y ont apporté des modifications, des détails, qui leur permettaient d’aborder à fond les routes tortueuses du Mondial sans appréhension. Et en sécurité.

Sera-ce toujours le cas jeudi prochain, quand Thierry Neuville enfoncera le champignon au départ de la première spéciale du Monte-Carlo, sans avoir pu se régler à l’occasion du shake-down – cette spéciale d’essais qui a été annulée en marge de cette première épreuve de l’année ? On peut bien sûr en douter. Ce dont on ne doute pas en revanche, c’est que si les performances ne sont pas au rendez-vous, Thierry Neuville disposera d’un argument supplémentaire pour l’expliquer.

 
 
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