Planète

« Épi-Centre nous a permis d’être acteurs du changement »

« Épi-Centre nous a permis d’être acteurs du changement »

Être dans l’action. « C’est sans doute ce qui nous caractérise le mieux, sourit Isabelle, chargée d’appui des programmes d’Iles de Paix en Afrique de l’Ouest, ex-expat et ingénieur agronome de formation. Déjà lorsque nous habitions au Burkina Faso, nous avions développé une asbl pour aider les producteurs locaux à être plus autonomes grâce à des techniques agroécologiques et ainsi lutter contre la faim. L’Afrique nous a convaincus des ravages du changement climatique sur l’agriculture et l’alimentation. Y compris en Belgique. »

De retour au pays, à Esneux, en province de Liège, le couple de quarantenaires réfléchit à ce qu’il pourrait faire ici. « J’étais en plein questionnement professionnel, enchaîne Alain. J’ai quitté mon job pour me lancer comme consultant dans l’agroalimentaire. Dans le même temps, on a ouvert bénévolement un point de retrait pour paniers bio d’une coopérative locale. De fil en aiguille, l’idée d’ouvrir Épi-Centre, notre commerce de vrac, s’est imposée. »

Favoriser l’ultra local

Aujourd’hui, la petite épicerie est ouverte les mercredis et vendredis après-midi ainsi que le samedi toute la journée. « Nos enfants ont grandi, nous avons davantage de temps. Certains font du sport, notre hobby est notre magasin, avoue Isabelle. On y met en avant des producteurs locaux le plus possible, mais l’on se rend compte que l’ultra local est très compliqué à maintenir. Tout simplement parce qu’il n’existe pas toujours… Mais on y croit, même si l’on doit aussi se tourner vers des produits venant de toute la Belgique, voire d’Europe. »
« Nous devons réapprendre à manger ce que nous produisons près de chez nous, renchérit Alain. La Belgique importe la majorité de son alimentation alors que nos agriculteurs disparaissent les uns après les autres ! Augmenter notre autonomie alimentaire est un véritable enjeu, aussi pour réduire nos émissions de CO2. »

La démarche durable du couple va bien au-delà de leur commerce de proximité. Pour participer à un avenir plus neutre en carbone, ils ont aussi développé un potager, renoncé à l’une de leurs deux voitures, installé des ruches et se sont lancés dans la biosurveillance par l’abeille. Isabelle est aussi devenue végétarienne. « J’ai beaucoup lu sur l’impact de la production de viande sur le climat, justifie-t-elle. Diminuer notre consommation fait partie de ces petits gestes qui peuvent faire la différence. Mais loin de moi l’idée de culpabiliser les amateurs de chair ou de diffuser un discours moralisateur. Culpabiliser démotive. Or mieux vaut 1000 personnes qui font chacune un petit geste pour la planète qu’une personne qui tombe dans l’excès et voudrait être “ parfaite ”. »

Comme Isabelle et Alain, vous souhaitez contribuer, à votre échelle, à un avenir plus neutre carbone ? Faites vos premiers pas ici…