Propos racistes de deux policières: la police de Bruxelles-Midi envisage de se constituer partie civile

Propos racistes de deux policières: la police de Bruxelles-Midi envisage de se constituer partie civile
Pierre-Yves THIENPONT.

A l’issue d’une réunion avec le chef de corps de Bruxelles-Midi (Anderlecht, Saint-Gilles et Forest) Jurgen De Landsheer, le bourgmestre d’Anderlecht Fabrice Cumps a annoncé jeudi en fin d’après-midi qu’il sera proposé au Collège de police, lors de sa prochaine réunion, de se constituer partie civile pour dégradation de l’image de la zone dans le dossier des propos racistes tenus en 2018 par deux policières.

« On avait déjà abordé en Collège de police la partie administrative du dossier quand on a eu connaissance de la décision du Conseil d’Etat la semaine dernière d’annuler les sanctions prises il y a deux ans », commente Fabrice Cumps. « Aujourd’hui, la publication de cette vidéo suscite de l’émotion et il fallait que je rencontre le chef de corps pour voir comment réagir à cette émotion. De plus, je ne le cache pas, que la vidéo finisse maintenant par circuler sur les réseaux sociaux sans forcément la mise en contexte, rappelant que les événements ont eu lieu il y a deux ans et ont été sanctionnés, il y a quand même une crainte de voir de l’énervement dans les rues. »

Le bourgmestre a exprimé son « dégoût » par rapport aux propos racistes et homophobes tenus. « Ils mettent en plus en péril tout le travail difficile actuel pour essayer de retisser du lien entre les policiers et les citoyens. Cela vient jeter du discrédit sur ceux qui travaillent de bonne foi sur le terrain au quotidien. »

Les deux policières se filmaient alors qu’elles étaient en patrouille en octobre 2018 dans les rues d’Anderlecht avec de la musique à haut volume dans la voiture. La passagère a notamment proféré « macaques », « tapettes » et « ça pue ici », tandis que la conductrice rigolait.

La police de Bruxelles-Midi a condamné par communiqué ces « propos extrêmement choquants » et cette « attitude indigne et en total désaccord avec le métier de policier ».

Elle rappelle que le Collège de police avait, à l’époque des faits, imposé aux deux policières une suspension immédiate et une sanction lourde composée d’une procédure disciplinaire et d’un procès-verbal judiciaire.

Le volet judiciaire a été classé sans suite en 2019. A la suite d’un recours d’une des policières, la passagère selon une précision de Sudinfo, le Conseil d’État a de plus annulé le 11 décembre dernier la sanction prise par le Collège de police. Selon la Dernière Heure qui a révélé l’affaire, il s’agissait d’une retenue de 25 % de salaire et ce au motif que la notification de la sanction avait été faite 3 jours au-delà des 15 jours légaux.

La conductrice ne fait plus partie de la zone de police de Bruxelles-Midi, à la suite d’une demande de mobilité. La passagère n’est actuellement plus en contact avec le public.

 
 
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