C’est officiel: le Polonais Milik débarque en prêt à Marseille pour 18 mois

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Enfin un grand N.9 à Marseille ? En annonçant jeudi l’arrivée du talentueux buteur polonais de Naples Arkadiusz Milik, l’OM a réussi un très joli coup, même si l’état de forme du joueur est incertain et qu’il ne pourra pas à lui seul relancer une équipe à la dérive.

Depuis le rachat du club par Frank McCourt à l’automne 2016, l’OM cherche un avant-centre de haut niveau, capable de tirer l’équipe vers les sommets et d’enflammer son public.

Cette quête, vaine jusqu’ici, a pris au fil des mercatos un tour presque tragi-comique, résumé par un néologisme désormais fameux : Marseille cherche un « grantatakan », mais ne le trouve pas.

Milik, qui est âgé de 26 ans, sera-t-il celui que Mitroglou, Germain, Balotelli ou Benedetto n’ont pas su être ? Avec près de 50 buts et une dizaine de passes décisives en quatre saisons sous le maillot de Naples, le Polonais a en tout cas le profil.

Avant-centre complet, au beau pied gauche et au jeu de tête au-dessus de la moyenne, « Arek » est a priori une indiscutable plus-value dans l’effectif de l’OM, où les attaquants de pointe, Benedetto, Germain ou Aké, sont à la peine.

Pourtant, quelques doutes entourent tout de même ce transfert, conclu selon plusieurs médias sur la base d’un prêt de 18 mois avec une option d’achat estimée à huit millions d’euros, plus quatre millions d’éventuels bonus.

La principale interrogation porte sur l’état physique du joueur. En conflit avec Naples, Milik n’a pas joué en club de toute la saison. Depuis le mois d’août, il n’a participé qu’à sept matches avec la sélection polonaise, pour un total de 337 minutes et un but.

Dans quel état de forme est-il ? Le Polonais manque forcément de rythme, mais l’OM, qui reste sur deux défaites humiliantes au Vélodrome contre Nîmes (2-1) et Lens (1-0), manque de temps.

Milik est en tout cas qualifié pour jouer à Monaco samedi, pour la 21e journée de L1.

Les supporters marseillais garderont également un œil anxieux sur les genoux de l’ancien joueur de l’Ajax Amsterdam. Celui de gauche a lâché en octobre 2016, alors qu’il venait de réussir des débuts tonitruants avec Naples, et celui de droite a cédé un an plus tard, en septembre 2017.

Ces deux graves blessures sont un vrai motif d’inquiétude mais elles n’ont pas stoppé le Polonais, revenu à un excellent niveau lors des saisons 2018-19 et 2019-20, avec respectivement 20 et 15 buts toutes compétitions confondues avec Naples.

Alors que Benedetto est en pleine crise de confiance et que l’OM marque très peu (26 buts en 19 matches de L1), la venue de Milik semble donc être un gros coup réussi par le nouveau directeur sportif Pablo Longoria.

A l’heure où Marseille gronde, contre le club, son président, ses joueurs et son coach, le dirigeant espagnol réussit ce qui ressemble à un sans-faute depuis le début du mercato.

En 15 jours, il est parvenu à faire venir un latéral droit (Lirola) pour combler une lacune évidente, à économiser une partie de l’énorme salaire de Strootman, parti en prêt au Genoa, et à conduire au Vélodrome l’attaquant espéré.

Or, sur le papier, Milik évolue dans des sphères auxquelles l’OM n’a pas accès. La liste des prétendants récents -Juventus, Roma ou Atlético Madrid -en atteste.

Mais alors que certains clubs ont pu être tentés d’attendre juin et sa fin de contrat, le Polonais avait besoin de jouer pour aller à l’Euro. En proposant à Naples quelques millions d’euros que le club italien n’aurait pas pu revendiquer en juin, Longoria et l’OM ont donc habilement profité d’une fenêtre de tir étroite.

Le pari était tentant. Avec un effort financier raisonnable, l’OM a attiré un attaquant de niveau européen, encore jeune et donc susceptible à la fois d’avoir un gros impact sportif et de générer à terme une potentielle plus-value économique.

Mais il y a des risques. Les finances marseillaises sont fragiles et le gros salaire du Polonais (estimé à 400.000 euros bruts) va peser.

Ensuite, les derniers matches ont montré que l’OM actuel était en crise dans toutes les lignes et manquait de tout, qualité, idées, caractère… Milik ne pourra pas tout changer. Mais s’il est bien le « grantatakan », il aura sans doute résolu le plus gros problème de l’OM.

 
 
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