Marie-Hélène Ska (CSC): «Avec ce gouvernement fédéral-ci, il n’y a plus de mépris, on peut discuter»

Marie-Hélène Ska (CSC): «Avec ce gouvernement fédéral-ci, il n’y a plus de mépris, on peut discuter»

Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale de la CSC, était l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 23 janvier sur La Première. L’emploi et l’économie tournent au ralenti, mais dans une société en plein changement, les syndicats restent attentifs et gardent une vision claire des priorités et des combats qu’il reste à mener, aujourd’hui et demain.

Alors que pandémie de Covid-19 monopolise presque tout l’espace médiatique et secoue violemment l’économie, les syndicats restent sur le pont. Le dialogue social doit avancer avec un gouvernement qui a pris ses fonctions en pleine crise sanitaire, mais qui est décrit par certains comme un « gouvernement du cœur ». Marie-Hélène Ska confirme : «  Nous entendons une très nette différence de tonalité. Le mépris dont nous avons beaucoup parlé entre 2014 et 2019 n’est plus là aujourd’hui. C’est énorme comme différence. Nous avons maintenant l’impression d’avoir en face de nous des interlocuteurs avec lesquels on peut discuter. Nous verrons maintenant dans les actes si cela aura un impact aussi sur le fond. »

Revoir le périmètre de négociations

Dans l’accord interprofessionnel, qui est un peu la grand’messe de la concertation sociale, on discute notamment de la marge d’augmentation des salaires. 0,4% hors index, sur deux ans. La CSC de Marie-Hélène Ska prend position : selon elle, les négociations sur l'augmentation des salaires avec le patronat sont dans l'impasse. Les syndicats demandent de revoir la loi de 1996 revue en 2017 qui encadre la négociation salariale : ils estiment que la part des bénéfices qui est considérée dans le calcul des salaires est trop faible par rapport à la distribution du reste des gains. «  Les salaires sont quasi la seule donnée socio-économique qui soit mise dans un tel carcan qui ne peut pas évoluer. Nous savions que, mécaniquement, tôt ou tard, ce carcan finirait par devenir impossible. On constate aujourd’hui que cette loi devient inapplicable parce qu’elle suppose de comparer l’évolution des salaires en 2019, en 2020 et pour les années à venir. Or dans la crise Covid que nous connaissons aujourd’hui, les données de 2020 sont très peu disponibles et ne sont pas significatives puisque plusieurs secteurs sont à l’arrêt. En ce qui concerne les prévisions pour 2021-2022, le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très hasardeux. Et dans cette situation exceptionnelle, il faut tenir compte des paramètres et réfléchir à autre chose. Il faut appliquer de nouvelles règles à un terrain de jeux qui a fondamentalement changé. »

Gérer le malaise social

Les conséquences de la pandémie de Covid-19 s’annoncent lourdes et difficiles au niveau social. Doit-on dès lors s’attendre à des actions syndicales combatives face au gouvernement ? «  D’abord nous devons trouver une solution pour les travailleurs impactés, pour garantir leurs droits. Le deuxième axe, c’est d’éviter d’avoir des générations sacrifiées comme ça a pu être le cas en 2008. On a tendance à s’occuper des jeunes qui sont là sans s’inquiéter de ceux qui viennent après, ça ne doit plus arriver. Et puis enfin, il faut redéfinir les règles du jeu économique, notamment avec les grosses entreprises. »

 
 
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