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Affaire Nethys: François Fornieri et Pierre Meyers vont sortir de prison

La chambre du conseil a ordonné la libération des deux hommes d’affaires liégeois, sous conditions. Le parquet n’ira pas en appel. Leur détention préventive prend fin, ils peuvent donc quitter la prison de Marche. Mais ils restent inculpés.

Temps de lecture: 4 min

Inculpés le 21 janvier d’abus de biens sociaux et de détournement par une personne exerçant une fonction publique, placés dans la foulée sous mandat d’arrêt, François Fornieri et Pierre Meyers ont été entendus par la chambre du conseil de Liège, ce mardi matin. Celle-ci s’est prononcée en faveur de leur libération sous conditions, assurent au Soir leurs avocats respectifs. Une information confirmée par le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer, qui ne fera pas appel. « La chambre du conseil de Liège a confirmé les indices de culpabilité à l’égard de Messieurs Fornieri et Meyers et les a remis en liberté sous conditions consistant, notamment, à ne pas rentrer en contact avec différentes personnes », commente le procureur général. « Cette décision garantit le bon déroulement de l’instruction. Pour cette raison, le parquet a décidé de ne pas interjeter appel », ajoute M. De Valkeneer, qui précise avoir également pris en compte « l’âge de Monsieur Meyers ». Ceci implique que les deux hommes vont pouvoir quitter la prison de Marche-en-Famenne, où ils sont enfermés depuis jeudi soir. Ils restent toutefois inculpés.

18,6 millions d’indemnités

Avec Jacques Tison, qui a aussi été auditionné de mercredi à jeudi passés mais a été laissé en liberté sous conditions, François Fornieri (patron de l’entreprise pharmaceutique Mithra) et Pierre Meyers (ex-codirigeant de CMI) constituaient jusqu’en octobre 2019 le comité de nomination et de rémunération de Nethys. Une fonction qui leur permettait de fixer unilatéralement, sans validation du conseil d’administration, les émoluments du management de l’entreprise. Et ils ne s’en sont pas privés : refusant que Stéphane Moreau, Pol Heyse, Bénédicte Bayer et Diego Aquilina (ex-CEO de l’assureur Integrale, filiale de Nethys) pâtissent de l’entrée en vigueur d’un décret gouvernance dont une des premières ambitions était de limiter les rémunérations dans le secteur public, ils ont, en quelques mois, accordé au quatuor des indemnités, primes et bonus pour un total de 18,65 millions d’euros. Dont 11,63 millions pour le seul Stéphane Moreau.

Bien que saluant – au micro de l’agence Belga dès la sortie de la chambre du conseil et avant donc que la décision de celle-ci soit connue –, le rapport « particulièrement long et objectif » du juge d’instruction, le conseil de M. Fornieri, Philippe Culot, a estimé qu’il n’y avait pas d’indice d’infraction, tant dans le chef de François Fornieri que de Pierre Meyers. « Et quand bien même il y aurait des indices d’infraction, il n’y avait pas d’absolue nécessité de maintenir ces deux personnes en détention préventive. » Deux des inculpés, Jacques Tison et Bénédicte Bayer, a rappelé Me Culot en début d’après-midi, ont d’ailleurs été laissés en liberté par le juge moyennant le respect de conditions, comme l’interdiction de parler du dossier avec des tiers. « Ce à quoi M. Fornieri s’est engagé », assure son avocat.

Me Culot estime enfin qu’aucune des pièces du dossier ne met son client en difficulté. D’autant que ni M. Fornieri ni M. Meyers « n’ont jamais été les bénéficiaires des indemnités qui ont été accordées », leur rôle se serait limité à « participer à l’élaboration de conventions qui étaient présentées par des professionnels ».

Diego Aquilina auditionné

Mercredi, ce sera au tour des ex-dirigeants de Nethys Stéphane Moreau et Pol Heyse, placés sous mandat d’arrêt depuis samedi soir, de comparaître devant la chambre du conseil pour réclamer leur libération.

Enfin, dans le cadre de ce même volet de l’affaire Nethys consacré aux rémunérations, les enquêteurs ont interpellé ce mardi matin Diego Aquilina, l’un des architectes du système des indemnités contestées. Il en a également bénéficié, percevant 3,5 millions en compensation de l’entrée en vigueur du décret wallon plafonnant son salaire. A l’heure d’écrire ces lignes (18h30), il était toujours auditionné par l’Office central pour la répression de la corruption.

Article mis à jour à 18h30 suite à la décision du parquet de ne pas interjeter appel

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22 Commentaires

  • Posté par swinge olivier, mercredi 27 janvier 2021, 12:06

    mauvais signal. le Soir n'y peut rien, c'est une affaire de (très) gros sous. Dur à encaisser pour les journalistes enquêteurs du journal... Le PS liégeois est vraiment un très gros poisson.. Heureusement de nombreux électeurs liégeois restent fidèles à "Stef" et à "papa" !

  • Posté par Dechamps Pascal , mercredi 27 janvier 2021, 0:16

    Ooh, Le Soir semble regretter cette décision.... Comme quoi rien n'est jamais tout blanc ni tout noir. Mais nous vivons dans un monde d'hystérie.

  • Posté par Lambotte Serge, mardi 26 janvier 2021, 20:59

    Quoi?ils ont déjà payé. C'est une justice expéditive.

  • Posté par O Marc, mardi 26 janvier 2021, 20:44

    Tactique des avocats : Fornieri pas coupable car il a pris la décision mais n'est pas le bénéficiaire. Moreau pas coupable car il a encaissé les primes mais n'est pas le décideur. Les avocats insistent sur la séparation des affaires (notamment vente des sociétés à prix d'ami) pour éviter que la collusion ente les parties soit mise en évidence. Et pourtant l'infraction est tellement évidente que même les politiciens proches des inculpés se disent écoeurés : détournement d'argent public même si emballé dans une apparence légale. Patience, la prescription est à l'horizon.

  • Posté par Delronge Marc, mardi 26 janvier 2021, 19:58

    Un petit voyou resterait en prison. Suivant que vous soyez.....

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