Nouveau nom pour le tunnel Léopold 2: Annie Cordy «coup de coeur» des citoyens et du gouvernement Vervoort

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Féminiser l’espace public bruxellois, c’était l’une des bonnes résolutions 2020 d’Elke Van den Brandt (Groen) et Nawal Ben Hamou (PS) – pour l’heure, 6,1 % seulement des rues de la capitale portent le nom d’une femme. Les deux membres du gouvernement bruxellois lançaient alors un premier dossier emblématique : le tunnel Léopold 2, dont la nouvelle appellation serait bien sûr féminine mais aussi décolonialisée. Mode citoyenne oblige, il fut décidé de consulter les Bruxellois(es). Lesquel(le)s pouvaient suggérer des personnalités, pourvu que ces dames répondent à deux critères : être décédée et avoir eu un impact sur la société.

Verdict ? Au total, 13.000 réponses. Très largement en tête, Annie Cordy devance deux reines, Astrid et Elizabeth. Parallèlement à cette cette consultation citoyenne ouverte, un comité d’experts (deux associations féministes, deux associations actives autour de la décolonisation et deux chercheurs) a été mandaté pour établir sa propre liste. « Nous avons voulu valoriser des femmes dont le parcours avait un rapport avec la Belgique, avec les valeurs que porte notre pays », explique Romain Landmeters, chercheur à l’Université Saint-Louis, spécialiste de l’histoire coloniale et des migrations. En cours de route, les experts se sont vu imposer une contrainte supplémentaire : puiser des noms dans le Top 30 citoyen. Au final, ils ont établi une short list, sur laquelle on ne trouve trace ni d’Annie Cordy, ni des deux souveraines. Un choix assumé, l’accent ayant été mis sur des femmes au parcours méconnu ou plus en phase avec la démarche initiée par les deux cabinets.

Cette liste atterrit sur la table du gouvernement bruxellois, via une note signée par les cabinets Van den Brandt et Ben Hamou. La justification est résumée à gros traits : la chanteuse « n’est pas connue dans les deux communautés linguistiques », et « la famille royale a déjà beaucoup de place dans l’espace public ». Des arguments qui ne sont pas ceux des experts, un peu marris de voir leurs recherches balayées par la polémique. Laquelle enfle au sein du gouvernement, où d’aucuns s’étonnent que le vote citoyen soit ignoré. Un brin embêtés, les cabinets Van den Brandt et Ben Hamou notent d’ailleurs que « le fait de ne pas retenir le nom d’Annie Cordy pourrait potentiellement conduire à l’incompréhension ou au mécontentement, tant dans la presse que dans l’opinion publique, il est important d’anticiper cet aspect ».

Finalement, pour ménager le travail des experts et la légitimité des citoyen(ne)s, comme dans nombre de concours, une nouvelle catégorie a été créée : le coup de coeur du gouvernement. Attribué à... Annie Cordy. Concrètement, son nom, ainsi que ceux d’Andrée De Jongh, Chantal Ackerman, Isala Van Diest, Marguerite Yourcenar, Marie Curie, Rosa Parks, Semira Adamou et Simone Veil, Sophie Kanza et Wangari Maathai seront soumis au vote des Bruxelloi(es) dès lundi, pour un mois.

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