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« 24h/24, mes équipes soutiennent la transition énergétique »

« 24h/24, mes équipes soutiennent la transition énergétique »

La Belgique est au cœur d’un réseau électrique interconnecté. Si elle produit localement son électricité, elle peut aussi en importer ou en exporter avec ses voisins : la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ce que l’on appelle le marché CWE ou « Central Western Europe ».

« Mon rôle est d’optimiser, sur le court-terme, le portefeuille de production et de consommation d’ENGIE sur ce marché, précise l’ingénieure civile de 45 ans. Bref, de vendre et d’acheter de l’électricité en fonction des besoins de nos clients mais aussi de notre capacité de production. C’est un exercice de prévisions et d’équilibre auquel s’adonnent mes équipes 24h sur 24. »

Favoriser la flexibilité

À J-1, les traders d’ENGIE reçoivent la position du portefeuille de production et de consommation de ce dernier en Belgique. En fonction de ce qu’ils imaginent pouvoir être le prix de l’électricité le lendemain, sur base d’une foule d’informations variées (dont la météo, importante puisque le renouvelable a une part de plus en plus grande dans le parc de production européen), ils échafaudent des projections d’achat et de vente.

« Sauf que le Jour J, nous devons toujours faire face à des imprévus, rit Mireille. Une centrale qui produit moins qu’annoncé suite à une avarie technique, le soleil qui ne se montre pas et induit une surconsommation des ménages, la production éolienne qui augmente subitement à cause d’un surcroît de vent… » Car l’électricité ne se stocke pas et le réseau, quelles que soient les conditions, doit être en permanence à l’équilibre. C’est donc quand vient le Jour J, le temps réel d’achat et de vente, que l’on observe le plus l’impact de la transition énergétique.

« Être en permanence à l’affût de l’équilibre du réseau nous pousse à acheter ou vendre l’électricité quart d’heure par quart d’heure, explique la spécialiste. Mais surtout à travailler au développement de nouvelles technologies de production plus flexibles afin d’absorber le phénomène d’intermittence. Ainsi, nous sommes capables aujourd’hui de mieux piloter et d’agir sur la production de nos éoliennes. Nous pouvons également compter sur des batteries qui nous aident à maintenir la fréquence du réseau européen. C’est une flexibilité supplémentaire. Sans parler des systèmes informatiques qui ont connu de fortes évolutions pour nous aider à digérer la quantité d’informations à analyser pour optimiser l’intermittence en temps réel. »

Pas de doute, la transition énergétique impose de faire des choix. Pour atteindre les objectifs CO2 mais aussi pour garantir à tout moment la sécurité d’approvisionnement.

Gestion des déchets et maison passive

Si tout cela peut paraître complexe, pas besoin de devenir un(e) spécialiste du trading énergétique pour faire ses premiers pas vers un monde plus neutre en carbone. Mireille confirme : « À la maison, j’attache beaucoup d’importance à la gestion des déchets qui sont une grande source d’émissions de CO2. Aujourd’hui, l’offre est telle qu’il est aussi devenu beaucoup plus facile d’éviter à la fois les emballages et les plastiques et de manger local. Avec mon mari, nous avons également réalisé pas mal de travaux de rénovation pour transformer notre logement en maison beaucoup moins dévoreuse d’énergie. Mais j’avoue que comme il travaille dans le bâtiment, je n’ai pas eu beaucoup de mal à le convaincre (rire). »

Il reste malgré tout une chose sur laquelle Mireille avoue devoir encore faire quelques progrès : la mobilité. « Avec 3 enfants, les horaires différents des uns et des autres et un réseau de transport pas toujours interconnecté, je me laisse encore souvent tenter par la solution de facilité qu’est la voiture. Je serais assez séduite à l’avenir pas des options plus collaboratives comme le partage d’une voiture entre voisins – et de plein d’autres objets, d’ailleurs. » En attendant, son prochain véhicule sera, c’est certain, 100% électrique.