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Johnson&Johnson annonce un taux d’efficacité de son vaccin à dose unique de 66%

L’entreprise pharmaceutique américaine, maison mère du laboratoire belge Janssen, a annoncé une efficacité globale de 66 % de son vaccin 28 jours après l’injection unique. Un taux qui chute à 57 % en Afrique du Sud, où un variant du coronavirus davantage transmissible se propage.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

La firme pharmaceutique américaine Johnson&Johnson vient de rendre publics les résultats de son essai clinique de phase 3, mené sur quelque 43.800 volontaires de plus de 18 ans (dont un tiers avait plus de 65 ans). Dans l’ensemble, le vaccin à dose unique s’est avéré efficace à 66 % pour prévenir une forme modérée à sévère du covid, 28 jours après l’injection.

Cette efficacité diffère selon les zones géographiques où le vaccin a été testé : le taux monte à 72 % chez les participants aux États-Unis, mais chute à 66 % chez ceux d’Amérique latine et à seulement 57 % chez ceux d’Afrique du Sud. Fait important, cependant, dans une sous-étude de 6.000 volontaires en Afrique du Sud, le vaccin J&J reste efficace à 89 % pour prévenir les maladies graves. Nonante-cinq pour cent des cas dans la partie sud-africaine de l’essai étaient des infections dues au variant sud-africain. Autre bonne nouvelle : selon la firme, le vaccin affiche un score de 85 % pour prévenir les formes graves de la maladie et offre une protection complète contre les hospitalisations et les décès.

Bien que nettement inférieurs aux niveaux des deux premiers vaccins Covid-19 autorisés (Moderna et Pfizer-BioNtech), ces taux restent au-delà du seuil de 50 % d’efficacité initialement fixé par les autorités régulatrices. Il faut aussi noter que les essais de ces deux vaccins en circulation ont été menés avant la large diffusion de nouveaux variants.

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Une protection à 100 % contre le risque de décès

Contrairement aux vaccins de Moderna et de Pfizer basés sur l’ARNmessager, celui de J & J non seulement ne nécessite pas de deuxième injection des semaines après la première, mais ne doit pas être congelé, ce qui en fait un candidat idéal pour une utilisation dans les régions du monde où les infrastructures de transport sont faibles et les installations de stockage frigorifiques insuffisantes. Comme celui d’AstraZeneca, le vaccin utilise la technique du vecteur viral, soit un virus de rhume connu (adénovirus), pour introduire des protéines de coronavirus dans les cellules du corps et déclencher une réponse immunitaire.

Une autre donnée réjouissante tient dans la haute efficacité (85 %) du vaccin à protéger contre les formes graves du covid, 28 jours après l’injection, et ce dans toutes les régions étudiées. Une efficacité qui augmente avec le temps puisque selon le communiqué de la firme, aucun cas grave n’a été signalé après 49 jours. Plus encourageant encore : le vaccin protégerait à 100 % du risque de mourir du covid, puisque dans l’essai clinique, tous les cas sévères nécessitant une hospitalisation et de décès étaient dans le groupe qui n’avait pas reçu l’injection (ou groupe placebo).

La société pharmaceutique prévoit de demander aux Etats-Unis une autorisation d’utilisation d’urgence de la Food and Drug Administration (FDA) dès la semaine prochaine. Côté européen, on dit s’attendre à ce que Johnson & Johnson dépose sa demande de mise sur le marché conditionnelle très prochainement. Le vaccin de J&J est actuellement soumis à un «examen continu», qui permet à l’Agence européenne des médicaments d’examiner les données de sécurité et d’efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution.

La Commission a conclu un contrat d’achat anticipé avec J&J pour 200 millions de doses de son vaccin, avec 200 millions de plus en option. La Belgique a quant à elle acheté 5,16 millions de doses de ce vaccin à dose unique.

L’annonce intervient au lendemain de celle de la firme américaine Novavax qui a fait état d’une efficacité de 90 % de son vaccin à deux doses sur 15.000 volontaires en Grande-Bretagne. Un score qui chute ici aussi (à moins de 50 %) dans un plus petit essai clinique mené en Afrique du Sud, où le variant semble pouvoir échapper aux anticorps.

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6 Commentaires

  • Posté par Martin Roland, vendredi 29 janvier 2021, 16:21

    Je serais bien curieux de connaitre les chiffres pour ce vaccin appliqué en 2 doses à 3 semaines d'intervalle. Néanmoins cela reste une excellente nouvelle, pour autant que l'Europe puisse être approvisionnée à temps et à heure, histoire de compenser les retards et défection(s) des autres.

  • Posté par elias jacques, vendredi 29 janvier 2021, 16:19

    Etre vacciné avec un vaccin à 60% d'efficacité n'intéresse personne quand d'autres donnent 95% un peu de réalisme !

  • Posté par d dsti, vendredi 29 janvier 2021, 17:31

    Il semble que dans les 40% des cas où le patient vacciné attrape quand même le covid, il l'aura beaucoup moins fort et en tout cas il ne devrait pas être hospitalisé. C'est une immunisation semblable à celle des vaccins contre la grippe.

  • Posté par Joute Dodo, vendredi 29 janvier 2021, 16:39

    Faut lire avant d'envoyer un commentaire ! Les résultats de ce vaccin varient en fonction des souches (comme pour les autres, d'ailleurs) et ce vaccin-ci est particulièrement efficace contre la souche sud africaine contre laquelle les autres vaccins ne sont peut-être pas si efficaces. Et puis, vaut mieux une protection rapide (1 injection) facile (pas de congélation à -70°) qu'attendre le bon-vouloir d'Astra Zenica ou de Pfizer!

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