Greg Van Avermaet au départ de l’Étoile de Bessèges: «J’ai faim de compétition»

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Le destin est parfois cruel. Celui de Roland Fangille, l’indétrônable organisateur de l’Etoile de Bessèges, une course qu’il avait créée en 1971 parce que les étapes rassemblées formaient une étoile autour de la petite ville du Gard, appartiendra pour toujours à l’histoire du Covid. Ce Lorrain qui s’était installé en Provence voici 50 ans est décédé des suites de la pandémie en novembre dernier à l’âge de 80 ans. En rejoignant d’autres étoiles, sans doute ignorait-il que ce fichu virus ferait de sa course un événement planétaire retransmis à partir de demain sur tous les continents ?

Car cette épreuve de catégorie 2.1 (la plus petite pour les courses professionnelles) n’attirait jusque-là que l’intérêt distrait de paisibles retraités goûtant aux premiers rayons de soleil entre Gard et Ardèche du Sud. Certainement pas la télévision dont les chaînes traditionnelles ont acheté les droits (RTBF et Sporza chez nous) pour nous faire vivre cinq jours d’une course animée par un plateau exceptionnel que Roland Fangille n’aurait jamais imaginé.

Van Avermaet pour la première fois depuis 2009

Greg Van Avermaet, par exemple, n’est venu qu’une seule fois à Bessèges, c’était en 2009, comme il le rappelait mardi via une visio-conférence organisée par sa formation AG2R-Citroën. « Je m’étais habitué au programme espagnol, avec Valence et Ruta del Sol, puis aux expéditions plus exotiques au Qatar et à Oman. Je n’ai donc qu’un souvenir très vague de cette épreuve mais je connais la région, il s’agit souvent des mêmes étapes et je sais que les parcours seront de premier choix, je n’ai aucune crainte là-dessus. Ces étapes se rapprochent de surcroît davantage d’une semi-classique, telle qu’on l’entend, ce qui n’est pas négligeable par rapport à mon programme et mes ambitions. À Bessèges, il faut courir devant, comme dans une course d’un jour parce qu’il peut aussi y avoir du vent, même si à l’heure où je vous parle, la météo est délicieuse, il fait 17 degrés ! »

En effet prévu au Tour de Valence avec toute sa « bande », entre autres composée de compatriotes, les frères Oliver et Lawrence Naesen, le Waeslandien a été rapatrié de son stage en Espagne pour être inscrit à Bessèges avec le « groupe des classiques ». C’est d’ailleurs ce qui fera le charme de cette épreuve d’ordinaire dite de préparation : d’autres pointures insolites ont obtenu un dossard, faute d’un autre programme.

Bernal, Thomas, Pedersen…

Ainsi, chez Ineos, on retrouvera une équipe typée Tour de France, avec Bernal, Thomas, Ganna et Kwiatkowski ! « Je suis ravi du niveau de la concurrence, c’est toujours intéressant pour avoir une bonne évaluation de sa préparation », poursuit Van Avermaet. « Au Qatar et à Oman, c’était la même chose à l’époque, il y avait un plateau relevé et donc de la course de haut niveau. Ici, on ne peut plus parler de préparation car la course sera nerveuse et animée, sur des étapes assez courtes (NDLR : 150 kilomètres par jour en moyenne avant le chrono final de 10 bornes à Alès). Je suis impatient de savoir où j’en suis, malgré mon expérience car, à l’entraînement, on ne peut pas savoir. »

« GVA » pourra ainsi se frotter, entre autres, à des rivaux susceptibles de le concurrencer sur les futures classiques de pavés, à commencer par Gilbert, Degenkolb, Pedersen et autre Bettiol.

À propos d’entraînement, le champion olympique en titre a changé de coach après avoir quitté Max Testa (BMC puis CCC) avec qui il a travaillé dix ans. Le Français Jean-Baptiste Cliquet, directeur de la performance chez AG2R, dirige ainsi le Waeslandien depuis plusieurs mois. « C’est très intéressant, une nouvelle personne, de nouveaux exercices, surtout pour un « ancien » comme moi », atteste « GVA ». « Maintenant, en course, ce sera à moi de gérer. Je vais aborder cette épreuve au jour le jour, avec beaucoup de concentration. J’ai faim de compétition. L’année dernière, ces longs mois sans course ont été préjudiciables par rapport au niveau que je voulais avoir. Je suis ravi que mon équipe me donne la chance de rouler à Bessèges, car je sais que 25 autres coureurs trépignent d’impatience, dans notre groupe, pour mettre un dossard. »

Van Avermaet participera aussi à sa première course en compagnie de son ami Oliver Naesen. « C’est bizarre de nous voir avec le même maillot, je ne m’habitue pas encore », souriait-il. « C’est sûr que ma complicité avec lui a facilité mon intégration, il reste à la matérialiser en course. »

 
 
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