Premier pas vers une connexion électrique sous-marine entre la Belgique et le Danemark (2)

Le projet n'en est qu'à ses prémices mais ses avantages, pour la Belgique, sont nombreux. Outre un accès à des sources d'énergie renouvelables supplémentaires -le Danemark est un champion de l'éolien en mer-, cette connexion "renforcera la sécurité d'approvisionnement de notre pays et nous rapprochera de nos objectifs climatiques nationaux en matière d'énergies renouvelables ainsi que des objectifs du Pacte vert européen", souligne Tinne Van der Straeten.

Le mémorandum signé ce jeudi ouvre la voie à la mise en place d'un groupe de travail conjoint avec les partenaires danois afin de réaliser une étude de faisabilité. Celle-ci comprendra une analyse des aspects techniques et économiques de l'interconnexion.

A ce stade, le projet prévoit la réalisation d'un câble sous-marin d'une capacité d'1,4 GW entre la Belgique et le Danemark, via un parc éolien maritime sur lequel le Danemark prévoit de développer 3 GW d'éolien d'ici 2030. L'idée est donc d'aboutir pour 2030. "Un timing ambitieux, serré mais réalisable", estime la ministre belge.

D'autant qu'il reste beaucoup d'étapes à franchir et que le futur câble de plus de 600 kilomètres, s'il est construit, traversera également les eaux territoriales néerlandaises et allemandes. Mais la collaboration entre les pays européens situés autour de la mer du Nord est bonne en matière de développement de l'éolien offshore, notamment au sein de la "North Sea Energy Cooperation", assure Tinne Van der Straeten. Neuf pays (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, France, Irlande, Norvège, Suède et Luxembourg) y sont ainsi associés, en sus de la Commission européenne.

Quid du coût d'une telle infrastructure? Le câble sous-marin réalisé entre la Belgique et la Grande-Bretagne, Nemo Link, a nécessité un investissement de 600 millions d'euros, supporté à parts égales entre la Belgique et la Grande-Bretagne. "Il s'agit d'estimations à la grosse louche mais en fonction de la complexité, le câble sous-marin coûte entre un et deux millions d'euros par kilomètre. Le coût total pourrait donc être compris entre 900 millions et 1,2 milliard d'euros", estime le CEO du gestionnaire du réseau haute tension Elia, Chris Peeters. Un montant à répartir, le cas échéant, entre Belges et Danois.

Mais une interconnexion avec le Danemark apportera davantage d'équilibre aux différents réseaux et permettra de lisser les pics de prix ce qui, in fine, devrait avoir un effet positif au niveau des prix de l'électricité, au bénéfice des entreprises mais aussi des consommateurs particuliers, espère-t-on.

Le projet d'interconnexion avec le Danemark s'inscrit dans le cadre du "Green Deal" ou Pacte vert européen, qui vise à faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre en 2050. Il doit également être mis en lien avec un autre projet, récemment repris dans le plan de relance fédéral, d'aménagement d'une île énergétique en mer du Nord. Si la Belgique prévoit d'installer à terme 2,1 GW d'éoliennes en mer supplémentaires, dans une seconde zone baptisée "princesse Elisabeth", il est déjà acquis que cela ne sera pas suffisant pour répondre à tous les besoins énergétiques du pays, d'où l'importance d'un accès à la production éolienne danoise.

 
 
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